Dimanche 15 janvier 2012
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Du premier jour de l’année jusqu’au soir du vendredi 13 janvier, je me posais cette angoissante question : mais où donc est resté le triple A ?
Epouvantail à gouvernements de l’année 2011, il a fait la fortune des organisateurs de sommets internationaux et des médias, l’infortune de quelques chefs de
gouvernement, puis pof, le passage à 2012 l’a fait disparaitre tel notre monde en décembre prochain selon les mayas.
Ce fameux triple A dont on ne peut se passer (alors qu’on ignorait même en avoir un !), dont la fragilité a fait trembler les élites et dont la disparition de plus
en plus probable signifiait le début de la misère et le déferlement de bien des malheurs, qu’était-il donc devenu ?
Non pas que son soudain manque dans les média me pesa, son envahissante présence m’ayant précédemment suffisamment incommodé, mais quand même, ce loup après lequel
on a tant crié aurait-il croqué ses invocateurs ?
Et PAF, il refait la une de tous les journaux dès le vendredi 13 janvier au soir.
Il pourrait bien y avoir un truc maudit dans cette date…
Du triple A aux pigeons
On peut y voir une contribution aux économies désormais indispensables, une mesure de sauvegarde de notre pouvoir d’achat : les abonnés français au téléphone mobile
devraient saluer 2012 comme une année de bénédiction, celle durant laquelle les coûts de leurs abonnements et consommations devraient chuter significativement et leur autoriser enfin l’achat des
cinq fruits et légumes quotidiens, dont au risque de leur santé ils se privaient jusqu’alors pour engraisser les opérafiteurs.
Les opérafiteurs.
Les opérateurs télécom qui profitent.
Des pigeons.
Monsieur Free (Xavier Niel) appelle tous les pigeons à se poser sur son réseau, à déserter les pigeonniers que sont les opérateurs « historiques » ou traditionnels
et à profiter de son offre révolutionnaire.
Il n’est pas précisé s’ils en chieront moins.
(Vous pardonnerez cet écart de langage sur un blog d’aussi haute tenue, mais c’est tout ce que m’inspirent les pigeons)
Pari risqué, marketing-ement parlant. Celles et ceux assez âgés pour se souvenir de la calamiteuse campagne de publicité pour la Renault 14 (la « poire »)
apprécierons.
D’autant que, si je suis correctement informé, les jeunes générations n’emploient plus le désuet « pigeon » mais le moderne « Boloss » (dont l’orthographe et encore
incertaine mais que l’usage fixera dans peu de temps) et risquent de devoir demander papy et mamy de leur décoder le message.
Le risque est donc non nul qu’ils identifient Free dans un premier temps comme l’opérateur du 3è âge, le fournisseur des maisons de retraite, de téléphones à
cornets avec grosses touches et autres sonotones bluetooth (à remettre dans le verre à dents après usage, ceux-là*) et non pas comme le Mousquetaire vengeur 3G volant au secours des
Smartphonistes nécessiteux.
En direction des végétariens, Monsieur Free a également comparé les clients-qui-jusque-là-n’avaient- pas-le-choix aux citrons pressés.
Pressés de venir chez lui sans doute.
Ces amabilités mises à part, les offres généreuses de Free ont fait réagir en face, prouvant ainsi, en partie au moins, le bien fondé du discours et les craintes de
fuites massives de pigeons pressés et autres citrons voyageurs.
Il n’est pas exclu que je me range dans les rangs des migrateurs, une fois mon attentisme prudent rassuré. Les consommateurs sont avertis depuis l’affaire Madoff
que toute offre trop belle doit être considérée avec un minimum de circonspection.
Des pigeons aux vaches
Je note le timing ; annoncer au début d’une année d’élections présidentielles dans laquelle les promesses vont pleuvoir comme vache qui pisse (décidemment, très
caca-pipi ce billet !), une offre révolutionnaire qui va tout changer, est-ce la démonstration d’une maitrise de l’art du camouflage, de l’aplomb digne d’un candidat à ladite élection ou une
simple coïncidence ?
Des vaches aux couleuvres
Elections.
Période maudite pour les couleuvres qui vont être servies à la pelle aux électeurs pleins d’attentes, avides d’entendre le/la candidat(e) providentiel(le) venir
sauver la patrie, le travail, le pouvoir d’achat, la place à la crèche et ce genre de choses.
Rappelons qu’avaler des couleuvres c’est être naïf, c’est croire aux promesses.
Les électorales comme on sait, n’engagent que ceux qui y croient.
*Bluetooth = dent bleue.
Ou un dentier mal entretenu.
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