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Dimanche 6 décembre 2009 7 06 12 2009 15:07

A un directeur industriel qui présenta son plan d’amélioration des performances, conçu avec ses managers, le PDG lui dit : « je vous ai demandé un plan d’action, pas une liste pour le père Noel ! »

 

En effet, le « plan d’action » était une liste de machines à acquérir, de celles à rénover, des travaux de réfection des locaux et des outillages à acheter, l’ensemble pour un montant astronomique et un retour sur investissement non seulement hypothétique, mais qui dépassait l’espérance de survie de l’entreprise.

 

La liste pour le père Noel est devenue une expression courante pour désigner des espoirs insensés face à des moyens improbables.

 

Mais elle nous rappelle aussi ces moments délicieux, quand gamins nous devions établir la liste des cadeaux souhaités. Pendant que nous rêvassions avec application à ce futur proche merveilleux, les parents récupéraient un long moment de tranquillité et quelques idées de cadeaux.

 

Par ailleurs, il valait mieux être condamné à établir une telle liste que de sortir la poubelle ou essuyer la vaisselle. Ainsi plus d’une liste dut-elle sa longueur à l’intérêt bien compris de prolonger l’exercice au détriment de corvées ménagères et de la loi des grands nombres, qui en l’espèce devait assurer un nombre minimum de cadeaux, proportionnellement au nombre souhaité.

 

La nouvelle génération de gamins est invitée au même exercice, avec l’éventuelle assistance des technologies nouvelles et la prise en compte de la précocité croissante desdits enfants.

 

Ainsi, les enfants d’informaticiens sont priés d’établir leurs listes en programmant un jeu vidéo en ligne.

 

Les enfants des parents employés dans la téléphonie expriment leurs vœux uniquement sous forme d’SMS, avec les inévitables confusions que cette orthographe peut générer.

 

Les enfants de comptables font désormais leur liste sur Excel, avec graphiques et liaisons dynamiques vers la base de données pour simulation de l’évolution du budget.

 

Les enfants de consultants doivent additionner le coût des cadeaux et calculer un retour sur investissement, sur la base de la valeur d’une heure de tranquillité pour les parents et du planning prévisionnel des heures de jeu sur l’année à venir.

 

Les enfants de traders doivent en plus d’établir leur liste, calculer le bonus en points fidélité engrangé par leur père.

 

Les enfants de prof de français-philo sont invités à rédiger une dissertation sur le sujet « Cadeaux, utilité ou futilité ? », qui semble indiquer les préférences du jury.

 

Nous plaindrons les enfants des marbriers, invités à buriner leurs souhaits dans la pierre dure et dénoncerons les parents malhonnêtes qui encouragent leurs enfants à faire tomber leurs cadeaux des camions de livraison.

 

Pour ceux (surtout les adultes) qui seraient finalement déçus par le père Noel à la fiabilité fantaisiste, il reste les vœux pour la nouvelle année pour invoquer du ciel une seconde chance.

 

C’est ainsi que l’on peut patienter sans perdre tout à fait espoir.


 

 

Par Christian HOHMANN - Publié dans : Billet d'humeur
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Mardi 17 novembre 2009 2 17 11 2009 00:00

Je ne me doutais pas en écrivant le billet « mariage de Pareto et Yamazumi » qu’un autre confrère blogueur avait osé un parallèle plus…hot.

(http://www.timebackmanagement.com/blog/you_dont_need_to_hit_a_home_run)

 

Il s’agit de comparer l’amélioration continue et incrémentale (Kaizen) à l’amélioration de rupture (Kaikaku). Autant la première démarche et progressive, participative et consensuelle mais aussi quelque peu lente à produire ses effets, autant la seconde excite et décoiffe car les efforts sont concentrés pour fournir des effets importants en peu de temps, en jouant sur le sentiment d’urgence.

 

Selon mon confrère, Kaizen est ennuyeux et laborieux alors que Kaikaku est excitant et sexy, puis d’oser ce parallèle : Kaizen est une épouse telle qu’elle sera dans 15 ans, Kaikaku est une pinup sur un tabouret de bar.

 

Les épouses apprécieront.



Pour avoir un comparatif plus politiquement correct entre les deux approches, vous pouvez lire l’article sur HConline

 

 

 

Par Christian HOHMANN - Publié dans : Billet d'humeur
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Dimanche 8 novembre 2009 7 08 11 2009 00:00

Cela fait quelques billets déjà que je vous entretiens du graphique de Pareto.

 

Voilà que récemment avec mes collègues, nous avons poussé Mlle Yamazumi dans les bras du vénérable M. Pareto.

 


Qu’est-ce qu’un Yamazumi ?

 

Les graphiques empilés « yamazumi » sont utilisés dans l’analyse, l’équilibrage et l’amélioration des opérations sur des postes sur une ligne de fabrication.

 

Les tâches exécutées à un poste sont représentées sous forme de rectangles dont la hauteur est proportionnelle au temps nécessaire à leur exécution et la couleur de chaque rectangle codée selon le traditionnel principe vert-orange-rouge :

Vert : tache à valeur ajoutée

Orange : tâche sans valeur ajoutée mais non supprimable, car « nécessaire »

Rouge : tâche sans valeur ajoutée, gaspillage supprimable sous condition

 

L’empilement des tâches est chronologique : la première tâche se trouve au bas de la pile, la suivante par-dessus et ainsi de suite.

 

Usage des Yamazumi

 

Utilisés sous forme de tableaux avec des papiers colorés, les graphiques yamazumi permettent d’analyser l’équilibrage des postes, mais également de s’intéresser à la réduction des tâches sans valeur ajoutée (oranges) et à l’éradication des gaspillages (rouges) qui sont rendus visibles (couleurs) et quantifiés (taille).

 

Ces tableaux sont disposés de manière à ce que tout le monde puisse les voir, réfléchir et suggérer des actions pour maximiser la part verte et réduire les parts oranges et rouges.

En rendant les gaspillages visibles, on pousse l’ensemble des parties prenantes vers l’action.

 

Représentation hybride Pareto et Yamazumi

 

Le mariage de Pareto et Yamazumi consiste à regrouper toutes les tâches à valeur ajoutée (VA) dans une pile unique dont la valeur relative indique la productivité nette.


Les autres tâches, qui ne peuvent par conséquent plus être que des gaspillages, sont empilées dans l’ordre décroissant de leur valeur relative.

 

Ainsi obtient-on une représentation visuelle de la part VA / Non-VA et un diagramme de Pareto des gaspillages.

 

Succès garanti lors des restitutions.

Surtout avec des scores tels que celui de l’exemple (réel) ci-contre.

 

Reste à savoir si le fruit de ces amours doit se nommer Parazumi ou Yamazeto.

 

Par Christian HOHMANN - Publié dans : Billet d'humeur
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Dimanche 1 novembre 2009 7 01 11 2009 15:48

Lors d’une animation d’un groupe de travail, j’ai du me rendre à l’évidence : il ne suffit pas d’énoncer la définition d’un goulot pour que tout le monde saisisse cette notion.


La définition la voici : Goulot ; ressource dont la capacité est en moyenne juste égale ou inférieure au besoin.

La capacité limitée d’un goulot ne permet donc pas au processus ou au système de débiter plus que ne peut fournir la ressource goulot. On l’appelle également « contrainte », car elle contraint (au sens de limiter) le débit du système.

 

En général, la contrainte est une ressource rare et/ou coûteuse, donc difficile à se procurer ou à dupliquer. Si ce n'était pas (ni coût prohibitif ni introuvable) le cas le problème posé par une ressource à capacité insuffisante serait trivial ; il suffirait de s’en procurer jusqu’à répondre au besoin.

 

Une rupture d’approvisionnement peut être due à un goulot qui se situe en amont de notre poste en rupture ou simplement à un dysfonctionnement, indépendamment de tout problème de capacité.

 

Perplexité dans la salle.

Solitude de l’animateur.

 

Comment expliquer plus simplement ?

 

Imaginons que nous allions au supermarché.

 

Nous commençons nos observations dans une superette de quartier, celle de monsieur Jean.

Avant que monsieur Jean la reprenne de madame Dupont, les deux seules caisses de la superette étaient amplement suffisantes pour absorber le flux des quelques clientes avec au pire une attente minime pour ces dernières.

 

Le dynamisme commercial de monsieur Jean a drainé une clientèle bien plus nombreuse et les deux caisses ouvertes en permanence ne suffisent plus à passer les clients sans que ceux-ci doivent patienter plus longtemps qu’ils n’aimeraient dans les files d’attente.

 

Monsieur Jean ne peut se permettre d’investir dans une caisse supplémentaire, bien trop coûteuse après tous les investissements déjà consentis.

Ainsi, dans le cas de cette supérette, les caisses sont les ressources goulot, qui limitent le débit des clients.

 

S’il manque un rouleau de papier d’imprimante et que cela bloque le débit de la caisse pendant que la caissière attend que monsieur Jean en ramène de la réserve, le rouleau de papier n’est pas une ressource goulot.

D’abord parce que le rouleau ne « débite » rien, ensuite parce qu’il n’est ni rare ni cher. Il simplement manquant au moment où il le faut, ce qui est un dysfonctionnement.

Il en va de même si un article n’a pas d’étiquette code-barres ; l’étiquette n’est pas un goulot mais son absence est un dysfonctionnement qui affecte gravement le débit de la caisse, débit déjà limité même sans ce genre d'aléas !

 

Pour que les clients de monsieur Jean - qui acceptent l’inévitable attente - continuent à patienter, il faut que les caisses débitent le plus vite possible et sans discontinuer, d’où le besoin de s’assurer que ces ressources très précieuses que sont les caisses soient toujours en état de fonctionner sans problème :

Approvisionnement suffisant en papier d’imprimante

Etiquettes en bon état sur les produits

Caissières à leur poste et remplacement systématique si elles doivent s’absenter

Etc.

 

 

Allons voir maintenant du côté de l’hypermarché qui aligne 50 caisses enregistreuses comme un péage d’autoroute.

Surprise, les clients s’alignent en longue file devant les 10 caisses ouvertes.

Les caisses sont-elles un goulot ?

 

Non.

 

Comment non ?

 

Non, parce qu’il y a bien assez de caisses, mais leur ouverture n’est pas en adéquation avec le besoin du moment. Il ne servirait à rien d’acheter et d’installer de nouvelles caisses.

 

Alors ce sont les caissières qui sont la ressource goulot !?

 

Non, l’hypermarché a embauché suffisamment de caissières, mais au moment de l’observation leur nombre n’est pas suffisant. C’est un dysfonctionnement de la planification ou de la prévision et un manque de réactivité pour remédier au problème de l’attente des clients, donc des dysfonctionnements.

 

Les ressources humaines peuvent-elles être goulot ?

 

Oui, les compétences particulières, rares ou qui sont difficiles à se procurer peuvent être goulots dans le processus qui les mettent en œuvre.

 

Par exemple un boucher qui prépare les commandes à la demande tout en renseignant les clients peut être saturé par la demande.

 

D’où une alternative pour les demandes plus simples ou les clients pressés : la viande pré-emballée. Celle-ci évite au boucher (ressource précieuse) de divertir sa compétence et sa "capacité" pour des besoins plus basiques et il peut se consacrer à des demandes plus sophistiquées et à des clients plus exigeants.

 

La notion de goulot est-elle plus claire maintenant ?

 


Pour tous les lecteurs qui aimeraient en savoir plus sur les goulots et la manière de bien les gérer : http://chohmann.free.fr/toc/

Par Christian HOHMANN - Publié dans : Billet d'humeur
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Samedi 12 septembre 2009 6 12 09 2009 11:41

Ca y est, le nouveau téléphone mobile multifonction est acheté.

Pour l’activer, il faut se connecter sur internet.

Ah ? comment donc font ceux qui n’ont pas d’accès internet ou seulement périodiquement ?

 

L’activation des fonctions de téléphonie de base ne pose heureusement pas de problème, la prise en main est ergonomique et intuitive. Bons débuts !

 

Pour les fonctions avancées, entre les bugs et les incompatibilités de l'ordinateur, l’indisponibilité des serveurs internet, les manuels utilisateurs plus que succincts et les acronymes plus qu’obscurs, si vous ne sortez pas diplômé à la fois de sup télécom et de la Temesta-Zen Academy, cela part mal.

 

Pendant que je cherche sur les nombreux forums d’utilisateurs en détresse la solution à mon problème et que la faim survient, je fais un rapprochement avec les emballages à ouverture facile, ceux destinés à simplifier la vie des consommateurs.

 

N’est-il pas fascinant de voir le résultat de longs mois de recherches, d’essais, d’homologations, de sommes considérables investies pour imaginer un emballage dont l’ouverture ne pose plus de problème aux consommateurs ?

Sauf à l’un d’entre eux particulièrement.

Moi.

 

Impossible de peler la pellicule protectrice « ouverture facile » de la barquette de jambon en la laissant en un seul morceau et sans l’aide d’un couteau.

Si ladite pellicule est réputée refermable, cette réputation est tout autant usurpée. Non seulement aucune d’entre elles ne se referme, mais elles forment toutes invariablement de jolies bouclettes très peu hermétiques.

 

Toute boite de conserve munie d’un anneau à tirer nécessitera un ouvre-boite dès que celui-ci ne sera pas disponible. Lors d’un pique-nique par exemple.

 

Récupérer quelques dés de betterave rouge dans une boite de conserve coûte un doigt et une chemise, le premier rouge de sang, la seconde rouge betterave.

Idem pour le maquereau mariné avec la variante « taches de rousseur », très bien rendu par la première partie de cette publicité (mensongère en se qui me concerne) sur l’ouverture facile des boites à maquereaux.

Notez que la pellicule en fer blanc de la boite de maquereau partage avec le blister de jambon cette propension à se rouler en bouclette.

Probablement ont-elles le même développeur.

Celui qui m’en veut.

 

Il était particulièrement rancunier le jour où il a inventé la viande protégée par une pellicule sous vide.

 

Les briques cartonnées contenant un liquide, à couper là (suivez les pointillés imprimés) sont toujours remplies au-dessus de la ligne à couper et/ou sont suffisamment souples pour qu’à l’ouverture le niveau de leur contenu monte instantanément au point dit « de geyser ».

 

L’opercule sur les bouteilles de lait ? Mieux vaut le poignarder d’office.

 

Le summum est atteint avec cette légendaire pâte à tartiner dont non seulement l’opercule est quasi inviolable, mais dont les pots en verre ont une forme spécialement étudiée pour poser à la fois des problèmes de rangement et des problèmes de récupération du précieux contenu.

 

C’est ainsi qu’il faut bien admettre que les complexités technologiques devant faciliter la vie du consommateur le laisse souvent sur sa faim.

 

 

Par Christian HOHMANN - Publié dans : Billet d'humeur
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Définition

Qu’est-ce qu’un billet d’humeur ?
 
En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y compris dans son aspect le plus subjectif.
 
Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.
Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.

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