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Qu’est-ce qu’un billet d’humeur ?
 
En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y compris dans son aspect le plus subjectif.
 
Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.
Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.

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17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 00:00
Il y a quelques mois, une cliente revenant des sports d'hiver se plaignait de la démocratisation de la pratique du ski. Ce loisir est désormais populaire, à la fois accessible au peuple et prisé d'un large public. Le corollaire est que l'attente aux remontes pentes s'allonge, le temps cumulé de descentes effectives diminue, le nombre de skieurs augmente alors que les mètres carrés de neige diminuent.

Ainsi soupirait-elle, la démocratisation du ski fait perdre aux anciens « privilégiés » leurs... privilèges.

 

N'étant ni ancien ni nouveau skieur, ses remarques ne m'évoquèrent rien de plus que l'éventuel parallèle avec les ex-nobles regrettant les chaises à porteurs après la Révolution. Jusqu'à ce que je prenne un vol low cost au lieu d'un siège en Business Class...

 

Les vols low cost ont démocratisé l'accès au voyage aérien et me voilà avec la foule bigarrée, remuante et bruyante des vacanciers, retraités, familles et voyageurs économes, plutôt que dans les salons feutrés où les seules couleurs envisageables pour les messieurs sont le noir, le gris ou encore le bleu marine pour les plus excentriques et les casquettes strictement interdites par le code vestimentaire.

 

Ces foules bigarrées, remuantes et bruyantes encombrent les PIF, les Postes d'Inspection Filtrage, dénomination officielle des points de radiographie des sacs à main, palpations et vexations diverses délivrées par des personnels plus préoccupés de discuter de leurs primes, congés et honnir leur hiérarchie que d'assurer l'écoulement et la cohérence du flux de passagers. Les PIF sont éventuellement surveillés par la PAF, Police de l'Air et des Frontières.

C'est un peu embarrassé que je vous le demande ; avec des PIF et des PAF, comment voulez-vous prendre la sécurité aéroportuaire française au sérieux ?

 

La même foule reste bigarrée, remuante et bruyante dans les salons d'attente après les PIF-PAF, avec éventuellement participation involontaire et peu évitable aux parties de cache-cache ou de lou-loup attrape-moi des gamins.

 

Lors de l'embarquement, vous suivez la famille Grassouillet conduite par Monsieur, très élégant en short pendant que Madame, très appliquée, compte les enfants.

 

Durant le vol, c'est le va-et-vient des enfants et du 3ème age peu étanches et pique-nique à bord, le service sur des vols low cost étant réduit à ce que vous acceptez de payer. La première fois, c'est assez déroutant de sentir le fumet du saucisson à l'ail ou du camembert en altitude. J'imagine la première expérience olfactive de ce type des hôtesses, croyant à une avarie sérieuse et alertant le commandant quant à ces émanations non identifiées.

 

Hôtesse de l'air. Ce métier qui faisait naguère rêver les jeunes filles semble désormais se limiter à servir sans élégance du café lyophilisé et parler un anglais que seuls les russes comprennent.

 

C'est dans cette langue que sont laborieusement lus les messages publicitaires vantant les vols de la compagnie vers d'autres destinations et la promotion peu motivée des ventes en duty free.

 

La dureté de l'atterrissage est probablement due aux économies sur les amortisseurs et le freinage puissant à la location de pistes plus courtes que nécessaires. Tant pis pour ceux, peu familiers de l'anglo-russe, qui n'avaient pas compris qu'il fallait boucler la ceinture.

Du siège, pas du short.

Madame Grassouillet, inquiète, recompte les enfants.

 

Le vol était bon marché, certes, mais je repensais avec plus de compréhension et de solidarité à ma cliente et sa nostalgie du temps où le coût garantissait une certaine exclusivité aux privilégiés.

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Published by Christian HOHMANN - dans Billet d'humeur
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commentaires

Anhydre 04/08/2008 18:22

Oui, tout à fait d'accord ! mais quand donc le gouvernement prendra-t-il ses responsabilité en interdisant les pauvres ?

Pierre-Manuel 26/05/2008 12:44

Si mon commentaire a été plus concis et en apparence plus brutal, il va de soi que l'aspect humoristique de votre billet ne m'a pas échappé. J'éprouve le même sourire à regarder s'empiler sur les plages et dans les campings des légions de vacanciers, dont le bronzage rouge écrevisse me fait sourire, mais qu'il ne me viendrait pas à l'idée de mépriser. J'ai bien ressenti le même sourire dans votre description des foules en transit, et mon commentaire "salauds de pauvres" est une gentille provocation, comme celles dont Pierre Desproges faisait ses délices. Avec une intention humoristique identique à celle qui transparaît dans votre billet de - bonne - humeur.Loin de moi l'idée de vous attribuer un quelconque sentiment de supériorité, d'autant que l'exercice de votre métier impose par nature la modestie indispensable à ceux qui savent qu'il n'y a pas de solutions toutes faites et que personne n'a la science infuse. Consultant industriel, vous savez forcément que les bonnes idées viennent souvent des opérateurs de base, dont le goût pour les sandwichs rillette et les boissons du crû n'entament pas le bon sens.Quant à l'anglais pratiqué pour les annonces de cabine, il est permis d'en apprécier la savoureuse tonalité franco-française. Il est même possible qu'il soit compris, et pas seulement par les Russes : après tout, les New-Yorkais réussissaient bien à comprendre Maurice Chevalier ! Mais dans ce domaine, je trouve que la palme revient aux annonces en anglais des contrôleurs du TGV.

pierre NOEL 19/05/2008 22:28

Ben mince !!! Je tombe de haut ! C’est quand on aime vraiment les gens qu’on est le plus déçu lorsqu’on découvre un aspect de leur personnalité aux antipodes de ce que l’on imaginait. Mon cher Christian, je n’ai pas le plaisir de vous connaître et pourtant j’ai l’impression de vous compter parmi mes amis proches. Depuis maintenant près de 4 ans je fréquente votre site internet. J’y puise à la source la simplicité, la clarté, le bon sens qui me permettent d’appréhender la plupart des situations que je rencontre dans l’industrie. Comme j’exerce la profession de responsable de site industriel de transition j’ai eu l’occasion de découvrir et de remettre sur rail une bonne douzaine de sites de tailles diverses en 10 ans de pratique. Depuis que je vous « connais », je relis inlassablement vos écrits, j’en fait traduire des extraits caractéristiques pour les commenter avec les équipes dans l’exercice de mon métier. J’ai travaillé dans 6 pays différents y compris des pays émergeants d’Europe de l’Est ou d’Amérique Latine et ce que vous expliquez est universellement applicable. Je profite de cette occasion pour vous remercier et vous dire toute mon admiration. Votre compréhension du monde de l’entreprise est brillante, votre français est limpide on a plaisir a vous lire. Mais bon sang que votre article sur la perte des privilèges est irritant ! Vous nous dites abandonner votre siège en Business Class pour un vol low cost. Mais rien ne vous y oblige ! La business Class n’a pas disparu, si vous le souhaitez vous pouvez même utiliser la Première ou pourquoi pas un avion Taxi ! Votre cliente skieuse peut tout a fait éviter les queues au tire-fesse en sélectionnant des stations de « grand standing » en Suisse aux USA. Ou même en ne skiant qu’accompagnée d’un moniteur privé ce qui est un peu cher mais lui confère une priorité absolue aux remontées mécaniques. Les coûts des transports aériens baissent beaucoup plus vite que les services associés. Mais vous avez toujours la possibilité de payer très cher votre boisson gratuite si vous souhaitez voyager autrement qu’en low cost. Quand a l’accent anglais des hôtesses ou a leurs connaissances linguistiques la aussi quel snobisme ! Le mauvais accent anglais de certains personnels d’Air France n’a rien a envier a celui des hôtesses des compagnies low cost. Vous dites que seuls les russes comprennent ce qui veut sans doute dire que la langue utilisée est simple et peu « British » donc en fait que tout le monde comprend.Ce qui me parait plus gênant dans la démocratisation des transports aériens ce n’est pas que les coûts baissent ni que le plus grand nombre y ait accès. Ce qui me choque c’est que la croissance exponentielle du nombre de vols s’accompagne naturellement de la même croissance de la pollution. En conclusion bravo et merci pour votre site professionnel mais pardonnez moi d’avoir trouvé votre billet d’humeur en décalage avec le bon sens dont vous faites habituellement preuve. pierre.noel@fastmail.fm

Christian HOHMANN 20/05/2008 07:07



Bonjour Pierre,



 



Merci pour votre intérêt et votre fidélité, ainsi que pour le commentaire, qui par sa longueur, son contenu et sa qualité rédactionnelle me flatte. Sincèrement.



Me prendre deux baffes délivrées avec autant d’élégance et d’énergie bien dosée méritait bien un hommage public, ainsi fait.



 



C’est les joues brûlantes que je me permets de vous rappeler la définition d’un billet d’humeur, qui figure en avertissement en haut et à droite du blog :




En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y
compris dans son aspect le plus subjectif.




Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.



Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.




Quant à la caricature, dont ce billet là se doublait, est une déformation exagérée, humoristique et/ou satirique qui restitue une vision déformée, exagérant les défauts et les particularités.




Cette soupape ayant fait son office, je peux retourner vers le monde en restant courtois, affable, politiquement correct même quand un troupeau de malotrus me piétine les orteils avec
application.




 Je vous souhaite de bonnes journées.




 Christian



Pierre-Manuel 17/05/2008 18:25

Salauds de pauvres !