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Qu’est-ce qu’un billet d’humeur ?
 
En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y compris dans son aspect le plus subjectif.
 
Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.
Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.

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7 novembre 2008 5 07 /11 /novembre /2008 08:43
Le « syndrome du sauveteur » est une posture caractéristique souvent constatée auprès des personnels de production ou de maintenance, qui trouvent plaisir et valorisation à sauver leur section, leur atelier, voire leur entreprise de situations difficiles :
  • * Production à l'arrêt
  • * Problème technique ou de qualité
  • * Retard important
  • * Machine en panne
  • * Etc.

Le « sauveteur héroïque », admiré pour sa capacité à résoudre les problèmes, a généralement du mal à rentrer dans l'ombre et travailler à prévenir les catastrophes. Dans les cas extrêmes il peut même se muer en pompier pyromane.

Voilà que durant l'animation d'un chantier Lean office dans un service comptable d'un grand groupe, une jeune femme reste ostensiblement fermée à toute suggestion d'amélioration des processus et aux efforts de résolutions de problèmes.

Il s'agit de trouver les causes de litiges bloquant le recouvrement des factures afin de les éradiquer, d'accélérer le time-to-cash et donc améliorer la trésorerie.

Cette jeune personne finit par me confier que la réduction de la variabilité dans le traitement des dossiers, la standardisation des processus et la réduction des litiges va enlever le seul intérêt dans son poste : travailler à résoudre les litiges des dossiers compliqués. A bac+3, le travail routinier ne l'intéresse pas, mais elle peut démontrer toute sa valeur professionnelle dans les cas complexes.

Une sauveteuse !

Je l'imagine en justaucorps bleu et cape rouge, voler au secours de l'aide-comptable en détresse, résoudre avec fracas l'insoluble problème, puis s'en retourner vers d'autres litiges complexes sous les vivats des secrétaires émues aux larmes et des chefs-comptables extatiques.

Ainsi les superhéro(ines)s hantent les bureaux aussi.

J'ai déployé toute la pédagogie possible (avec mon justaucorps et ma cape) pour lui expliquer que l'intérêt général est de maitriser les processus et que ses capacités professionnelles pourraient trouver un emploi très à propos dans l'amélioration de ces processus.

Sa molle acceptation me fait penser qu'aujourd'hui encore elle soupire en attendant le dossier impayé, impatiente de renfiler son justaucorps bleu.





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Published by Christian HOHMANN - dans Billet d'humeur
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commentaires

David 13/03/2009 17:32

Que je vous comprend christophe ! J'ai eu récemment une aventure du même type :Dans un grand groupe du CAC 40, leader mondial dans son domaine, j'ai voulu changer et améliorer l'entreprise grace au lean.Apres des mois de recherche des informations et données (chacun gardant jalousement ses informations) j'ai réussi un gain de plusieurs millions d'euro sur un nouveau process et malheureusement mis en evidence implicitement les lacunes de beaucoup de personnes autour de moi. Mon responsable à pris peur et j'ai été remercié malgré mes résultats et le potentiel à déployer dans le groupe !Je m'interroge souvent sur le fait qu'il faille trouver un poste où jouer les sauveurs à chaque problème sans rien changer ou bien essayer de faire evouler la société et les gens à l'intérieur !Ce que je retient de l'expérience est ce qui suit : Plus une société fait des marges et moins elle est compétente dans son l'organisation. En somme la partie commerciale et marketing font tourner la maison (avec des produits de la R&D). Et les personnes travaillant dedans pensent etre les meilleurs et restent dans la meme société pendant une vie sans savoir qu'ils sont à des années lumieres des meilleurs (Comparer un taux de rebut de 6% mini avec les PPM de l'automobile, ca montre deja le fossé)Cette société avait des usinesavec un TRS à 30% ! C'est pathétique.

Christophe BERTAUD 05/12/2008 12:06

Bonjour,Avant tout, je dois vous dire que je suis très fan de votre site depuis plusieurs années et j'adore vos chroniques. C'est croustillant !Je me lance aujourd'hui à faire un petit commentaire (que vous lirez peut-être entre 2 aéroports) à votre billet sur le "syndrome du sauveteur".Travaillant au service méthodes depuis 18 ans dans plusieurs entreprises notamment pour le n°1 du nucléaire civile et le n°1 du luxe pour ne pas les nommer, je me suis aperçu qu'il valait mieux jouer le rôle du sauveteur que celui du travailleur de l'hombre. Ma dernière expérience en est la preuve.Mon travail de méthodes qui consiste à faire progresser chaque jour l'entreprise et les personnes qui y travaillent vers le progrès est souvent un travail de fourmi qui ne se voit pas.Dans ma dernière expérience j'ai fait progresser le taux de disponibilité de plusieurs machines (plusieurs millions d'euros chacune) de 18% à 75% en 3 ans. Travail quotidien pour motiver, former, animer, organiser, optimiser les hommes et les machines. Je ne vais pas parler des nombreuses autres innovations que j'ai pu mettre en place pour ce grand groupe... bref, au bout de 4 années, après avoir épuré tous les micro-disfonctionnement, tout roulait trop bien... Mon chef de service se demandait alors à quoi je servais car il n'y avait pratiquement plus de problème dans l'atelier. Après un rapide calcul, mon chef de service qui ne se souciait guère du travail de ses sbires mais seulement des résultats chiffrer (progrès à 2 chiffres obligatoires), décida que je n'étais plus rentable et que je lui coûtait trop cher... vu qu'il n'y avait plus de problèmes à résoudre. J'ai eu beau lui expliquer qu'il n'y avait pas que les chiffres sur les tableaux qui étaient importants mais ce fichu facteur humain qu'il fallait faire progresser et que s'était un travail du quotidien et que les résultats de changement ne se faisaient ressentir que sur plusieurs années... Bref, J'ai été licencié pour manque de résultats...Le plus risible dans tout cela, c'est que 3 mois après mon départ, tout c'est cassé la figure. Personne n'a pris le temps d'effectuer les micros tâches de mon quotidien ; la mise à jour des indicateurs, la motivation des troupes de l'atelier (le plus important), l'écoute quotidienne des problèmes des opérateurs (radio potars qui nous alèrte des premiers syndrome de grippede l'atelier), l'accompagnement technique de la maintenance...J'ai appris qu'un plan d'urgence s'était mis en place pour faire face au mur que personne n'avait vu venir (he! oui, plus de radio = plus d'info). Même mon ancien chef de service a dû se retrousser les manches... Eh oui, faire que tout ça roule c'est aussi anticiper les problèmes.J'aurais peut-être mieux fait d'être atteint du syndrome du sauveteur, j'aurais pu ainsi garder mon job que j'appréciais !La morale c'est qu'il y a peu de dirigeants et de chefs de services qui ont des notions de psychologie. Un peu moins de sciences des résultats, plus d'humanité et de culture générale apporterait de meilleurs progrès. Mais c'est vrai que notre propre président a dit qu'il n'était pas nécessaire d'avoir lu la Princesse de Kiev pour devenir banquier...Cordialement,Christophe

Emmanuel Bonnet 08/11/2008 11:19









Du super "acteur" et de son niveau d'engagement en situation





J'ai l'impression de reconnaitre les super « sauveteurs » dont vous parlez. Lorsque rien ne va plus. Ligne de production à l'arrêt. Recherche active du savoir expert qui fera des miracles. Comment se fait-il que l'analyse de ces situations de problèmes soit elle même problématique? Faut-il conclure que la standardisation des savoir faire sans être toujours possible, n'est pas toujours souhaitable? Je crois que cela tient surtout au niveau d'engagement de l'acteur en situation. Et cela ne repose pas seulement sur l'enrichissement des taches. C'est aussi un sentiment de contrôle de la situation par l'acteur. C'est peut être  cette source de pouvoir qui redonne un sens à l'action de l'opérateur ou du technicien de maintenance engagé dans un changement de format difficile, ou dans la recherche d'une panne mystérieuse.
Maintenant le fait d'être reconnu comme super-expert de son domaine n'implique pas selon moi que ce super-savoir ne soit pas transformable, codifiable, et donc transmissible. Il doit aussi être considéré comme une véritable ressource pour l'amélioration continue...Car cela ne revient-il pas au fond au sentiment d'avoir réellement contribué à l'action collective d'un service, d'un bureau ou d'un atelier?