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Qu’est-ce qu’un billet d’humeur ?
 
En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y compris dans son aspect le plus subjectif.
 
Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.
Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.

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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 17:14

« Where's the beef? » (Où est la viande ?) est une phrase couramment utilisée aux États-Unis et au Canada pour s'interroger sur le contenu réel de quelque chose dont on parle beaucoup sans le détailler (source : http://fr.wikipedia.org/).

Appelons le « John », Senior Quality Engineer et Lean Six Sigma Black Belt dans une multinationale dont le siège est aux Etats-Unis. Il peine à convaincre son correspondant, chef du service R&D, de l'intérêt à déployer les 5S dans les bureaux.

Ce dernier développe tous ses arguments « contre » les 5S, tels l'acte de foi qu'on lui demande sans pouvoir démontrer la valeur ajoutée des 5S dans ce domaine, le manque d'exemple probant d'un déploiement dans des bureaux et finit par demander à John « Where's the beef? »

Reformulé, cela donne (en version francisée polie) : « cher Jean, tu fais très bien la promotion des 5S, dont je ne vois absolument pas l'intérêt dans mon splendide service très bien tenu, mais tu sèches à chaque question posée. Je vois bien la montagne de salade dans le plat tant vanté que tu me cherches à me servir, mais où donc se cache l'entrecôte ? »

John est coincé. Il cherche des exemples, des témoignages, espérant ainsi convaincre son interlocuteur.

Qu'a-t-il « mal » fait ? Que peut-il faire encore ?

Il est probable que John, dans le cadre d'un programme « corporate » à déployer uniformément séance tenante et totalement top-down comme on sait les décréter outre atlantique, ait été chargé par sa hiérarchie de déployer les 5S dans les bureaux. Le service R&D est, du point de vue d'un grand chef, un bon candidat.

John, en bon soldat s'exécute. Il présente donc les principes des 5S au chef du service R&D et l'invite, suite à sa brillante présentation, à mobiliser ses brillants ingénieurs pour trier, ranger, nettoyer, se doter de règles et s'améliorer en permanence.

Dans son exécution un peu mécanique, John a oublié (ou l'ignore t'il tout simplement ?) que l'animation d'un programme 5S est un exercice permanent de marketing avant tout !

En effet, il se présente devant le chef des brillants cerveaux qui imaginent, créent et développent des produits High Tech, résolvent des équations compliquées, sont sous pression des délais et des coûts pour lui présenter le programme le moins attractif qui soit !

De plus, il rappelle à son interlocuteur, devenu un dieu vivant de la haute technologie, les pénibles moments de son enfance ou sa mère s'ingérait dans l'intimité de son univers avec cette injonction sans appel : range ta chambre !

Même à destination de l'égo le moins développé, difficile de faire pire d'un point de vue marketing, n'est-ce pas ?

Qu'est-ce que John a « mal » fait ? Il a vanté les avantages, mais sans apporter de preuves ni trouver à intéresser par un bénéfice individuel.

Quel que soit le public visé, ma recommandation est de trouver à communiquer sur une ambition alléchante et de présenter les 5S comme une première étape indispensable. En effet, faire des 5S pour faire des 5S est un acte de foi que peu d'individus et d'entreprise tiennent bien longtemps.

John aurait du chercher à comprendre quels sont les défis et difficultés du chef de la R&D et lui proposer un programme qui l'aide à surmonter ses difficultés et atteindre ses objectifs. Par le plus grand des hasards bien programmés, il y a des 5S dedans ! Non seulement le chef de service y verrait un bénéfice personnel (pour son service et pour lui-même), mais il se conformerait du même coup aux ordres de déploiement des 5S venus de plus grands dieux que lui. Dans ce cas, il aurait vu le bœuf (where the beef is) tout seul, même avec la salade 5S autour.

A retenir : les discours qui font vendre  se construisent sur le triptyque Avantages, Preuves, Bénéfices.

Qu'est-ce que John peut faire désormais ?

Je suis pessimiste. Je crains que quelque soit la pirouette qu'il puisse trouver, le chef du service R&D verra en filigrane le coup des 5S. Il y a de fortes chances qu'il trouve de la jubilation à torpiller le projet, juste pour prouver qu'il avait raison. Si John cherche l'appui d'un supérieur, ce sera pire encore. Voilà ce qu'on appelle un fusil à un coup. Pas de deuxième chance.

 

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Published by Christian HOHMANN - dans 5S et Management Visuel
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commentaires

Guillaume 09/11/2012 09:47


Bonjour,


J'ai une petite question pour John :
Dans le cadre d'une démarche 5S dans les bureaux, est-il possible/utile de faire du zoning et du marquage au sol?
Merci,


Guillaume

Christian HOHMANN 09/11/2012 12:01



Oui, c'est possible et cela se fait ; marquage des emplacements de poubelles ou mobilier, dans des cas extrêmes j'ai vu des marques pour délimiter l'aire de stationnement de la souris d'ordi
lorsque l'utilisateur ne s'en sert pas.


De là à peindre des lignes sur la moquette...



RG 26/06/2009 03:05

Je pense que le "ce n'est pas possible, ca" est plutôt de l'autre côté de l'atlantique (= en Europe). Le reve américain est bien cela, on cherche a rever, quitte a ne pas arriver à faire ds choses. Tous les systèmes sont politiquements corrects, ils n'attendront pas forcement leurs objectifs, mais expliqueront que c'est la faute d'un autre. cqfd et tout va bien, il n y a pas de non ouvert

Bernard Ohl 16/02/2009 19:06

Et pourquoi John ne reviendrait-il pas en reconnaissant sa maladresse dans sa présentation? C'est une attitude qui, bien souvent, permet d'effacer une erreur et de mieux repartir, sans traîner derrière soi de mauvais souvenirs.Autres possibilités : - Si cette démarche se déroule dans tous les bureaux, il y a des chances pour que le service R&D prenne le train en route, entraîné par le mouvement.- Le chef peut avoir montré de la résistance et les collaborateurs de son service une attitude plus coopérative. Ils peuvent agir dans leur bureau avec une certaine autonomie et profiter ainsi des bienfaits de la méthode qu'ils voient déjà en oeuvre dans d'autres services.

Domian R 09/01/2009 16:16

Le mieux finalement, c'est de ne pas tomber sur ce genre de personne ...
Mais force est de constater que les plus raleurs au début sont souvent les plus actifs par la suite !Dans tous les cas pour ce fameux John, le fait de faire jouer la hierarchie semble quand même la meilleur solution qui lui reste.A défaut de l'impliquer, le manager R&D devra au moins laisser faire s'il en reçoit l'orde direct.Domian R.Coordinateur maintenance préventive

julie 17/12/2008 13:33

bonjour, je suis élève en troisième année à l'ecole d'ingénieur de cherbourg et votrearticle est parfaitement intéressant..Donc si j'ai bien compris pour faire accepter une démarche de 5S dans une section d'une entreprise, il faut montrer au responsable l'ensemble des bénéfices que lui va  en retirer et ne pas lui parler de 5S. Le 5S as t il une si mauvaise image dans les entreprises??