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Dimanche 14 juin 2009
La baisse d'activité dans les usines et les ateliers, liée à la crise semble redonner un intérêt aux 5S et aux chantiers Kaizen.



Le brusque gel des dépenses dans les entreprises a également gelé un certain nombre de projets, liés à des investissements ou à des honoraires de consultants.

Cet arrêt des dépenses et le temps libéré par le manque de commandes a redonné de l'intérêt aux 5S et aux chantiers kaizen, autrement plutôt parents pauvres des projets opérationnels.


Le bon côté des choses est que ce regain d'intérêt rappelle que des actions simples et sans besoins d'investissements peuvent améliorer des performances, des postes de travail, des processus, régler des problèmes et plus encore.


Dans les conditions conjoncturelles de la crise, une occupation utile se doublant d'économies réelles est une bénédiction pour les responsables hiérarchiques qui ne savent plus quoi faire de ce temps disponible en excès.


Le moins bon côté des choses est que les 5S et autres activités d'amélioration continue risquent de céder le pas à la production dès que celle-ci redémarrera et aux autres projets plus « techniques Â» (comprenez plus passionnants) dès que les dépenses seront à nouveau autorisées.


Ce faisant, on oubliera vite les vertus de ces activités simples et pertinentes mais qui demandent de la constance. Par ailleurs, la hiérarchie distille sans s'en rendre compte un message subliminal aux subordonnés, que ceux-ci ne manqueront pas d'interpréter comme « le nettoyage et la mise en ordre sont des activités pour nous occuper quand il y a rien de mieux à faire Â», ou pour les chantiers d'amélioration (Kaizen), « on les fait quand on a le temps Â».


Comment dans ces conditions développer et maintenir une mobilisation permanente des acteurs du terrain ? Comment développer et maintenir un état d'esprit apte à maintenir les standards (dont l'ordre et la propreté) et à constamment chercher de manière autonome à se remettre en cause et améliorer tout ce qui peut être amélioré ?


Ces vagues opportunistes de lancements de chantiers et de « tornades blanches Â» favorisent plutôt une attitude passive, les acteurs étant habitués à ne participer qu'à des travaux systématiquement dirigés, lorsque la hiérarchie le décide.

 

 

Vos avis ? Vos expériences ?

 


Par Christian HOHMANN - Publié dans : Billet d'humeur
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Commentaires

Je partage complètement l'idée selon laquelle faire de la PVA en période de ralentissement passe un message négatif voire nuisible.
Comme Directeur d'usine, j'ai préfèré jouer la carte de la participation active du personnel dans les budgets de l'entreprise. Autrement dit, j'ai simplement demandé : "Dites moi les gars comment on peut faire des économies sans nuire à personne ?".
Curieusement, le personnel à accepter de réduire les heures de travail et surtout à proposer des projets Kaisen.
Ce n'est donc pas pour occuper le temps que nous faisons de la PVA mais parce que les intervenants sont persuadés que c'est la clé de la survie.
Tout est donc une question de sémentique... 
Commentaire n°1 posté par Stéphane Rouge le 15/06/2009 à 15h14
bonjour Christian
j'ajouterai que si la hierarchie encourage la mise en place des 5S, cela ne pose pas d'état d'ame aux personnels  si cela conserne le balayage, le déplacement des palettes ou la peinture des bandes de circulation et des aires de stockage. dès que cela concerne l'organisation , la peur de perdre une partie des ses prerogatives et la remise en cause de son poste hantent chaque compagnon.  L'adage :"les absents ont toujours tord" fait que chaque jour de congé ou de RTT devient source d'angoisse pour l'interessé qui se demandant si durant cette absence , son poste ne sera pas  supprimé ou réparti sur d'autres collègues . C'est durant ces périodes de basse activité où on encourage les personnes à prendre du repos qu'ils en prennent le moins .
cordialement 
a colombier    
Commentaire n°2 posté par colombier le 15/06/2009 à 17h54
il y a quelques années, dans l'attente de la fermeture du site, j'ai été relativement étonné de commencer à nettoyer...
rendre la mariée plus belle? occuper les désoeuvrés? éviter les baisses trop rapides de moral?
si l'activité était particulièrement calme (et pour cause), nombre de salariés ont regretté de n'avoir pas fait auparavant ce nettoyage des ateliers...
paradoxal? alors que la fermeture définitive était à courte échéance?
nombre des salariés attelés à la tâche dudit nettoyage se sont rendus compte que leur entreprise pouvait être présentable...
à préciser: nous travaillons le ferrite, alliage d'oxydes (métallurgie des pudres en fait). usine noire, sale et malodorante (ma femme avait comparée l'usine à germinal...).
nettoyer, ranger prend du temps. nous faisons régulièrement un 5S dnas nos garages et caves...cela dure combien de temps? pourquoi le repoussons nous?
Commentaire n°3 posté par philippe joly le 15/06/2009 à 19h08

Un peu provocateur pour vous rappeler (ou vous apprendre) des bases. 

Ayant travaillé avec des professionnels du lean sur tous les continents, je m'aperçois en prenant mon mouchoir, bien que rassurez vous la France n'est pas si mal, que tout est encore une question d'opportunisme et pas d'état d'esprit. J'ai arrêté de parler de 5s, pour mieux en faire. A force de dire qu'on doit nettoyer et pas de faire en sorte que les opérationnels sentent que l'outil leur appartient et il faut en prendre soin, tout le monde se met à dire "il pleut, est-ce qu'on fait du 5s?", "il ya une récession, est-ce qu'on fait du 5s?". Messieurs, j'espère que vous ne vous posez pas la question de manger ou de vous habiller parce que le printemps arrive.

La seule chose que je vois de bon à la récession est qu'enfin on se pose plus souvent la question des gaspillages et de compétitivité: "allons enfants de la patrie, le jour de gloire peut arriver.

Pensez vous que les orientaux se pose la question du 5s. Ils n'ecrivent pas le "s".
Par contre le mot "crise" est écrit à partir de 2 pictogramme qui veulent dire "risque" et "opportunité" à y reflechir.

Commentaire n°4 posté par RG le 22/06/2009 à 04h58
Personnellement, je ne considère par les chantiers 5S et Kaïzen comme des outils de "bas étage". Il me semble que limiter ces méthodes à ranger et nettoyer me parait un peu réducteur. Je trouve dommage d'attendre d'être en sous activité pour se poser la question : "Et si on occupait notre personnel en faisant un chantier d'amélioration continue ?".
Il me semble que cette dynamique ne doit pas s'entreprendre par défaut mais bien par choix.

Par experience, je trouve que ce sont deux méthodes qui ont le pouvoir de rassembler un maximum de personnes sur un objectif commun, qu'on peut atteindre rapidement et facilement.
Dans ces périodes de crise, il me semble plutôt judicieux et stratégique d'effectuer ce genre de chantiers pour ressouder les équipes, les impliquer ou les motiver.

Si les équipes sont demandeuses de ce genre de chantiers c'est peut être pour d'autres raisons. Peut etre ont elles besoin de se sentir impliquées dans la vie de leur entreprise.
Commentaire n°5 posté par Nicolas le 24/09/2009 à 15h47

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