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  • : Extension interactive de mon site personnel, ce Blog rassemble une sélection d'articles dont des billets d'humeur. Bonne Lecture Christian HOHMANN http://christian.hohmann.free.fr
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Qu’est-ce qu’un billet d’humeur ?
 
En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y compris dans son aspect le plus subjectif.
 
Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.
Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.

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27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 18:36
C’est l’histoire ordinaire d’un passager aérien (moi) devant effectuer un Genève – Paris – Strasbourg, le premier segment sur un vol low cost sur lequel il est désigné par le terme respectueux de « client », le second sur notre compagnie nationale où le client est dégradé en « passager », rappelant furieusement ces terminologies administratives un peu condescendantes telles que « administré » ou « usager ».
 
Le premier vol connaît un léger retard partiellement rattrapé en vol. Grâce à quoi je peux espérer attraper le vol Paris – Strasbourg de 17:25 au lieu de celui de 18:30. Dans mon métier, gagner une heure de plus à passer en famille est un objectif alléchant.
 
Je cours donc à travers le terminal d’Orly Sud pour me rendre à celui d’Orly Ouest, 15 minutes avant clôture des enregistrements.
Je ne suis pas étonné de me retrouver à devoir passer d’une extrémité de terminal à celle opposée de l’autre terminal, ni de voir les trottoirs roulants en panne, les allées encombrées de personnes qui le sont tout autant.
La loi de l’emmerdement maximum, ça fait des années que je la vérifie régulièrement, elle fonctionne toujours…
 
J’arrive à me glisser sur le vol convoité, grâce au billet électronique et aux bornes d’enregistrement. Loué soit celui qui les a inventé et tant pis pour les postes supprimés. Dans mon métier, gagner une heure de plus à passer en famille rend cynique.
Le vol est annoncé retardé, sans plus de précisions. Dans mon euphorie je n’y prête pas plus d’attention que cela.
 
Le contrôle de sécurité est un test de dextérité, conçu pour les mutants à six bras. Déballer vos liquides, votre ordinateur, quitter manteau et veste, vider les poches, tout poser dans un plateau à porter en plus de vos bagages en tendant le billet à l’agent, sans rien faire tomber ni retarder la file est un défi. Si.
 
Nous noterons ici le manque évident de bon sens quant à l’organisation, voire une pratique sciemment mesquine destinée à chicaner ceux qui ont les moyens et/ou l’obligation de prendre l’avion. Dans mon métier, il faut envisager toutes les solutions.
 
Quand enfin je suis dans le hall, l’ampleur du retard apparaît : embarquement du vol de 17:25 estimé à 17:40. Les initiés savent que dans ces cas-là les estimations sont systématiquement optimistes.
 
C’est durant cette attente et après quelques coups de fil que je me souviens du passage dans « Lean Thinking » de Womack et Jones à propos du « self-sorting human cargo », où l’un des auteurs faisant la même expérience aéroportuaire, assimilait le flux des passagers à un flux de marchandises dans un processus industriel. (cliquez ici pour en savoir plus sur le lean)
 
J’étais bien l’une de ces marchandises humaines, cherchant par elle-même son chemin en dépensant une énergie considérable en course folle, pour finalement attendre bêtement que le processus suivant soit prêt à la prendre en charge. Pur gaspillage.
 
J’en vins à me demander si les pièces à livrer en juste à temps sur une ligne d’assemblage sont stressées ? Angoissent-elles à l’idée de rater leur rendez-vous ? Dans mon métier, on élabore toutes sortes de théories.
 
Je passe les péripéties d’embarquement, l’impossibilité d’afficher les numéros de sièges sur l’écran, la voix inaudible de l’hôtesse dans un micro en grève et le chaos d’une foule inquiète de ne pouvoir caser ses nombreux bagages uniques.
Je tairai les présentoirs à journaux vides et la passerelle sale, un vol banal et à Strasbourg comme à Orly l’impossibilité de trouver le personnel pour accoster la passerelle à l’avion. Dans mon métier, on est toujours pressé et on attend beaucoup.
 
Lorsqu’enfin dans ma voiture en route pour ma famille, je vois le vol suivant atterrir. Ce jour là j’ai gagné 15 minutes en prenant un vol une heure avant.
Ce jour là, c’était mon anniversaire.
 

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Published by Christian HOHMANN - dans Billet d'humeur
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