15 avril 2007
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A force de bannir le chronométrage et les études de postes des ateliers, les industriels ont perdu ces compétences ainsi que l’opportunité d’exploiter les potentiels de progrès qu’ils recèlent.
Cela fait des décennies que l’usage du chronomètre en atelier est décrié par les exécutants et les représentants syndicaux. Symbole à la fois du contrôle hiérarchique et de la scission entre penseurs du travail et ceux qui l’exécutent, le chronomètre stigmatise le carcan dans lequel les excès du taylorisme ont enfermé l’exécutant.
L’extrême morcellement et la répétitivité des gestes et des tâches rendent le travail au poste certes efficient, hyper spécialisé, mais le vident également de tout intérêt.
Depuis des années, cette approche réductrice se heurte aux aspirations et au niveau d’éducation croissant des personnels, qui cherchent à faire valoir d’autres talents que de répéter les tâches monotones. Ce phénomène s’est accentué avec l’arrivée de la génération Y, celle qui se caractérise par sa rupture avec la « valeur travail » et sa recherche d’une vie en-dehors du travail, ce dernier n’étant plus que le moyen d’assumer financièrement les loisirs notamment.
Parallèlement à cela, les industriels se sont concentrés depuis les années 80 sur l’étude des flux, recelant de gros potentiels d’amélioration de performances et de réduction des stocks. Au fil du temps, les spécialistes des études de postes des services Méthodes se sont logiquement transformés en spécialistes des flux.
Leurs travaux ont amélioré très sensiblement les performances des processus et réduit les stocks.
Une fois ces gains engrangés, il faut trouver d’autres potentiels d’amélioration pour progresser encore. L’observation de l’exécution du travail montre que la gestuelle, l’implantation des postes et les déplacements qui ont été transformés et souvent négligés par les travaux sur les flux méritent une révision.
Ceci non seulement pour améliorer la performance, mais aussi l’ergonomie, réduire la fatigue, les risques de troubles musculo-squelettiques (TMS).
Par ailleurs, la tension des flux et la réduction des encours rendent les processus plus sensibles à toute variation et à tout aléa. Pour réduire les causes de variabilités, il faut standardiser l’exécution du travail et se tenir strictement au standard.
Or pour réviser les gestes et standardiser le travail, il faut étudier finement les tâches et l’agencement des postes de travail. Cela requiert des compétences qui ont été perdues…
Les anciens Méthodistes qui avaient le savoir-faire sont partis à la retraite ou ne vont pas tarder à le faire, sans que leur expérience ait été capturée et transmise.
Pour remédier à cela, les spécialistes des études de postes sont à nouveau en forte demande, notamment dans l’industrie automobile.
Si le chronomètre reste un instrument mal perçu dans les ateliers, il existe des méthodes prédictives et l’aide de la vidéo qui permet de travailler de manière participative avec les exécutants pour améliorer gestes et poste.




Carl 15/04/2007
VIDAL Jean-Baptiste 16/04/2007
Rémi Boudreault 18/04/2007
Bertrand Chauveau 27/09/2007
Olivier 28/09/2007