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Dans le contexte de concurrence globale et exacerbée, l’amélioration continue est une impérieuse nécessité pour toute entreprise soucieuse de sa survie.
Fort de ce postulat, nombre d’entreprises ont décrété le déploiement du Kaizen, l’amélioration continue à petits pas et participative, selon le modèle japonais.
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Pour celles et ceux qui ignoreraient encore ce mot japonais entré dans le langage courant de l’industrie, Kaizen (en japonais) signifie amélioration. « Kaizen » désigne une démarche d’amélioration continue.
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Las, ce qui fonctionne au Japon peine à fonctionner en occident, alimentant le discours des « je-vous-l’avais-dit » et autres « c’est dans leur culture ».
Ces derniers n’ont pas tort, tout en n’ayant que partiellement raison.
La recherche des causes des succès japonais (années 80-90) a été menée avec un biais ; la volonté de découvrir LA recette à suivre, le copier-coller qui permettrait aux entreprises occidentales de se remettre rapidement à niveau et de contrer la menace nipponne.
On en a donc rapporté que ce que l’on a voulu trouver : des outils et des méthodes. Leur mise en œuvre a démontré leur efficacité, prolongeant un temps l’illusion de la découverte des fameux secrets de l’excellence.
Or les améliorations ont rapidement stagnées au niveau des premiers progrès, quand bien même ceux-ci étaient significatifs.
L’amélioration continue, prise en charge et maintenue de manière autonome par les opérateurs, ne fonctionne toujours pas dans la plupart des entreprises.
Décréter le Kaizen et en invoquer l’esprit n’a visiblement pas suffit à provoquer l’auto-allumage. Même si les conditions nécessaires sont réunies (temps alloué à ces activités, budget, consentement de la hiérarchie, encouragements, etc.), s’il n’y a pas une animation formelle, un « atelier de travaux dirigés », rien ne se passe.
Pourquoi ?
Le kaizen (original) relève à la fois et peut-être davantage d’un mode de pensée que de la boite à outils et de méthodes.
Sans la conviction individuelle que tout est améliorable et doit être amélioré en permanence, que le maintien d’une situation n’est pas satisfaisant, il n’y aura pas les inducteurs nécessaires à l’auto-allumage et à l’auto-entretien d’une démarche autonome d’amélioration continue.
Les outils et méthodes sont certes nécessaires pour transformer l’intention en réalité, mais pris isolément ils ne constituent qu’un savoir opérationnel et des potentialités de gains. Savoir employer un outil mais ne pas savoir pourquoi et pour quoi l’employer est somme toute d’une utilité limitée.
Le chaînon manquant du Kaizen est donc ce mode de pensée, cette disposition d’esprit ou cette culture qui pousse à toujours chercher l’amélioration.
Comment développer l’esprit Kaizen ?
Avant déploiement de l’amélioration continue, le concept de Kaizen en tant que tel est encore inconnu. Bien que simple, on n’y a pas encore pensé ou on n’a jamais vraiment essayé. Après la phase d’initiation, il est courant que l’on maîtrise mal et que l’on n’applique pas suffisamment. Il est fréquent que les chantiers Kaizen soient décidés par la hiérarchie, les opérateurs font « sur ordre ». Sans la pression hiérarchique, rien ne se passe.
Il est nécessaire de passer au-delà de cette étape pour arriver à une bonne maîtrise des principes et une application permanente sans la pression hiérarchique.
La plupart des individus n’étant pas « génétiquement programmés » pour penser Kaizen, il est nécessaire de les éduquer, de démontrer par l’exemplarité et de rappeler inlassablement la nécessité et les bénéfices de l’amélioration continue.
La démonstration et la remise en perspective des gains obtenus sont indispensables pour crédibiliser la démarche puis stimuler la persévérance.
L’adulte a besoin de sens. Il ne se mobilise fortement et durablement que s’il perçoit la finalité de ce qui lui est proposé et plus encore s’il perçoit les bénéfices personnels qu’il peut en tirer ; amélioration des conditions de travail, enrichissement des tâches, réduction des efforts, etc.
L’esprit Kaizen est durablement installé lorsque l’on maîtrise parfaitement les outils et que l’on pratique l’amélioration sans même plus y penser. Cela est devenu naturel, le Kaizen est passé dans la culture.
Vos commentaires et témoignages sont bienvenus.
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