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  • : Extension interactive de mon site personnel, ce Blog rassemble une sélection d'articles dont des billets d'humeur. Bonne Lecture Christian HOHMANN http://christian.hohmann.free.fr
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Qu’est-ce qu’un billet d’humeur ?
 
En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y compris dans son aspect le plus subjectif.
 
Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.
Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.

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26 décembre 2007 3 26 /12 /décembre /2007 15:27
Dois-je y voir la vengeance des cheminots après mon billet «  train-train » ? La dernière grève surprise d’Air France m’a conduit à me tasser tout petit dans mon fauteuil TGV et à méditer sur la fragilité de mes solutions logistiques et accessoirement de mes certitudes.
 
Nous sommes le 20 décembre 2007 et je dois prendre un avion à 12 :30 pour Lyon.
J’arrive bien à l’avance à l’aéroport, pour y trouver une foule inattendue en attente anxieuse devant les écrans d’information.
Mouvement social du personnel au sol.
Mon vol semble maintenu, je m’acquitte donc des diverses formalités de contrôle, notamment de « sécurité » ("mort de rire", ajouteraient les plus jeunes).
Après une attente qui déborde l’heure d’embarquement prévue, nous sommes autorisés à monter dans l’appareil.
Et à y patienter une heure, le temps nécessaire d’obtenir un nouveau créneau d’envol.
Le vol se passe à peu près bien et j’arrive juste à temps (héhé, peut-on y croire ?!) à mon rendez-vous.
 
Jusque là, c’est relativement ordinaire. Les abonnés des lignes aériennes vivent cela régulièrement.
La tentative de retour est moins classique.
Mon rendez-vous terminé, je retourne à l’aéroport de Lyon pour m’assurer mon vol retour, si possible prendre le précédent.
(Ô naïf passager, n'as-tu donc rien compris à l'avertissement de l'aller ?)
J’y constate le glissement progressif, mais constant de l’heure du vol jusqu’au moment où un employé de la compagnie au crin blanc, symbole de son autorité et de son expérience, est commis pour nous annoncer la désagréable nouvelle devant les hôtesses tortillonantes d’appréhension : vol annulé.
 
Le troupeau docile des passagers se mue instantanément en horde sauvage et encercle le comptoir, prêt à sabrer le sage et ses assistantes à coup de téléphone portable, d’ordinateur, de sac à main ou tout autre objet non dangereux autorisé en avion.
Les hôtesses se plaquent contre les cloisons et s’apprêtent à défendre leurs dignités avec les antennes de leurs walkies-talkies ou des bâtons de rouge à lèvres.
 
Malgré les menaces, les quelques places disponibles sur le vol suivant sont réservées aux « gros contributeurs », ayant des cartes super platines méga gold avec 650 vols annuels au moins, les autres va-nu-pieds, y compris abonnés sont priés de se débrouiller par leurs propres moyens.
L’homme aux cheveux d’argent laisse aller sa bonté jusqu’à nous indiquer un TGV pour Paris, qui part de la gare jouxtant l’aéroport moins de vingt minutes plus tard. Des billets attendent les naufragés involontaires au « guichet bagages ».
 
Ce qui se révèlera être une manœuvre de diversion et une double vengeance envers les passagers irascibles autant qu’envers ses collègues dans un même message fonctionne à merveille : mouvement d’assaut massif en direction du guichet bagages, le temps presse.
Le collègue en question et ses hôtesses voient la vague humaine déferler et vociférer.
Ils ne sont au courant de rien et le premier en rit encore.
 
Là, la horde se scinde entre les « fatalistes rationnels » qui se mettent spontanément en route pour la gare, les « perdus affolés » que la panique cloue sur place et les « analystes synthétiques » qui suivent les fatalistes rationnels qui connaissent le chemin de la gare. Je suis donc mes poissons (ou pigeons ?) pilotes vers le TGV. Nous arrivons à acheter nos billets aux automates, dont la lenteur d’exécution nous apparaît de manière plus évidente qu’à l’ordinaire et sautons avec nos réservations « selon places disponibles » dans un train déjà bondé.
 
La précision « selon places disponibles » transcrite en langage du quotidien signifie « où tu peux » si vous êtes malingre, maladif ou timide ou « où tu veux » si vous êtes grand, costaux et sans gêne. La chance ne m’a pas totalement abandonné, j’ai obtenu et pu conserver un siège en étant grand, malingre et courtois.
 
Sur les deux heures de trajet en train et les trois quart d’heure de taxi pour récupérer ma voiture à l’aéroport d’Orly, j’ai pu méditer sur ma triste condition, les vicissitudes de mon métier de rêve, ma dépendance aux transports publics et ce genre de choses.
Je suis rentré fort tard et fort fatigué, mais j’ai dormi dans mon lit.
 
Le même soir, mon collègue bavarois et mon patron normand ont passé la nuit l’un sur Lyon et l’autre à Nice avec pour tout bagage leurs mallettes ordinateur et leurs stylos comme brosse à dents.

Les cadres surpayés du privé se joignent à moi (je ne leur ais pas demandé mais j'en suis sûr) pour souhaiter aux agents des services publics de bonnes et abondantes grèves en 2008.

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Published by Christian HOHMANN - dans Billet d'humeur
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