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En cette fin d’année 2011, comme en toute fin d’année, il est d’usage d’échanger les vœux. Cette initiative sympathique à l’origine,
peut tourner au cauchemar dans les entreprises et y distrait une bonne part des ressources.
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Lean (anglais= maigre) : sans « gras », sans gaspillages.
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Le processus « cartes de vœux » s’enclenche dans les entreprises au plus tard au mois de décembre, mais vraiment au plus tard pour
les plus optimistes ou les moins structurées, et bien plus tôt dans les autres.
Les assistantes commencent par établir de longues listes de clients, de contacts, de prospects, partenaires, fournisseurs et autres
destinataires des fameux vœux de leur hiérarchie. Il s’agit de n’oublier personne, car ne pas se voir présenter les vœux est par définition un crime de lèse-majesté et tout au moins une crise
diplomatique à dénouer.
Les chefs de service passent les listes en revue, en rayent une bonne moitié et griffonnent des noms supplémentaires dont les assistantes n’ont
jamais entendu parler. A elles de trouver les coordonnées, leurs hiérarchiques étant trop occupés à des tâches à haute valeur ajoutée, parmi lesquelles la redoutable grille du Sudoku, la retouche
du vernis à ongle ou la liste des courses pour le réveillon.
Une assistante parmi les assistantes, si ce n’est l’assistante en chef ou la chargée de communication, doit choisir la carte de l’année dans
l’énorme offre qui lui est présentée.
Fera-t-on humanitaire avec les cartes des organisations caritatives ?
Ou alors cédera-t-on au Développement durable avec celles en papier kraft recyclé sur lesquelles aucune encre autre que hautement toxique n’adhère ?
Bravera-t-on la crise avec une carte luxueuse et personnalisée designée sur mesure ?
Les cartes, accompagnées de leurs enveloppes portant le nom et l’adresse de chaque destinataire sont ensuite livrées à leurs expéditeurs.
Ceux-ci font agrafer leur carte de visite pour les plus fainéants ou les plus rationnels (rayez la mention inutile), éventuellement signent sobrement, certains vont jusqu'à se fendre d’un message
personnalisé.
Cette dernière option est la plus dangereuse pour les moins rigoureux, car si dans le désordre ambiant, la carte ne retrouve pas
son enveloppe, c’est le très rigide PDG de la plus grosse société cliente qui recevra les vœux accompagnés des félicitations anticipées pour son accouchement prochain et l’acheteuse de chez Digix, tout juste mariée, un message de sympathie pour ses
« récentes pénibles épreuves»…
Ceux, qui par mesure d’économies signent sur la carte de leur chef, finiront par douter l’avoir fait et dans le doute enverront une carte de
leur côté.
Comme il y aura beaucoup de doutes et beaucoup d’oublis, il y aura beaucoup de renvois.
Dans les derniers jours de décembre, les conversations téléphoniques fourniront l’opportunité de glisser, par anticipation, l’expression des
meilleurs vœux, tout comme les e-mails.
Le soir du réveillon, les téléphones mobiles et les smartphones recevront autour de minuit les vœux par SMS et e-mails. Seuls les
plus naïfs des récipiendaires auront une pensée émue pour ces four nisseurs qui se soustraient aux plaisirs du réveillon pour honorer leur cher client
d’une attention de la sorte. Ils découvriront un jour, éventuellement, la cruelle vérité en même temps que l’existence de l’option « envoi différé ».
Probablement plus nombreux seront ceux qui traiteront leurs fournisseurs empressés de fayots carriéristes, pollueurs électroniques et autres
amabilités de ce genre, surtout ceux qui souffrants ou couche-tôt sont allés se coucher de bonne heure oubliant de mettre leur bijou technologique en mode silence.
Un petit nombre répondra, ce qui génèrera les effets symétriques (relisez les paragraphes précédent en remplaçant client par fournisseur et
inversement).
A la reprise du travail, les vœux formulés dans les e-mails et lors des coups de fil fourniront une entrée en matière de
circonstance, indépendamment de ceux déjà envoyés au même correspond ant. Ceci sera répété lors des poignées de mains, si une rencontre se produit dans
le premier mois de l’année.
Ainsi, chaque destinataire reçoit les vœux du même expéditeur, par en moyenne trois
cartes, un SMS, deux e-mails, trois coups de
téléphone et une poignée de main.
Si avec tout cela son année n’est pas bonne…
Meilleurs voeux.
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