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Qu’est-ce qu’un billet d’humeur ?
 
En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y compris dans son aspect le plus subjectif.
 
Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.
Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 21:53

Le lundi matin est un moment difficile pour nombre de personnes qui doivent s’arracher à la douce quiétude du week-end pour se jeter dans une nouvelle semaine de travail.

Si la motivation pouvait se prendre en pilules, sa consommation connaitrait certainement un pic le lundi matin.


Ce lundi matin, je prends le TGV de bonne heure. A peine partis, les haut-parleurs nous informent de l’ouverture du bar, « pour notre confort ».

Je me rends au bar et trouve le barman, gobelet de café en main, faisant la conversation avec une contrôleuse plutôt mignonne.

Je dois être le tout premier et seul client. Je m’excuse avec malice d’interrompre leur moment d’intimité, mais le haut-parleur vient de m’en donner la permission, voire de m’inciter à le faire.

Le barman daigne délaisser temporairement son auditrice et me faire couler un café, tout en démarrant une longue complainte sur la dureté de son travail, sur un ton de plaisanterie qui masque mal la sincérité du ressenti.

Je cherche du regard l’habituel achalandage de produits et les voit dans un carton derrière le bar. Visiblement la conversation avec la contrôleuse prime la préparation du bar.

Je demande s’il y a des pains aux raisins.

« Ciel ! j’ai déjà eu assez de mal à avoir ça ! » me répond le barman en me mettant sous le nez un carton dans lequel glissent des croissants et pains au chocolat sur leur film d’huile.

Je préfère des biscuits que je prends moi-même dans l’autre carton en précisant que compatissant, j’allège sa peine en me servant moi-même.

« J’aime que les clients se servent eux-mêmes, je suis pour les self-services ! » répond le barman sur un ton théâtral, avant de se plaindre des radins d’exploitants qui ne consentent à investir dans des lecteurs code à barres, ce qui faciliterait son travail.

Je rappelle qu’à ce moment-là il y a très exactement un seul client, qui de plus fait lui-même une partie du travail.

La litanie sur les affres du métier de barman en TGV n’empêche nullement de mettre le couvercle du gobelet de café de travers, avant de s'en retourner voir la belle de plus près et lui parler de son dernier séjour dans les pays exotiques. Le client que je suis se débrouillera bien tout seul avec son gobelet.

Je corrige donc moi-même le couvercle du café, bien plus par soucis de ne pas me tâcher que par empathie avec le forçat du bar et m’en retourne à ma place, me disant que certains individus méritent réellement d’être remplacés par des automates.

Quelques temps après arrive la mignonne contrôleuse à qui je ferais bien un brin de causette.

Mon incompétence en matière de badinage limite celle-ci à la question : « avez-vous compati aux malheurs du barman ? » Elle sourit d’un air moqueur, preuve que non, elle ne se solidarise pas et n’était le café offert elle n’aurait probablement pas perdu son temps à écouter sa complainte.

Ne pouvant m’en empêcher, je lui signale que la vitre externe par laquelle je regarde passer les vaches est fendillée en plusieurs endroits.

« Ce n’est pas grave, rassurez-vous.

- je pensais que vous pourriez le signaler à la maintenance…

- ils sont au courant ! » dit-elle en s’éloignant avec son plus bel air signifiant « lâche-moi-la-grappe-c’est-pas- mon-problème-et-ch’suis-pas-payée-pour-çà ».

J’avoue que pour la drague le sujet est nul, mais mon propos était réellement de signaler un problème potentiel.

Je suis déçu. Un client qui fait part d’un point d’amélioration pourrait s’entendre répondre autre chose, même si la contrôleuse n’en pense pas moins.

C’est le barman qui l’a contaminée !

Ou alors elle est victime du blues du lundi matin.

La motivation ne prend pas le TGV.

Elle arrive à pieds.

Le mardi au plus tôt.


 

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Published by Christian HOHMANN - dans Billet d'humeur
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