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Qu’est-ce qu’un billet d’humeur ?
 
En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y compris dans son aspect le plus subjectif.
 
Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.
Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.

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30 novembre 2012 5 30 /11 /novembre /2012 01:42

Au moment le plus chaud du débat sur le choc de compétitivité (octobre-novembre 2012), j’ai pu lire dans une interview d’un industriel la recommandation au gouvernement d’utiliser les principes du Lean Management pour réaliser des économies sur le budget de l’Etat.

La suggestion fait du sens, mais sous conditions.


La suggestion en question porte sur les économies et l’évitement de gaspillages, qui sont un des fondements du Lean. L’identification et les efforts d’éradication des sept types de gâchis « traditionnels » (muda) :

  • consommer plus de ressources que nécessaire
  • les tâches et opérations inutiles
  • les temps d’attentes
  • les stocks surabondants
  • les transports
  • les déplacements inutiles
  • les défauts qualité

ont largement démontrés leur excellent retour sur investissement dans nombre d’entreprises et même certaines administrations.

Sauf que cette définition « Lean = chasse aux gaspillages » est réductrice et cause potentielle de malentendus. Le risque à terme est de constater que les excellents résultats se révèlent peu durables et finissent par générer des frustrations.

D’abord parce que les gains de performance et les économies ne sont qu’une conséquence de la transformation du mode d’appréhension des opérations, ensuite parce que les économies potentielles sont nécessairement limitées, alors que l’augmentation des recettes par la croissance est un levier généralement plus puissant.

Le premier principe du Lean commande d’identifier ce qui fait de la valeur aux yeux des clients, dans notre cas les citoyens.

Le plus petit dénominateur commun à toutes les attentes citoyennes peut probablement se résumer à « bénéficier d’un environnement sécurisé et propice à l’épanouissement ». L’épanouissement est à comprendre tant sur le plan personnel et individuel que la prospérité et le développement des entreprises.

Il serait illusoire d’attendre d’un gouvernement qu’il règle tous les problèmes du quotidien, mais il suffit qu’il produise le terreau fertile et l’écosystème adéquat pour que les initiatives (commerciales ou associatives), les investissements et les créations d’entreprises se multiplient, multipliant par là même les recettes fiscales raisonnables qu’un état est en droit d’attendre en retour.

Pour cela, un autre commandement du Lean rappelle qu’il faut privilégier la vision à long terme, au détriment des objectifs à court terme. Pour dégager la visibilité sur un horizon lointain et inspirer confiance, il faut réduire un des pires destructeur de performance : la variabilité. (mura)

Or l’horizon politique est borné par les diverses échéances électorales et des objectifs à court terme le plus souvent dictés par les sondages d’opinion.

Quelles perspectives restent offertes aux entrepreneurs et aux investisseurs ?

Des réglementations sans cesse changeantes, l’inconstance des politiques fiscales, des messages contradictoires, des incitations et soutiens fugaces, des revirements et retournements.

Rien qui ne forme le nécessaire écosystème sûr et pérenne qui permette aux forces vives de se concentrer sur la création de valeur.

Au contraire, il s’agit d’un environnement menaçant, qui nécessite une veille et des ajustements permanents, sources de gaspillages insensés de ressources précieuses.

La juste mesure est un autre fondement du Lean Management, consistant à éviter les excès et disproportions (muri). En la matière, qu’est offert aux entrepreneurs et investisseurs ?

Une surabondance de règles et de lois, l’obligation d’établir de multiples rapports à diverses administrations, parfois de manière redondante, la complexité croissante des procédures, des taxations et des ponctions excessives, anti-compétitives et dissuasives, quand bien même les politiciens ne veulent pas le reconnaitre.

En attendant une profonde remise en question, les perspectives offertes aux entrepreneurs sont équivalentes à inviter un athlète à participer à une course dont le parcours et les règles seront modifiés durant l’épreuve et qui se verra autoritairement handicapé par diverses charges qui lui seront aléatoirement collées sur le dos.



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Published by Christian HOHMANN - dans Lean
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commentaires

Jeff 30/11/2012 18:26


Une petite remarque cher Christian... le Lean n'est ni de droite, ni de gauche, ni vert, ni rouge...


Donc, quand tu évoques la variabilité ou le problème du long terme, en fait, cela n'existe pas ! Quel que soit le gouvernement, il devrait penser Lean !


La seule problématique là dedans, c'est l'homme et sa soif de pouvoir. Et tout le reste ne l'intéresse pas. Enfin, au niveau politique...


Il faudrait de plus contourner l'obstacle syndical du "toujours plus". C'est un bon challenge pour un excellent consultant.... 


Attaquez de suite ! Il va te falloir du temps !