Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Christian HOHMANN
  • Christian HOHMANN
  • : Extension interactive de mon site personnel, ce Blog rassemble une sélection d'articles dont des billets d'humeur. Bonne Lecture Christian HOHMANN http://christian.hohmann.free.fr
  • Contact

  • Christian HOHMANN
  • .

Publications

lean_management_small.jpg

livre5S_sml-copie-1.jpg

Recherche

Définition

Qu’est-ce qu’un billet d’humeur ?
 
En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y compris dans son aspect le plus subjectif.
 
Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.
Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.

Ecrire un commentaire

Pour écrire un commentaire sur un article, veuillez cliquer le lien qui se situe tout à la fin de l'article.

27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 10:22

 

Ce billet est directement inspiré par celui rédigé par Anna Wells, éditrice pour Manufacturing Business Technology intitulé « Pouring Your Efforts Down The Drain »

 

Anna explique ses déconvenues avec une recette de cuisine de sa mère. L’analyse de son échec révèle qu’elle a sciemment introduit des changements pensant ainsi gagner du temps et changé des ingrédients en fonction de ses stocks et de ses préférences (limitation des graisses).

 

Ce n’est pas, analyse-t-elle, la recherche d’efficience qui est en cause, mais son inaptitude à identifier les étapes clés de la recette (le roux farine-beurre en l’occurrence).

Tous ses efforts pour rattraper la recette ont finis par passer le siphon de l’évier en direction des égouts.

 

C’est pareil avec une transformation Lean conclue-t-elle, il vaut mieux avoir un plan (une recette) plutôt que d’improviser un petit coup par ci et une ajouter une pincée d’efforts par là.

 

Je rebondis sur cet exemple et tente de le compléter.

 

La lecture d’un livre de cuisine ne suffit pas à transformer le lecteur en grand chef, pas même en cuisinier.

Les recettes d’un tel livre indiquent en général :

  • * une liste des ingrédients (la nomenclature),
  • * une séquence ordonnée de tâches (la macro gamme)
  • * un conseil sur un point spécifique (point d’alerte, instruction spécifique)

 

Les recettes sont synthétiques et sont fondées sur l’hypothèse que le lecteur dispose de connaissances de bases et se satisfait d’instructions limitées aux grandes lignes. « Lever les filets » est une opération qui est rarement explicitement documentée, par exemple.

 

Ainsi, tout ce qui fait le tour de main et l’expérience de l’auteur est rarement contenu dans la recette. Ceci explique en partie au moins les déboires des lecteurs qui s’essayent à sa réalisation.

 

Transposé dans le contexte de l’entreprise, les mêmes causes expliquent des effets similaires ; une partie des déboires des chefs de projets désignés ou improvisés s’expliquent par le lancement dans un chantier avec pour tout bagage la documentation ramassée çà et là ou la lecture d’un livre traitant du sujet.

 

L’expérimentation est une bonne chose en soi, elle fait partie du processus d’apprentissage. A condition d’analyser et identifier les causes des échecs et d’en tirer les leçons pour ne pas les reproduire.

 

Cependant, dans le contexte professionnel, les opportunités d’expérimentation se raréfient ; il faut des résultats rapides et la pression concurrentielle exige de « faire bon du premier coup ». L’expérimentation qui mène à un échec est considérée (partiellement à tort) comme du gaspillage.

Les efforts ne peuvent donc pas finir aux égouts.

 

Dans le cadre de certains projets, le recours à des experts externes est alors une solution intéressante, au moins pour assurer l’amorce de mise en œuvre et jeter les fondations solides sur lesquelles les équipes internes pourront bâtir.

 

Or voilà que par parti pris, par soucis d’économie et par caprice quelque fois, des décideurs imposent des choix, une approche ou des coupes dans le programme proposé. Même prévenus que ce faisant, ils risquaient de perdre une grande partie des bénéfices attendus, ils se comportent presque comme Anna, sauf que dans ce cas, ils vont en cuisine donner des directives au chef.

 

Chef qu’ils ne manqueront pas de traiter d’incompétent lorsque l’infâme soupe finira aux égouts.

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Christian HOHMANN - dans Billet d'humeur
commenter cet article

commentaires

Pierre 04/09/2012 15:22


Bonjour Christian,


Je me suis retrouvé complètement dans la lecture de ce billet.


Actuellement en apprentissage, je me suis vu échouer sur une mission confiée pour les mêmes raison (entre autres) invoquées ci-dessus. Les dirigeants et demandeurs de ce projet se sont
contentés de me donner les outils nécessaires ainsi qu'une demarche grossière (situation actuelle/voulue & cheminement). Les instructions m'ont parues claires et évidentes mais il est vrai
qu'une fois sur le terrain il en était tout autre.


Ce billet me conforte dans l'idée que je ne suis pas seul fautif dans cette affaire et que l'on n'apprendra jamais mieux qu'en faisant soi-même, accompagné ou non (fonction des délais,
enjeux, contexte...). 


C'est en forgeant...


 


Pierre