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  • : Extension interactive de mon site personnel, ce Blog rassemble une sélection d'articles dont des billets d'humeur. Bonne Lecture Christian HOHMANN http://christian.hohmann.free.fr
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Qu’est-ce qu’un billet d’humeur ?
 
En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y compris dans son aspect le plus subjectif.
 
Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.
Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 07:11

 

La très grande capacité d’adaptation de l’humain à son environnement permet à des employés de s’accommoder de conditions de travail dégradées, effarante pour toute personne sensible à l’hygiène, la sécurité, l’ordre, au rangement et à la propreté.

 

C’est ainsi que je m’étonne régulièrement à la vue d’ouvriers prenant leur poste dans des vêtements de travail déjà sales, préférant poser leur sac personnel sur un sol gras et noir de crasse plutôt que dans leur casier au vestiaire et s’affairent sur des machines en piteux état. Ce n’est d’ailleurs pas propre à la gent masculine, les quelques dames œuvrant dans les mêmes milieux se comportent de la même façon.

 

Cet environnement et ces conditions leurs sont devenues familières. Ils ont depuis longtemps associé « travail » avec « saleté ». En l’absence d’autres références et au fil du temps, la saleté de leur environnement, sa dégradation et sa dangerosité sont devenus des éléments normaux de leur décor professionnel.

 

Ne pouvant imaginer qu’ils acceptent les mêmes conditions dans leur cadre de vie privée, je suppose qu’ils cloisonnent strictement leurs univers ;

Travail = sale et dangereux

Maison = proprette et agréable

 

Le plus étonnant est que l’on puisse fabriquer des produits avec le niveau de qualité requis dans de telles conditions. Il est vrai que cette qualité s’obtient le plus souvent au prix de contrôles, d’un filtrage préalable des produits défectueux, leur retouche ou leur remplacement. Si ce n’est le produit que l’on retouche, c’est le procédé qu’il faut « nettoyer », vidanger, recaler fréquemment, etc.

 

Curieusement, suggérer que l’on pourrait mieux faire, travailler dans un environnement propre, rangé et sécurisé, apte à un travail efficient et de qualité se heurte à l’incompréhension des personnels.

 

« Pourquoi donc ? Nous avons toujours fait comme ça ! »

 

Les efforts de démonstration rationnelle des bénéfices d’un environnement de travail 5S se heurte à la rationalité limitée des individus ; Un travail bien fait dans un environnement propre n’est pas (immédiatement) concevable.

 

Ainsi, en l’absence de connaissances sur une méthode telle que les 5S, de ses bénéfices et des exemples de succès dans d’autres entreprises, services ou ateliers, l’information forcément « limitée et inédite » selon laquelle on pourrait mieux faire se heurte d’abord à l’incrédulité.

 

Le changement suggéré est décodé de manière réflexe comme porteur de risque, ce qui amène de manière tout aussi réflexe à refuser dans un premier temps le changement, ouvertement ou non.

 

La justification de ce refus peut se trouver dans le système de valeurs/culture de l’intéressé(e). Il peut considérer que la dimension valorisante du travail ouvrier (du travail en général ?) est désormais perçue comme suffisamment faible pour que l’acceptation de tâches annexes - perçues comme encore moins nobles, telles que nettoyer, tenir propre, etc. – semble en dégrader encore la valeur d’estime.

Alors pas question de nettoyer.

 

D’autant que, argument souvent entendu ; le nettoyage est du ressort d’une société spécialisée ou la variante domestique ; « chez moi, c’est ma femme qui fait le ménage », comprenez « ces tâches sont indignes de mon statut » (d’employé, d’homme, de mari, etc.).

 

Il ressort de ces constats que les deux premiers obstacles au déploiement des 5S soient la « normalité » de la situation quelque soit sa dégradation et le manque d’appropriation d’un environnement dans lequel on n’est que de passage.

 

Or ce deuxième constat ne peut influencer que de manière marginale, l’atelier, la remise ou le garage dont les messieurs font leur univers personnel ne sont pas forcément mieux tenus.

 

A vous lire.

 

 


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Published by Christian HOHMANN - dans 5S et Management Visuel
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PAOLI 07/11/2010 15:24



Une petite séance de surf sur Internet m'amène à redécouvrir les pages Internet de Christian Hohmann qui ont tant alimenté ma
réflexion en particulier lors de mes débuts dans le LEAN.


 


Je profite de cet échange sur le 5S pour partager mes questionnements:


 


- J'avais compris, il y a quelques années donc, que la démarche 5S permettait de remobiliser l'organisation en faisant l'expérience
d'une première initiative à portée immédiate (contrairement à d'autres initiatives lancées et abandonnées);


- J'ai aussi lu le témoignage de ceux qui ont été formés directement par Toyota comme fournisseurs (c'est le cas de Freddy Ballé par
exemple), qui disait qu'ils avaient pratiqué le 5S pendant un long moment (plusieurs années) avant de passer à autre chose. Le 5S semblait être comme la phase d'entraînement à une première forme
de standardisation et de discipline acceptée.


- J'ai accepté de conduire un chantier Mega-chantier 5S concernant plus de 500 employés hors Production, ce qui a donné des résultats
visuels impressionnants, mais qui m'a valu une étiquette de Monsieur Propre parfois difficile à porter.


- J'ai entendu ce même souci (étiquette réductrice) de la part de chef de projet LEAN dans les services (assurance) lors d'une récente
conférence de partage des pratiques.


 


Je suis donc à la recherche de vos propres conclusions concernant les questions suivantes:


 


- Dans quels cas le 5S fait-il parti des premiers chantiers à mettre en œuvre (secteurs, problématiques, niveaux de
formation…)?


- Dans quels cas le 5S doit-il être un programme en soi et dans quels cas doit-il se faire uniquement au travers des chantiers
Kaizen?


 


Merci de vos commentaires – Gustave PAOLI



Eric Humbert 05/11/2010 16:38



Après un essai en demi-teinte, j'ai essayer de retourner le problème...


Plûtôt que de faire du 5S n'ayant pas forcément un impact immédiat sur l'opérateur ("qu'est-ce que j'y gagne"), nous avons entrepris des chantiers SMED qui, forcément, ont engendré un besoin
naturel de faire du 5S.


Cette fois-ci, l'opérateur est le demandeur. Il s'aproprie naturellement plus facilement le concept. Plus encore, étant donné qu'il fallait faire du smed sur ce poste là, il
était donc inutile d'y faire du 5S avant.


En quelque sorte, nous avons fait un 5S sur le 5S...



Nicolas PERPERE 03/11/2010 09:01



J'ai un ami dont le bureau est en permanence un foutoir innommable. Pourtant, certaines choses qu’il fait par ailleurs sont extrêmement structurées et rangées (dans son travail et dans ses
loisirs). Il se trouve que cet ami aime son métier, mais pas la partie administrative de ce métier (qu’il fait à son bureau).


Le problème de fond me semble être un rejet de l’activité en question (la preuve, c’est sale : autojustification du rejet, que ça soit le travail ou l’entretien de la tondeuse parce que l’on
n’aime pas tondre). Le problème de fond reste alors comment faire en sorte que la personne s’approprie réellement ce travail et le poste qui va avec quand tout, autour de lui, crie que le
travail est "mauvais" ?



guy stocker 03/11/2010 08:58



Bonjour,


Cela est très clair et effectivement une situation classique pour ne pas dire habituelle.


Cependant dans vos explications vous ne parlez pas du processus de deuil: On me propose de quitter une situation connue (donc confortable) pour une situation nouvelle que je ne connais pas (donc
comportant des risques). Pour accepter cette nouvelle situation, il est indispensable que je prenne d'abord conscience que la situation  actuelle n'est pas si confortable que cela....


En cela les présentations de lancement des chantiers 5S par exemple doivent se faire avec beaucoup de tact, de vigileance et tenir compte de ce processus....


A vous lire


Guy Stocker