Présentation

Recommander

Texte libre

Billet d'humeur

Mercredi 30 août 2006

La vente de prestations intellectuelles, de conseil, n’est plus ce qu’elle était. Mes aînés, plus anciens dans le métier, le répètent volontiers.

En des temps pas si reculés que cela, dit la légende, il suffisait au commercial d’accrocher l’oreille du décideur, traditionnel « patron », véritable personnage emblématique, capitaine d’industrie, volontaire et pourquoi pas autoritaire, de proposer de solides références et un programme aussi prometteur qu’alléchant pour que l’affaire puisse se faire.

On parlait ouvertement de projets ambitieux, de grosses sommes, de missions longues. Il s’en suivait de vrais gros projets, portés par un visionnaire et menés avec rythme par des équipes souvent multidisciplinaires.

La conjoncture, le management participatif et la valse des générations ont eu raison de ce mode de fonctionnement simple et efficient.

Aujourd’hui, pour vendre la moindre mission, il faut :

* multiplier les rencontres, les propositions écrites, argumentées et accompagnées de références sérieuses, qui non seulement doivent être significatives aux yeux de votre suspicieux prospect, mais aussi prêtes à témoigner en votre faveur et disposées à ouvrir leur intimité à vos prospects friands de visites de benchmarking gratuites,

* convaincre une ribambelle de « responsables » parmi lesquels on ne trouvera toutefois aucun décideur.  

Bien entendu, tout cela doit se faire dans des délais extrêmement brefs, alors que la décision du prospect sera reportée et retardée de nombreuses fois, sans le moindre complexe ni mot d’excuse.

Au cas où vous feriez affaire, même avec la plus anonyme des PME de province, interdiction formelle de divulguer quoi que ce soit ! Oubliées les exigences préalables de références, de témoignages et de visites d’entreprise. Il semblerait que la confidentialité n’est l’obsession que d’une seule entreprise, celle précisément que vous démarchez !

Les temps ont bien changés, soupirent les aînés.

Par Christian HOHMANN
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Dimanche 24 septembre 2006

On me pose fréquemment les questions "pourquoi le Kaizen ne fonctionne-t-il pas en France ?" ou "pourquoi les 5S ne sont-ils toujours pas pleinement déployés dans nos entreprises plus de 20 ans après leur introduction dans l'industrie ?".

Je ne partage pas le point de vue que le Kaizen ne fonctionne pas chez nous, je crois plutôt qu'il ne fonctionne pas chez nous comme les auteurs japonais le présentent. Les 5S peinent à se déployer et à se maintenir pour les mêmes raisons que le Kaizen ne s'inscrit pas dans la culture des entreprises ; se sont des activités de "travaux dirigés".

Si la hiérarchie ne donne pas l'impulsion, voire impose ces travaux dirigés, ils ne se maintiennent pas. On peut bien sûr étudier et discuter les causes profondes, le fait est là : peu d'entreprise arrivent à faire émerger des groupes autonomes prenant en charge ces activités, quand bien même le temps et les moyens leur sont consentis.

Lors d'un de mes voyages au Japon, un de mes mentors illustra nos différences d'approches par cette métaphore : "Votre TGV est basé sur une motrice très puissante qui tire toutes les voitures, notre Shinkansen est basé sur de petits moteurs dans toutes les voitures."

Je vous laisse réfléchir à cela.

 

 

 

 

 

Par Christian HOHMANN
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 1 octobre 2006

Cette anecdote s’est déroulée alors que je me rendais dans une concession d’une marque automobile, plutôt haut de gamme, pour prendre rendez-vous pour une révision.

Le SAV jouxte le hall d’expo, je l’ai connu mieux tenu par le passé, mais ce qui n’a pas changé c’est le manque de lisibilité de l’endroit ; on déduit qui est client et qui est employé par leur position relative aux claviers et écrans sur les bureaux, mais allez savoir où se présenter et à qui c’est le tour…

Un employé fini par me demander ce qui m’amène. Une révision. Ayant un agenda compliqué et très mouvant, je demande « êtes-vous ouvert le samedi ? »

La réponse fuse du tac au tac, avec un mélange de mépris et de hauteur : « et pourquoi pas le dimanche aussi ? ».

 

 

 

J’en suis resté bouche bée. Je gagne une bonne partie de ma vie à expliquer l’importance de la qualité de service aux entreprises et n’imaginais pas un instant que dans ce réseau prestigieux ce genre de réaction fut possible.

 

 

 

 

« Mais comment font vos clients qui ont besoin de leur voiture toute la semaine ? » insistais-je. La réponse est imprimée sur une affichette : un service voiturier peut prendre en charge votre véhicule à domicile ou au bureau et il est possible de louer un véhicule de remplacement. « Il n’y a pas assez de clients les samedis dans ce quartier » se justifie l’homme de « l’accueil ».

Ainsi se défausse-t’on d’un problème d’organisation sur les clients, qui à force de se cogner le nez à porte close les samedis ont été « éduqués » à s’organiser en fonction de la disponibilité de leur fournisseur…

Il existe donc encore des niches, dans lesquelles la valeur d’estime reste suffisante pour vendre et conserver des clients malgré de sérieux déficits de qualité produit et de service.

Combien de temps encore ?

Aller sur le portail qualité du site de l'auteur 

 

 

 

 

 

Par Christian HOHMANN
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Vendredi 13 octobre 2006
Le mieux, ennemi du bien.
 
Les achats sur Internet se développent, avec cet avantage que tout devient possible tout le temps, partout, sans bouger de chez soi. Du moins dans la théorie.
 
Madame et moi commandons sur le Net un bien qui n’est plus disponible en boutique, découvrant par la même occasion qu’une boutique virtuelle peut être mieux achalandée qu’une boutique réelle.
Il s’agit d’une grande enseigne, avec un vaste réseau. Le système est naturellement sécurisé et on peut suivre pas à pas l’évolution du traitement de la commande. Très bien.
 
Comme modalité de livraison, nous avons choisi de faire livrer à un point relais à proximité où nous retirerons notre bien. Ce choix est dicté par le bon sens, au vu de nos emplois du temps et de nos parcours quotidiens. Les instructions adéquates sont validées dans le formulaire électronique et confirmées dans l’accusé de réception qu’on nous renvoie.
 
Après quelques jours, le suivi du traitement de la commande nous informe que la commande est prête et confiée à la Poste, via une livraison en Chronopost suivi, qui nous sera livrée… à domicile ?!
 
Devant cette non-conformité flagrante, j’hésite entre exaspération face à un dysfonctionnement et la compréhension que le fournisseur cherche à nous être agréable et souhaite nous éviter un déplacement…
 
Sauf que la suite est tout à fait conforme à ce que nous redoutions et voulions éviter : le postier se présente sans trouver personne à qui laisser la livraison. Qu’à cela ne tienne, le système l’a prévu : un mot nous informe du passage et nous prévient : ne vous déplacez pas, nous reviendrons demain.
 
Soit, mais demain nous ne serons pas plus à la maison et bien sûr pas moyen de récupérer notre paquet, car le système insiste pour nous le remettre selon la procédure. Nous repasserons demain !
 
Deuxième passage du postier, deuxième billet. Cette fois nous sommes autorisés à retirer le paquet dans 24 heures au bureau de poste le plus proche.
 
Voilà déjà 72 heures de retard par rapport à la solution initialement envisagée, ainsi que deux tournées de postier inutiles.
 
C’est avec mauvaise humeur que je me rends au bureau de poste, qui doit être en sous-effectif chronique au vu de la file d’attente quelque soit le moment du jour et le jour de la semaine où l’on s’y rend…
Comme un fait exprès, c’est la première fois qu’il n’y a absolument personne avant moi, pas de file et une guichetière disponible !
C’est une expérience assez déstabilisante lorsqu’on n’y est pas préparé.
 
Je récupère le paquet, avec une faute d’orthographe dans le nom, mais ça, nous y sommes habitués. Tout y est, le client est servi.
 
La morale de cette histoire ?
 
A supposer que le non respect des instructions de livraison du client soit motivé par le désir de bien faire, celui-ci a totalement raté son objectif.
Le prestataire livreur ajoute un motif de mécontentement, bien que pensant rendre service et bien faire, en empêchant la récupération du paquet après une première présentation.
 
La conclusion est double : on illustre la problématique de la logistique du dernier kilomètre, qui n’est pas qu’un problème d’accessibilité dans les centres ville, ainsi qu’un problème de surqualité qui mécontente le client.
 
Le mieux est l’ennemi du bien…
 
Par Christian HOHMANN
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 18 novembre 2006
La satisfaction du client est inscrite dans toutes les professions de foi des entreprises, dans toutes les déclarations des directions.
 
L’industrie, grande pourvoyeuse d’outils et de méthodes, a tôt fait de se mettre à la qualité totale. La qualité des produits est de mieux en mieux maîtrisée et l’industrie automobile, la référence, qui comptait ses défauts en partie par million (ppm) est en train de passer au niveau de la partie par milliard (ppb, pour « parts per billion »). Si le panorama reste contrasté, il faut reconnaître la progression de la qualité pour les biens physiques.
 
Les employés des industries et des entreprises obsédées de qualité baignent à longueur de journée dans le discours, les contraintes et la réalité de la qualité.
Lorsque ces mêmes employés se retrouvent en position de consommateurs avertis, retrouvent-ils durant leurs achats la réalité du discours sur la qualité ?
 
Qu’en est-il pour les services ?
 
C’est dans les services particulièrement que moi-même, professionnel du conseil sur la performance, mesure le retard de la réalité sur le discours.
Que ce soit dans une boutique, un bureau, au restaurant, dans un atelier, le premier paramètre apparaissant naturellement est l’aspect et la tenue du lieu.
 
Les 5S, ces cinq principes conduisant à l’ordre, le rangement, la propreté, la rigueur et le progrès peinent encore à sortir des ateliers industriels. Pour preuve, les armoires ouvertes et les bureaux qui croulent sous des piles de documents en désordre et offrent un premier aperçu de l’aptitude de vos interlocuteurs à gérer votre dossier…
 
Les arrières de photocopieurs servent traditionnellement de réserve à des cartons de tout genre, que l’on souhaite cacher. Or les cloisons vitrées les exposent de l’autre côté à tout visiteur passant dans le couloir. L’essentiel semble être que l’occupant des lieux ne les voit pas.
 
Faites l’expérience devant les immeubles de bureaux ; levez les yeux, et admirez ce que les baies vitrées exposent comme piles de dossiers, rouleaux, calendriers et autre misère… voilà pour l’aspect.
 
L’amabilité
 
Passons charitablement sur les administrations qui doivent avoir vocation à recueillir les acariâtres et atrabilaires, entrons dans un restaurant ou une boutique. Que reste-t-il du sourire commercial lorsque vous demandez une chose non prévue comme changer de table, un emballage particulier ou une combinaison d’articles non prévue ? Osez demander un service rapide est une véritable offense, la localisation d’un article introuvable une question bien en deçà du statut de ce puits de savoirs qu’est votre théorique interlocuteur.
 
Je me souviens avoir demandé à la libraire de cette grande enseigne où était classé un livre de Fayçal Bey. Sa réponse fut « de quelle nationalité est-il ? »
Devant mon ignorance de cette donnée de base, elle dut se résoudre à interroger son ordinateur avec un soupir évocateur, avant de m’envoyer chercher par moi-même dans les linéaires.
 
Compétence
 
Combien de « conseillers » de vente ou chargées de clientèle savent répondre à une question supposant un peu plus de compétence que la seule lecture du tarif ? Mettez votre « banquier » à l’épreuve et demandez-lui la formule des intérêts composés. Son embarras sera directement proportionnel à l’ampleur du crédit que vous sollicitez.
 
La palme revient à ses équipes de bras cassés qui vous livrent du mobilier. Mon épouse a ainsi du indiquer à deux livreurs comment monter une bibliothèque, tout en leur fournissant l’outillage de base, visiblement à fournir par le client...
Je passe sur le respect des horaires, car il faut s’estimer heureux que la date au moins soit respectée.
 
Cessons là l’inventaire, la déprime du consommateur menace.
Par Christian HOHMANN
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander

Texte libre

Qu’est-ce qu’un billet d’humeur ?
 
En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y compris dans son aspect le plus subjectif.
 
Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.
Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés