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Qu’est-ce qu’un billet d’humeur ?
 
En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y compris dans son aspect le plus subjectif.
 
Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.
Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.

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7 mars 2009 6 07 /03 /mars /2009 10:37

« Embarquement terminé ».


L'avion est prêt à partir à l'heure de Paris à Toulouse en ce matin ensoleillé de février. Tous les passagers sont assis à leur place, ont rangé leurs affaires et on commencé leurs diverses activités de passagers aériens.


Le commandant fait alors une annonce signalant qu'après comptage il y a un passager en trop !


Voilà qui n'est pas banal et en ce qui me concerne, tout à fait inédit.


Le commandant ne va pas jusqu'à demander que le contrevenant se dénonce, au lieu de cela, le personnel va recontrôler les cartes d'accès à bord.


Vous imaginez le chaos qui s'ensuit.


Entre ceux qui avaient laissé la fameuse carte dans leur sac désormais dans le coffre à bagage, dont l'accès nécessite d'enjamber les voisins, leur marcher sur les pieds, se battre avec un autre passager ayant les mêmes intentions, assommer un troisième avec la chute d'objets à l'ouverture des coffres...


Celui qui nerveux en a fait des confettis et doit maintenant à quatre pattes sous les sièges rassembler de quoi prouver son bon droit d'occuper son fauteuil,


Celle qui croit l'avoir dans son sac à main, collection hétéroclite d'objets les plus curieux et les moins utiles, mais néanmoins forts nombreux à se répandre sur les genoux du voisin,


L'homme ordonné qui ouvre un portefeuille qui porte son nom très à propos, car il rassemble les cartes d'embarquement depuis 1991 et les tickets de caisse depuis plus longtemps encore, sauf que leur classement n'est pas chronologique,


Au bout de quelques minutes, un des stewards met fin à la foire en ayant découvert la passagère clandestine. Celle-ci est reconduite hors de l'avion.


J'interpelle l'un des stewards et lui demande comment avec les contrôles successifs une telle erreur est possible ?


Au lieu de répondre à ma question, il se dit choqué que l'on débarque cette passagère alors qu'il restait de la place dans l'appareil.


Je n'en crois pas mes oreilles, ce gars arborant un badge rouge signalant qu'il est dévoué à la sécurité des passagers, n'a pas compris que les contrôles à l'embarquement, y compris d'identité, n'ont pas évité que quelqu'un de non prévu sur ce vol ait pu s'y glisser et que seul le comptage, qui par chance a été correctement effectué, à démasqué !


Il aurait suffit d'un passager qui n'embarque pas pour que la substitution passe inaperçue.


Face à mon insistance pour obtenir une réponse satisfaisante, le steward me renvoie vers la chef de cabine ou le commandant. Ce que je fais à l'arrivée, lorsque le commandant salue courtoisement les passagers sortants au seuil de sa cabine.


Il reconnait le double dysfonctionnement ; erreur à l'enregistrement et non-détection à l'entrée de l'appareil, tout en précisant que le comptage ne fait plus partie des tâches des équipages, mais laisse entendre que ces derniers peu confiants dans les collègues, les maintiennent...


Je vous laisse apprécier cette inquiétante anecdote, chers frères et sœurs de misère, comme moi obligés de prendre l'avion et avant cela de subir les inconvénients, voire les vexations des contrôles à l'embarquement, auxquels nous nous sommes tous résignés au nom de la sécurité à laquelle personne ne souhaite renoncer.


Nous sommes entre de bonnes mains.




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22 février 2009 7 22 /02 /février /2009 12:29

Que les citoyens grognent, se massent et défilent est plutôt banal en France, mais la récurrence de ces manifestations de ras-le-bol, relatés avec une certaine jubilation ( ?) par les médias pourrait faire penser que 220 ans après la première, une nouvelle révolution est en train de naitre en cette année 2009.


Comment participer pacifiquement à ce moment historique s'il se produisait ?


J'opte pour la proposition d'un nouveau calendrier révolutionnaire, qui ferait passer l'usage du Grégorien (imposé par le pape Grégoire XIII) au Hohmannien.


Pour ne pas devoir recourir à des tables de conversion et perturber le cycle du lait des vaches et ce genre de choses, seuls les noms des mois seraient changés. Le reste subsisterait. Par ailleurs, la révolution étant menée par le peuple, il faut plaire au peuple.


Qu'avons nous à faire des divinités antiques ou des planètes auxquelles le nom des mois se réfèrent, nous allons les remplacer par des idoles et icônes actuelles ! Ainsi, pour plaire au peuple et accessoirement s'en protéger, les premiers nouveaux mois à placer dans le nouveau calendrier sont ceux relatifs aux congés.


En conséquence, l'assemblée révolutionnaire statuera que :


Glissembre remplacera Février et Août  sera renommé Bronzambre.

Le premier rendra hommage aux sports de glisse ou d'hiver (tant qu'il fera assez froid sur la planète pour les pratiquer), le second rappellera qu'il est temps de chercher le teint ambré que procure le bronzage, ou plus généralement qu'il est temps d'aller s'entasser sur les plages.


La révolution étant issue des grèves, il est normal qu'on leur dédie un mois.

Nous choisirons l'ancien septembre, un long mois sans jours fériés durant lequel les militants bien reposés aimaient à contester la reprise du travail, après quelques dures semaines à philosopher sur la condition humaine.

Ce nouveau mois s'appellera Gréviaire et sera le seul durant lesquelles les grèves seront autorisées.

Ainsi prévenu, le monde entier saura à quel moment la France est indisponible.


Autre mois populaire, l'ancien mai avec ses jours fériés et ses ponts sera désormais désigné sous « Pontôse » et tout jour férié tombant sur un dimanche (oui, les jours de la semaine seront conservés sinon cela devient vraiment trop compliqué), sera reporté au jour ouvré suivant.


Octobre, jadis lié aux vendanges sera nommé Vinôse, pour commémorer une ancienne boisson nationale, dont le corporatisme protectionniste et l'élitisme de ses producteurs les laissa telle une princesse décrépie, seule dans son donjon, tandis que les chevaliers servants, lassés de devoir apprendre la différence entre une première côte de Fluchy-Trémouille et un Grattepousan-Luissac ou la température de dégustation d'un Clos-de-François pour lui plaire, se détournèrent vers les princesses australes à la cuisse légère, aux étiquettes simples et au bon goût, fut-il obtenu par la macération de copeaux de bois ! (Reprenez votre souffle, la phrase était un peu longue)


Restons dans les plaisirs de la chère avec Juillet rebaptisé Grillôse, allusion faite aux grillades. S'il est vrai que ce nouveau nom sonne comme une maladie grave, il n'est pas non plus exclu que les avancées de la science démontrent une dangerosité de ce mode de « cuisson » pire encore que celle suspectée jusque là, et pas seulement à cause du mode d'allumage ou de l'apéritif qui le précède.


Il nous reste Juin, renommé Mianaire, rappelant ainsi que nous en sommes à la moitié, et Morôse qui sied au triste Novembre.


Les plaisirs reviendront en Banquetaire, l'ancien Décembre durant lequel les banquets familiaux et d'entreprise se concentrent. Le premier mois de l'année sera désormais nommé Bonanaire, pour rappeler à tous qu'il faut échanger les vœux durant les 31 premiers jours de l'année. Les tribunaux révolutionnaires sanctionneront sévèrement tout oubli.


L'ancien Mars, honorant jadis le dieu de la guerre, sera désormais un hommage à toutes les technologies qui rapprochent les humains en se renommant Ticambre (TIC = Technologies de l'Information et de la Communication).

Quant à Avril, mois durant lequel il ne fallait pas se découvrir d'un fil, deviendra Sanfil, parce qu'un nom avec Bluetooth dedans serait trop difficile à prononcer sans cracher.


En résumé :


Calendrier

Grégorien

Hohmannien

Janvier

Bonanaire

Février

Glissembre

Mars

Ticambre

Avril

Sanfil

Mai

Pontôse

Juin

Mianaire

Juillet

Grillôse

Août

Bronzambre

Septembre

Gréviaire

Octobre

Vinôse

Novembre

Morôse

Décembre

Banquetaire



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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 14:17


(tapas : ces « petits riens » que l'on grignote)



La neige


La neige est la terreur du sud de la France, qui comme chacun sait commence géographiquement dans les banlieues nord de Paris.


Tombe-t-il trois flocons que l'ile de France est instantanément paralysée alors que paradoxalement c'est la région qui fournit le plus de skieurs aux stations de sports d'hiver et les meilleurs slalomeurs sur boulevards périphériques.


Vu le chaos qu'arrive à déclencher un peu d'eau givrée, je ne serais pas étonné d'une attaque terroriste de la capitale au canon à neige. Effet garanti.


Néanmoins, des mesures énergiques sont prises !

Le matin du 12 février 2009, j'embarque à Roissy pour me rendre à Munich.

Pas un flocon à terre ni à l'horizon, le vol prend néanmoins 45 minutes de retard d'office, pour cause de perturbations dues à la neige...

Les avions sont-ils tirés par des chiens de traineau du coup ? Je n'ose demander.


Notre avion se fait dument asperger préventivement d'antigivre par quatre camions citerne (durrée 10mn) puis s'élance retrouver le soleil au dessus des nuages.

A l'arrivée, il reste de la neige sur les pistes bavaroises sans que cela semble perturber notre atterrissage.

Je repartirai le soir même sous la neige sans que l'avion ne se fasse engluer d'antigivre et il arrivera qu'avec 5 mn de retard, autant dire à l'heure.


Soyons juste, le mépris bavarois pour les problèmes d'enneigement peut leur jouer des tours, tel que celui relaté par LEMONDE.FR du 12 février 2009 :

Plusieurs centaines d'automobilistes, surpris par la neige sur une autoroute de Bavière, dans le sud-ouest de l'Allemagne, étaient bloqués mercredi 11 février dans leurs voitures. Les automobilistes ont été pris au piège par vingt centimètres de neige tombés en peu de temps.





Bénéfices record de TOTAL


En France, ceux qui réussissent et gagnent de l'argent sont immédiatement suspects et décriés, passés à la machine à niveler par le bas. Il est plus confortable de crier sus aux profiteurs et se lamenter sur son sort que de se prendre en main et aller gagner plus (voire beaucoup plus) d'argent. Voilà pour le folklore local.


En termes de business, sauf erreur, cette compagnie n'a pas fait le plein d'office à tous les automobilistes ou rempli les cuves de force aux chauffeurs au fioul. Il fallait bien des clients pour y aller, chez TOTAL !


Je suppose que ceux qui y sont allés ont cédés aux cadeaux que les points accumulés qui permettent de gagner les lampes-gondoles en coquillages plastiques ou les assiettes avec décor de pétrolier dans la tempête.

Ainsi les bénéfices de cette société sont dus au génie marketing en adéquation avec les goûts des clients.

Qu'on se le dise.





Jouez à la caissière


Marre des files aux caisses ? Prenez les choses en main !

Passez vous-même les articles devant le lecteur code-barres, pesez ce qu'il faut peser, faites-vous l'addition, payez.


Une animatrice-conseillère-secouriste-surveillante pour quatre caisses et un nombre certain de caméras autour de chacune d'elles.


Les clients sont nettement plus lents qu'une caissière, mais outre l'économie réalisée par le magasin, ce système rend actifs les râleurs impatients et masque la durée réelle de leur passage en caisse.


Reste plus qu'à s'engueuler soi-même si ça dure trop longtemps.





Vacances de février


Crise ? Quelle crise ? La première des deux migrations annuelles est lancée.

Pour celles et ceux qui l'auraient manqué, voyez le billet « Vous ne partez pas !? » en remplaçant les attributs estivaux par leurs équivalents hivernaux. Le fond reste identique.


Reviendrons de la neige tant décriée dans les cités et tant recherchée sur les sommets, outre quelques plâtrés et entorsés, des familles entières de Pandas en négatifs, avec les yeux cernés de blanc.





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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 14:46
Aurions-nous été Lean plus tôt ! Telle est la conclusion soupirée par ce directeur opérationnel à l'issue de la visite de son site. Un site voué se dégonfler comme une baudruche en perdant ses activités de production au profit d'un pays à bas coûts.


L'histoire est celle d'un équipementier automobile, qui a vécu des années fastes et d'autres pleines des vicissitudes usuelles dans ce milieu : baisses des coûts dictées par les constructeurs, imposition des gains de productivité, exigences des actionnaires, changement d'actionnaires, changement de stratégie, etc.


C'est aussi l'histoire de ce mythe encore tenace : dans les pays à fort coût de main d'œuvre, il faut AUTOMATISER !

Les ingénieurs écoutent ce message avec gourmandise et s'exécutent avec zèle.


Le résultat est là, visible : ligne tout automatisée, robots, convoyeurs, testeurs intégrés, palettiseurs... tout cela pour manipuler des produits qui ne dépassent pas le kilogramme.


Nous observons un carrousel de vissage automatique qu'une opératrice alimente.

Douze seconde de mise en place du produit, 55 secondes de pure attente, 15 secondes pour évacuer.


Avec amertume, le directeur explique : « Les moyens ont été dimensionnés selon des hypothèses de charge qui ne se sont finalement jamais vérifiées et pour absorber des pics tout aussi virtuels. En optimisant toute la ligne, on l'a rendu inflexible. Aujourd'hui, pas moyen de tourner avec moins de 8 opératrices, quelque soit la charge de travail.».


Il continue : « Nous avons bien tenté de développer le SMED, mais sans arriver bien loin. Les interfaces et outillages sont tellement spécifiques et coûteux que l'on ne peut rien y changer. L'adressage dynamique des produits aux postes (joyau de la technologie et merveille de l'algorithmique) impose de changer toutes les stations avant de relancer une nouvelle série. Du coup, même si cela ne prend que trois minutes par station, on ne peut descendre sous 3 minutes x 8 stations = 24 minutes (pour des temps de cycle unitaire de moins d'une minute !) et il faut un technicien pour cela à cause des quelques paramètres de programme à entrer. Le moindre changement de programmation des automatismes coûte une fortune et demande un préavis de neuf mois !»


Ce qu'il reste d'affichage de TRS montre des courbes qui s'effondrent, jusqu'au moment où plus personne n'a trouvé intérêt à les lire ou les mettre à jour, au moment où le personnel a appris la mort programmée de leur division.


Pour transférer la production dans le LCC (Low Cost Country, pays à bas coût), impossible de transférer la débauche de technologie du procédé de fabrication. Leur pilotage et leur maintenance dépassent les compétences et possibilités de financement locales. Il faut donc faire différemment, à moindre coût.


L'ironie de l'histoire est que la dernière mission des personnels de production est de préparer ces moyens pour leurs collègues qui vont reprendre leur travail.

Ironie, car dans leur recherche de solutions, le groupe de travail a (re)découvert quelques bonnes pratiques qui auraient trouvé leur application chez eux depuis des années :


  • * Cellules autonomes en U
  • * Mobilier modulaire pas cher
  • * Postes rapprochés et déplacements restreints
  • * Travail debout et conduite multi machine
  • * Cycles de travail enrichis
  • * Transfert manuel au poste voisin
  • * Astuces pour les outillages, les branchements, connexions
  • * Etc.


Une ligne fictive en carton a permis de valider les concepts, l'organisation, l'ergonomie, puis l'arrivée du mobilier modulaire de tester tout cela en vraie grandeur.


La nouvelle cellule fonctionne sur moins de 30% de la surface initiale, avec un nombre de personnes ajustable à la charge réelle. Aucun convoyeur, exit le robot et sa cage de protection, le palettiseur capricieux et le carrousel de vissage.

Toutes proportions gardées, les investissements pour la cellule doivent coûter 10% de ceux nécessaires à la ligne automatisée. Quant au coût de maintenance, celui de la cellule sera anecdotique.


Aurions-nous été Lean plus tôt soupire le directeur, la production serait restée ici !




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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 14:24

Autant les fins d'années sont le temps des bêtisiers, autant les débuts sont la période des prévisions, prédictions et autres divinations.


Pour 2009 (quoi de neuf ? LOL) l'intérêt pour le futur est décuplé, ne serait-ce que parce que la survie de certaines entreprises se joue dans les prochaines semaines (pas LOL).


Or s'il est une année pour laquelle la visibilité est particulièrement mauvaise, c'est bien 2009. La majorité de mes interlocuteurs tablent sur un premier semestre atone ou mauvais et une amélioration au second.

C'est une prévision sans grand risque, compte tenu de l'inertie de la chaine de décision des donneurs d'ordres au dernier des intervenants, il faudra bien six mois pour revenir à une activité « normale ».


Les plus optimistes (les plus visionnaires ?) de mes prédictionistes voient un démarrage en trombe au second semestre, prenant à contrepied les entreprises qui auront toutes engagés des plans de survie à activité minimale. Ainsi, selon eux, après avoir géré la crise des commandes manquantes, il faudra gérer le manque de capacité à répondre à la demande explosive.


Soit, mieux vaut gérer des problèmes de capacité que des problèmes de charges...


Il y a ceux qui attendent si ce n'est le salut, au moins le signal des Etats-Unis. Barak Obama ne sera aux commandes et ses plans ne seront connus qu'après le 20 janvier.


D'ici là, toute décision comporte un risque face à l'inconnue américaine !


Dans le rayon fromage, le client confronté au choix entre un camembert au lait cru ou son cousin pasteurisé ferait mieux d'attendre l'avis de Barak.


Comme l'économie n'obéit plus à des règles rationnelles, toutes les techniques prévisio-prédicto-divinatoires sont admissibles.


J'ai autant de probabilité de deviner mon chiffre d'affaires 2009 en observant le fond de ma tasse de café qu'en tentant de résoudre une équation compliquée.


Fort de ce constat, les augmentations de salaires de 2012 (vous ne pensiez tout de même pas en obtenir avant ?) seront jouées au Loto-Bingo, les causes de pannes des machines seront lues dans les entrailles de poulet et les prévisions de ventes dans les lancés de dés.


Je gage qu'à condition de tester ses méthodes innovantes sur un (très) grand nombre de cas, nous obtiendrons des résultats étonnamment pertinents.


Alors fleuriront des stages tels que « animez avec aisance votre Loto-Bingo » ou « lancez vos dès avec élégance », des consultants écriront des livres sur l'intestinologie ou sur le Chicken gut way, des chantiers pilotes d'accrochage de fers à chevaux et pattes de lapins ainsi que des missions de désenvoutement d'usines relanceront le business.


Vite, où est mon chapeau pointu ?





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10 janvier 2009 6 10 /01 /janvier /2009 14:16
On vous l'a faite à vous aussi, la carte de vœux ou l'affiche publicitaire « Du neuf en 2009 » ?

Je suis resté pétrifié d'admiration devant tant d'astuce jeudemotesque concentrée dont seuls nos arrières grands parents étaient coutumiers grâce à l'almanach Vermot.


Mazette, nous rentrons en régression, la crise est plus aigue qu'il n'y paraissait...


Du coup cela m'a troublé : Diantre, c'était quoi pour 2008 ?

A la fin de l'année c'était facile à trouver : En 2008, les carottes seront cuites !

Mais à la fin 2007, personne n'y aurait cru.


Sérieusement, fin 2007 quelqu'un s'était-il aventuré à chercher le trait d'esprit pour l'année à venir ?


Et pour 2007 ?

Préparez vos cassettes ?

Non, le mp3 existait déjà.

Pensez à votre casquette ? Embrassez Jeannette ? Mettez une jaquette ? Tenez bien la raquette ?


Je n'en sais rien.


2006 ?

Versez le Pastis !


2005, stockez du zinc !


2004, bas les pattes

Du moins pour ceux qui prononcent « quatre » comme un Francilien pressé d'attraper son RER en grève : « kat ». Sinon, pour ceux qui articulent, il y avait « 2004, ne vous laissez pas abattre »


2003, vous serez tous rois !


2002, dans mon panier mettez tous vos œufs !

Slogan officiel sponsorisé par Bébert Madoff (voir billet finance)


2001, l'année des malins !

boudé par les métiers manuels qui lui ont préféré « 2001, jeux de mains », que les intellos ont jugé vilain et remplacé par « mangez du pain » par la corporation des boulangers.


2000, deux fois dans le mille ! (Emile)


1999, trois fois plus de neuf !


La boucle est bouclée. Vivement 2010 au bon goût de réglisse.

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3 janvier 2009 6 03 /01 /janvier /2009 15:16

On attend de chaque nouvelle année qu'elle nous apporte ce que l'ancienne ne nous a pas consenti. Plus l'année finissante était décevante, plus vite on souhaite rejouer une nouvelle partie. Ainsi, à minuit pétante tous les compteurs, croit-on, devraient se remettre à zéro.


Seulement voilà, la vraie vie n'est pas un jeu vidéo dans lequel les éléments se remettent en place, les morts se relèvent et les paramètres reviennent à ceux du de la dernière sauvegarde.


Alors on commence la nouvelle année avec les casseroles de l'ancienne, mais on veut croire à des jours meilleurs et on prend aussi quelques résolutions.


Manger moins et plus sainement par exemple.


Cette résolution a une durée de vie de 48 heures maximum.

Après quoi on s'avise qu'il y a des restes du réveillon à finir et en ces temps de crise, ce n'est pas le moment de gaspiller !


Ensuite les régimes sont mauvais pour la mémoire.

La preuve : quand on en tente un, on l'oublie et on ne s'en souvient que lorsqu'on l'a arrêté.


La nouvelle année doit aussi apporter la bonne santé.

Elle le fera peut-être, mais à son rythme.


Ma dernière action de 2008 aura été de me moucher entre deux quintes de toux et trois reniflements et ma dernière réussite de 2008 aura été de distribuer généreusement ma crève.

Puissent les bénéficiaires me pardonner.

Ma première action de 2009 a été de tousser entre deux reniflements.


Je vous rappelle enfin que l'échange des vœux n'a rien de Lean et vous invite pour vous en convaincre à lire le billet de l'an dernier.


C'est la crise, on accommode les restes...



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26 décembre 2008 5 26 /12 /décembre /2008 15:45

Allez, un petit dernier, histoire de finir l'année.


Finances, ces métiers qui faisaient rêver ressemblent désormais à de banals métiers de voyous.


Oui, j'exagère et avant que vous ne dégainiez les lance-flammes, je rappelle que ceci est un billet d'humeur dont la définition figure en haut à droite de cette page.


Enfin, est-ce réellement moi qui exagère ?


Faillite de Lehman Brothers à New York ? Pas de chance pour une si belle maison.


Chez nous les traders jouent au MégaLoto avec l'argent des autres alors que leur hiérarchie non seulement ne voit rien, ne sait rien, mais n'y comprend même rien !


N'y avait-il pas ces cadres de l'assureur américain AIG qui se payaient du séminaire très haut de gamme, massages inclus, juste après le renflouement par l'état ?

La note (440.000 US$) n'était pas exactement un billet d'humeur.


Et Bernard Madoff ? Ce "Self-made man" qui avait commencé sa vie professionnelle comme maître-nageur sur les plages de Long Island (http://www.lepoint.fr/actualites-economie/bernard-madoff-ancien-patron-du-nasdaq-accuse-d-une-gigantesque/916/0/299530), icône du rêve américain devenu cauchemar mondial, a reconnu avoir monté une énorme pyramide financière frauduleuse.


Pour un non-spécialiste comme moi, il me semble que cela ressemble bigrement à ce que l'on appelle de la cavalerie, autrement dit une technique d'escroquerie basée sur une course permanente entre la collecte de nouveaux fonds et des paiements visant à donner confiance. Cette technique se prête bien à une multiplication "boule de neige" http://fr.wikipedia.org/wiki/Cavalerie_(droit)



Ce doit être une technique de cours élémentaire première année d'escroquerie, le coup de génie c'est de l'avoir tenté sur des montants tellement gigantesques que personne n'y a rien vu.

Pas même les spécialistes qui vous expliquent à nous, petits épargnants éventuellement boursicoteurs qu'un placement rapportant durablement plus que la moyenne ne peut être honnête...


Mais en France rien à craindre ! Une fois de plus nos frontières nous protégeront, comme du nuage de Tchernobyl ou des hordes barbares.

A moins que ce ne soit une grève de dockers qui a empêché in extremis le chargement du conteneur d'Euros destiné à M. Madoff ?

Ce serait tordant, le prolétariat sauvant nos institutions financières...


Bref, après tous les examens, contrôles, enquêtes, précautions, cautions et hypothèques prises par les banques pour s'assurer de la solvabilité de leurs petits clients emprunteurs, il serait juste que les petits clients déposants puissent demander à leur banque de démontrer sa solvabilité. Que le chargé de clientèle produise un certificat de caution solidaire sur 3 générations avant qu'on lui confie nos maigres ressources.

Juste retour des choses.


Continuez les gars de la finance, grâce à vous le métier de consultant (en management, organisation et performance industrielle) finira par paraitre honorable. Et s'il me reste du boulot malgré vos conneries, je vous en remercierais.


Sur ce, meilleurs vœux de santé pour 2009 !

Pour la prospérité, il faudra attendre encore un peu.

 

 


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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 14:34

Le témoignage de Christophe (merci à lui !) à propos du syndrome du sauveteur me rappelle trois choses :


  • Le mythe de la police
  • La rationalité limitée
  • Le pompier pyromane


Le « mythe de la police » (il s'appelle probablement autrement, si vous savez n'hésitez pas à m'en faire part !) est une croyance qui postule que si la police faisait bien son travail il n'y aurait plus ni crimes ni délits ni criminels. Ce stade atteint, la population n'aurait plus besoin de police.

Remplacez « police » par « service qualité » (sans malice) et on s'attend à ce que ce service éradique tous les causes de défauts avant de se dissoudre, mission accomplie.

Ce qui ne peut être qu'un mythe est devenu réalité pour Christophe.


La rationalité limitée (Herbert Simon) est un concept utilisé en sociologie pour expliquer le comportement des individus face à des choix.


A priori les individus ont un comportement rationnel, mais cette rationalité est limitée par :

  • l'information disponible ou accessible,
  • ce que peut maîtriser l'entendement humain et individuel,
  • les "ancrages" culturels et les connaissances individuelles,
  • une sorte d'autolimitation par laquelle l'individu ne cherche pas à atteindre une solution optimale, mais seulement une solution qu'il jugera satisfaisante.


Le chef de service de Christophe a probablement fondé sa décision en se fiant à sa rationalité limitée :


  • Information incomplète: il ne connaissait pas (a-t'il cherché à connaitre?) les facteurs de succès et facteurs de risques de la mission de Christophe
  • Croyance: une fois les méthodologies déployées elles sont acquises par les opérationnels
  • Autolimitation: gain court terme par l'élimination d'un cadre devenu «inutile» (mythe de la police)


Voilà qu'à posteriori notre héros malgré lui se dit qu'il aurait mieux fait de limiter sa rationalité en prenant en compte son propre avantage et non plus seulement celui de son entreprise.


Or une telle posture risque de générer un autre comportement : celui du pompier pyromane.


Cela nous ramène au sauveteur, tellement valorisé dans son action héroïque qu'il ne voit plus la justification de son action (et son plaisir) que dans des interventions de sauvetage. En poussant le raisonnement à fond, il ne lui reste qu'à organiser les catastrophes pour pouvoir y remédier brillamment...



Mais cela n'existe pas en entreprise !


Non ?


N'y a-t-il pas des pannes récurrentes, toujours dépannées, jamais éradiquées par le service maintenance ?


N'y a-t'il pas cet expert incontournable réticent à documenter, à partager son savoir ?


Non, cela n'existe pas en entreprise.

 

 


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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 15:36
Chris Anderson a révélé une chimère sous forme de Pareto à longue queue qui, pour des raisons de délicatesse probablement, se nomme « longue traîne » en français.

 


Qu'est-ce que la Longue traîne ?

 

Imaginons un libraire qui doit décider de l'achalandage de sa boutique. Il dispose d'un volume limité pour exposer et entreposer les livres et compte bien les voir se vendre, c'est-à-dire rester le moins longtemps possible dans son stock.


Dans l'ensemble des titres disponibles, le bon sens lui commande de s'intéresser d'abord aux best sellers, dont la vente est quasi assurée. Comme il ne peut pas espérer vivre que de la seule vente des best sellers, il lui faut choisir des ouvrages dans des thèmes populaires. Enfin il y a des incontournables que l'on s'attend à trouver dans toutes les librairies (dictionnaires par exemple) et des ouvrages qui se vendent régulièrement mais en volumes et fréquence faible.


Les ouvrages tel le grand traité de chirurgie orthopédique pour escargots et limaces ou les aventures passionnantes de la poussière chassée par la ménagère en alexandrins et quinze tomes font des ventes rarissimes, sans être nulles mais dont notre libraire ne veut s'encombrer.


Le libraire vient de choisir dans 3 catégories A,B,C selon une logique classique inspirée de Pareto et ignorer volontairement la multitude d'ouvrages qui font des scores insignifiants à l'échelle d'une librairie de quartier.

 

Conséquences de ces choix


La première conséquence de ce choix, qui se répète de manière similaire dans un grand nombre de librairies est que les auteurs tels que le grand poète Ernest Dudul et son recueil de rimes pour vers de terre ou le professeur Ignaz de Laklochekysonn et son Encyclopédie mondiale des boites d'allumettes ont toutes les chances de rester inconnus car non diffusés.


Deuxième conséquence, le Pareto constitué du stock de notre libraire est un Pareto organisé est non pas la résultante d'une répartition statistique constatée. La médiane de la dispersion se situe dans la longue traine des faibles valeurs, hors du domaine retenu par la plupart des libraires.

 

La longue traine

 

Voici maintenant un critique littéraire qui s'étonne de l'homogénéité des titres proposés dans les librairies. Il mène une petite étude est constate bien vite que les produits de niche que sont les livres traitant de thèmes trop pointus ou trop peu demandés ne sont pas proposés tout bonnement parce que leur taux de rotation et donc leur marge est faible. Dans les librairies physiques, l'espace de vente et de stockage est limité. La population susceptible d'acheter les ouvrages exotiques est faible. En conséquence, les libraires optimisen

t leurs gains en proposant les ouvrages qui se vendent le plus.

Mais cela, nous le savions grâce à notre libraire.


Notre critique ne se satisfait pas de cet état de fait, car il analyse qu'avec Internet, un libraire peut toucher une cible beaucoup plus large. Les ouvrages de niche satisfaisant uniquement quelques clients peuvent devenir rentables.


Les cyberlibraires peuvent alors satisfaire une demande qui était jusqu'alors limitée par les contraintes physiques des librairies traditionnelles.

Chris Anderson (rédacteur en chef du magazine Wired) a décrit ce que le commerce électronique a changé avec la vente par Internet : la satisfaction d'une demande qui n'était jusqu'alors pas rentable.


La thèse d'Anderson repose sur 3 piliers :


  •    1. multiplication des productions allonge ce qu'il appelle la traîne (ou la queue)
  •    2. dématérialisation du stockage, l'espace de stockage devient illimité et d'un coût dérisoire, autorisant l'approvisionnement à la demande pour les enseignes de commerce électronique
  •    3. tout internaute peut trouver ce qu'il veut dans une incroyable abondance de biens avec un catalogue très vaste.

Ainsi, sous cet aspect, la fameuse loi de Pareto par laquelle 20 % des biens représentent 80 % des volumes de vente, devient caduque et l'ensemble cumulé des niches représente un marché aussi important - sinon plus - que celui des "best sellers".


En conséquence, on pourrait imaginer qu'un titre tel le guide pratique de dressage des moustiques communs (30 Euros) draine 100 clients par mois en France dans les 2300 librairies à choix suffisamment large pour qu'on puisse l'y trouver, soit 0,5 vente potentielle annuelle pour chacune d'elles.

Aucun intérêt pour un libraire. Tout juste consentira t'il à tenter de le commander.

S'il vous connait bien.

Et qu'il est de bonne humeur.

Peut-être.


Alors que de par le monde, les clients potentiels sont 10.000 (si si!) soit environ un millionième de la population pour un chiffre d'affaires de 300.000 Euros !


La révèlation de la longue traîne pousse à revoir les modèles de distribution pour les biens qui sont faciles à expédier à des particuliers par le monde (biens culturels, CD, DVD, livres, etc.), ainsi que les modèles de détermination des stocks basés sur l'approche ABC classique.


Par ailleurs, l'éclatement des stocks dans les filiales présente également des problèmes que l'on peut relier à la longue traîne, notamment des difficultés de prévision.
Mais ceci est une autre histoire.

Chris (Hohmann).


Voir aussi : http://fr.wikipedia.org/wiki/Longue_traîne


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Published by Christian HOHMANN - dans Pareto et longue traine
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