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Qu’est-ce qu’un billet d’humeur ?
 
En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y compris dans son aspect le plus subjectif.
 
Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.
Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.

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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 13:15
Le monde est en guerre.
Une guerre économique et concurrentielle.
C'est une guerre de mouvements, rapide, frénétique.

Avec mon équipe de mercenaires, nous volons au secours des stratégies défaillantes, des tactiques suicidaires et des unités déboussolées.

Juste à temps, taux de service, time to market et time to cash, le temps est toujours compté et la réactivité est la clef du succès. Il faut que ça crache, que ça pulse, que ça produise des résultats.

C'est notre rythme habituel et nous y sommes accoutumés.

Voilà que nous débarquons dans une entreprise où rien ne bouge !
Ni les humains, ni les stocks.

Si, en fait ça bouge, mais tout doucement.

Nous nous regardons, incrédules. Les individus se meuvent avec lenteur, les pièces sont déplacées avec délicatesse, empilées avec soin.

On dirait le Sud. Le temps dure longtemps*.

Nous sommes comme dans un film au ralenti ou un mauvais rêve, c'est selon.

Je fixe la trotteuse de ma montre : vitesse normale. Je cherche une horloge autour de moi. En voilà une : le temps s'écoule de manière ordinaire.

Mais que font ces gens ? Ne savent-ils pas que nous sommes en guerre ?
Ne savent-ils pas que les entreprises les plus rapides mangent les plus lentes ?

Non, ils ne savent pas.
Ou ils ne sont pas concernés.

Ainsi il existe des zones préservées où les règles admises ailleurs n'ont pas cours.

Ce sont des entreprises avec peu de concurrence et/ou avec de gros profits.
C'est l'Administration ou le service public.

Tout va bien, ne paniquons pas.

Un jour ou l'autre il faudra qu'il y ait la guerre
On le sait bien
On n'aime pas ça, mais on ne sait pas quoi faire
On dit c'est le destin 

Tant pis pour le Sud
C'était pourtant bien
On aurait pu vivre
Plus d'un million d'années
Et toujours...

comme c'était.

* Nino Ferrer, le Sud (1973)



Christian

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14 juin 2008 6 14 /06 /juin /2008 12:30

Le vert est une couleur incroyablement tendance, plus encore si c'est un vert anglais.

En effet, qui n'a pas entendu, vu ou lu récemment des termes comme « green logistics », green manufacturing, green Supply Chain, même green IT.

Green IT ? L'informatique verte ?

Recherche rapide sur mon moteur de recherche favori : oui, ça existe bien (déjà) et en français cela donne éco-informatique.

Et c'est quoi l'éco-informatique ?

L'engagement de l'éco-vendeur de bien séparer le papier et les gobelets en plastique dans deux poubelles différentes de sa boutique, que la femme de ménage ira vider dans l'unique grosse poubelle de l'immeuble.

 

Que les puristes francophones se rassurent, tout ce qui commence en « green » peut commencer en « éco » comme éco-logistique, avec cette subtilité que l'on ne sait pas de prime abord si le préfixe « éco » promet des économies ou de l'écologie. Les deux n'étant d'ailleurs pas incompatibles et même souhaitables.

 

Nous voilà donc gavés d'éco-trucs et bio-machins, avec des vrais morceaux de « développement durable » dedans :

 

  • * Achetez des pneus verts écologiques qui font plus de km et consommer moins de (bio)carburant (remarquez au passage et en toute logique, qu'avant cette fabuleuse innovation et depuis que les pneus existent, ils nous faisaient faire moins de km et consommer plus de méchant-carburant)
  • * Admirez les centrales nucléaires écologiques car elles n'émettent pas de C02 (les écologistes apprécieront)
  • * Subventionnez les pêcheurs qui grillent leurs tonnes de mazout pour vider consciencieusement les fonds marins (pas politiquement correcte celle-là, je sais)
  • * Mangez bio, lisez bio, peignez bio, maquillez-vous bio, démaquillez-vous bio
  • * Emballez en éco polystyrène expansé (non, ne riez pas)
  • * Chauffez-vous écofioul
  • * et préparez-vous à payer une éco-taxe sur le porc et le bœuf qui proutent des tonnes de méthane à longueur de journée en privant le reste de la planète de céréales, ces sales bêtes.

 

Ce monde me parait un brin trop vert pour être honnête.
Pour un peu on croirait résolus tous les problèmes de pollution.

Ces publicités, ces déclarations me rappellent mon année d'obligations dues à la nation habillé en... vert (!) et aux ordres transmis par un adjudant peu soucieux d'en comprendre les finalités ;

« Allez hop ! Peignez-moi tout ça en vert ! »


Christian

 

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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 07:42
J'aimerais attirer votre attention et vos commentaires sur un phénomène que j'ai découvert lors d'interventions en entreprises et que j'ai appelé le syndrome d'Ordralfabetix.

Voici la première contribution d’un lecteur :

ARNAUD COLOMBIER

 
Ordralfabetix est, pour ceux qui l'ignoreraient, le poissonnier dans les aventures d'Astérix. Bien qu'il possède un bateau de pêche il achète ses poissons « frais » chez les meilleurs grossistes de Lutèce, qui le livrent en char à bœufs... le TGV cher à Christian n'était encore que dans les cartons des bureaux d'étude à cette époque.

Dans l'industrie, ce syndrome est caractérisé par les achats de matériels réalisés dans les pays étrangers à bas coûts alors que l'on est capable de le fabriquer chez soi ou du moins dans sa région.

L'illusion des dirigeants est de croire que l'économie réalisée sur les coûts d'achats moins les frais de logistique laisse une marge bénéficiaire plus importante. C'est oublier les coûts cachés mal maîtrisés qui font que dans beaucoup de cas, la marge bénéficiaire est nulle, voire négative.

Voilà un exemple (réel) d'une entreprise qui achète du matériel conçu et fabriqué en Voldavie, livré en caisse de bois de grandes dimensions directement au client. Le contrôle est fait sur chantier et les erreurs de colisage sont courantes. La conception Voldave est basée sur l'hypothèse de montage par des Voldaves, c'est à dire que s'il faut 6 experts Voldaves pour le monter cela ne pose aucun problème, alors qu'en France, la pose est réalisée par 2 personnes, à coût tiré.

Les conséquences sont (liste provisoire, susceptible de s'allonger) :

  • explosion des temps de pose,
  • erreurs de colisage qui entraînent des retours sur site et des retards de pose,
  • pas de suivi du matériel de maintenance par manque de traçabilité
  • poses incorrectes entraînant des litiges à n'en plus finir
  • la société en France subit les tracas administratifs de paiement et de mauvaise image de marque.

Cet exemple, je pense, est beaucoup plus courant qu'on ne l'imagine.

Vous en connaissez peut-être des exemples ?

 

A vous lire.

ARNAUD COLOMBIER
axitech@neuf.fr

 


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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 00:00

Les bambous sont des plantes fascinantes dont la croissance rapide permet une observation en accéléré. La canne témoin sur ma terrasse a grandit dans les premiers jours de 5cm toutes les 24 heures.

Une canne s'élance d'abord à la verticale en y mettant tout son potentiel de croissance. Ceci probablement pour se garantir l'accès à la lumière solaire dans ses denses forêts natales. Dans un deuxième temps, la croissance verticale ralentit et les branches régulièrement espacées apparaissent. Cette phase prépare la répartition optimale des capteurs de lumière que sont les feuilles.

Les feuilles se multiplient dans une troisième phase durant laquelle la croissance verticale devient imperceptible, au profit de l'étalement horizontal de la plante.


Mes observations, qui ne se prétendent en aucun cas « scientifiques » me font penser qu'à facteur de croissance constant, autrement dit à ressources constantes, le bambou gère ses priorités selon un modèle ABC ou Pareto comme un chef de projet le ferait en industrie :

Phase A : croissance verticale rapide pour laquelle il consacre tous les moyens, c'est la priorité

Phase B : il répartit les ressources entre la continuation de la croissance verticale (qui de ce fait ralentit) et le début d'un déploiement horizontal. C'est un consensus de gestion entre priorités

Phase C : il multiplie les feuilles (dispersion dans une multitude de détails), sur lesquelles il peut répartir ses ressources, les plus hautes priorités ayant été traitées

 

Que se passerait-il si la plante commençait à multiplier les feuilles, dès la tige sort de terre ?

Les ressources consommées à cela le seraient probablement en pur gaspillage, car dans le bosquet ou la forêt, les plants concurrents déjà installés masquent en partie la lumière. Le rendement photosynthétique par unité de surface serait au mieux médiocre au niveau du sol et jusqu'à quelques dizaines de cm, voire mètres en forêt. Une fois les ressources consommées pour la multiplication des feuilles, il n'en resterait probablement plus assez pour s'élancer vers la lumière. D'où la nécessité de favoriser avant tout la croissance verticale.

En matière de résolution de problèmes, d'amélioration continue ou en gestion de projet aussi, le mauvais arbitrage des priorités entraîne la dispersion des moyens sur des cibles ou périmètres non prioritaires.

La nature ayant eu le temps au cours de l'évolution de trouver les stratégies optimales, on peut par analogie « légitimer » l'approche ABC, choisie par les bambous, en gestion de projet.


 

 

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17 mai 2008 6 17 /05 /mai /2008 00:00
Il y a quelques mois, une cliente revenant des sports d'hiver se plaignait de la démocratisation de la pratique du ski. Ce loisir est désormais populaire, à la fois accessible au peuple et prisé d'un large public. Le corollaire est que l'attente aux remontes pentes s'allonge, le temps cumulé de descentes effectives diminue, le nombre de skieurs augmente alors que les mètres carrés de neige diminuent.

Ainsi soupirait-elle, la démocratisation du ski fait perdre aux anciens « privilégiés » leurs... privilèges.

 

N'étant ni ancien ni nouveau skieur, ses remarques ne m'évoquèrent rien de plus que l'éventuel parallèle avec les ex-nobles regrettant les chaises à porteurs après la Révolution. Jusqu'à ce que je prenne un vol low cost au lieu d'un siège en Business Class...

 

Les vols low cost ont démocratisé l'accès au voyage aérien et me voilà avec la foule bigarrée, remuante et bruyante des vacanciers, retraités, familles et voyageurs économes, plutôt que dans les salons feutrés où les seules couleurs envisageables pour les messieurs sont le noir, le gris ou encore le bleu marine pour les plus excentriques et les casquettes strictement interdites par le code vestimentaire.

 

Ces foules bigarrées, remuantes et bruyantes encombrent les PIF, les Postes d'Inspection Filtrage, dénomination officielle des points de radiographie des sacs à main, palpations et vexations diverses délivrées par des personnels plus préoccupés de discuter de leurs primes, congés et honnir leur hiérarchie que d'assurer l'écoulement et la cohérence du flux de passagers. Les PIF sont éventuellement surveillés par la PAF, Police de l'Air et des Frontières.

C'est un peu embarrassé que je vous le demande ; avec des PIF et des PAF, comment voulez-vous prendre la sécurité aéroportuaire française au sérieux ?

 

La même foule reste bigarrée, remuante et bruyante dans les salons d'attente après les PIF-PAF, avec éventuellement participation involontaire et peu évitable aux parties de cache-cache ou de lou-loup attrape-moi des gamins.

 

Lors de l'embarquement, vous suivez la famille Grassouillet conduite par Monsieur, très élégant en short pendant que Madame, très appliquée, compte les enfants.

 

Durant le vol, c'est le va-et-vient des enfants et du 3ème age peu étanches et pique-nique à bord, le service sur des vols low cost étant réduit à ce que vous acceptez de payer. La première fois, c'est assez déroutant de sentir le fumet du saucisson à l'ail ou du camembert en altitude. J'imagine la première expérience olfactive de ce type des hôtesses, croyant à une avarie sérieuse et alertant le commandant quant à ces émanations non identifiées.

 

Hôtesse de l'air. Ce métier qui faisait naguère rêver les jeunes filles semble désormais se limiter à servir sans élégance du café lyophilisé et parler un anglais que seuls les russes comprennent.

 

C'est dans cette langue que sont laborieusement lus les messages publicitaires vantant les vols de la compagnie vers d'autres destinations et la promotion peu motivée des ventes en duty free.

 

La dureté de l'atterrissage est probablement due aux économies sur les amortisseurs et le freinage puissant à la location de pistes plus courtes que nécessaires. Tant pis pour ceux, peu familiers de l'anglo-russe, qui n'avaient pas compris qu'il fallait boucler la ceinture.

Du siège, pas du short.

Madame Grassouillet, inquiète, recompte les enfants.

 

Le vol était bon marché, certes, mais je repensais avec plus de compréhension et de solidarité à ma cliente et sa nostalgie du temps où le coût garantissait une certaine exclusivité aux privilégiés.

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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 09:26

Connaissez-vous cette émission de télé (réalité ?) qui envoie deux expertes du nettoyage et rangement en mission commando chez des cas visiblement désespérés ?

On y voit avec force détails l'innommable état de crasse et désordre dans lequel vit la « star » du moment.

Les expertes déploient les 5S, sans probablement connaître la méthodologie ni même en avoir entendu le nom. Ces dames trient, nettoient, rangent, donnent des règles puis vérifient leur application au bout d'un certain temps.

Comme pour les 5S, l'exercice se veut participatif : la victime consentante étant de corvée elle aussi, encore que vu ses talents, c'est plutôt « pousse toi de là et laisse nous faire ».

La première fois que j'ai vu un tel épisode, je me suis dit que c'est une mise en scène, un cas extrême et racoleur tel que les producteurs d'émissions les aiment. Non pensais-je, des cas pareils ne se trouvent pas dans la « vraie vie ».

Puis en y réfléchissant...

Il me semble que j'en connais !

  • Il y a ce frigo-bombe-bactériologique, découvert un jour où j'aidais sa propriétaire à rassembler les ingrédients d'un pique-nique. Sueurs froides à la pensée rétrospective du dîner qu'elle nous avait servi quelques temps auparavant et mémorisation des plats dans lesquels il ne fallait pas se servir ce soir là.
  • Cet intérieur pas très net dont le sol ne risquait aucune usure sous les poils du balai ni sous les assauts de l'aspirateur et se couvrait doucement d'un revêtement multi matières très original. La maîtresse de céans était non seulement mignonnette et propre sur elle, mais également femme au foyer...
  • Cette autre cuisine, dans laquelle la graisse de cuisson avait fini par former un film jaunâtre uniforme et de petites stalagmites sur les meubles. Comment peut-on seulement arriver à un tel résultat dans un immeuble construit il y a quelques années à peine ? 

Et puis nos visites d'appartements à la recherche de celui à acheter ? Les occupants des lieux, bien que parfaitement informés des visites de leur intimité n'en cachaient pour autant que bien peu de détails peu ragoûtants : reliefs d'épilation et coiffage dans les lavabos et les douches, robinetterie entartrée à l'extrême, bouches de ventilation poilues, vêtements gisants en désordre, exposition de chaussures et chaussettes, placards débordant de toutes les misères qu'on y cachait, vaisselle sale en attente d'un hypothétique auto-nettoyage, etc.

Que l'on puisse se faire surprendre en plein apocalypse ménager par une visite impromptue peut se comprendre, mais comment peut-on exposer ainsi sa pitoyable et peu reluisante intimité alors que l'on sait qu'une visite est annoncée ?

En nous remémorant ces expériences, plus les témoignages de mon épouse lors des visites et travaux de chantier (architecture d'intérieure), les exemples commençaient à devenir statistiquement significatifs.

Du coup, les exemples montrés à la TV m'apparurent comme certes extrêmes mais crédibles et plus répandus que je ne pensais à prime abord.

Cela tend à prouver que le sens de l'ordre, du rangement et de la propreté n'est en rien naturel. Ce qui n'a pas été appris dans l'enfance doit l'être plus tard, en entreprise par exemple.

C'est affligeant. Dans la patrie du luxe et de la beauté... Ah les cochons !


 

 

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3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 08:48

Ils sont là, tout autour de nous, les vilains canards gémissants déguisés en humains ordinaires. Génies méconnus, mal aimés et sous-payés, tombés de leur œuf-mère en provenance de la planète Personnenemaime, leur mission est de semer la zizanie et la déprime autour d'eux.

Il y a le Caliméro chef de projet, nommé pour laisser ses collègues se refaire une santé pendant qu'il pourrit celle de nouvelles victimes. Sa hiérarchie le refile aux consultants espérant que ceux-ci disposent de l'antidote, l'occupent longtemps, si possible loin, éventuellement le recrutent, le débauchent, l'offrent à la concurrence, n'importe quoi pourvu qu'il soit loin. Et longtemps.

Il y a le collègue Caliméro, depressivo-suicidaire mais hélas hésitant ou maladroit, qui remet sans cesse la délivrance à plus tard. C'est celui qui vous coince à la machine à café et vous frustre d'une pause pourtant bien méritée et vous fait retrouver le travail avec un certain entrain si cela permet de lui échapper.

Le Caliméro est volontiers professoral et tient à vous démontrer in-extenso l'étendu des injustices qui le frappent. Ne réagissez-vous pas, il pense que vous n'avez pas compris et il recommence. Réagissez-vous et il se lamente que vous soyez la seule oreille compatissante, ce qu'il se fait fort de vous démontrer.

Le Caliméro se benchmarke en permanence, réclame haut ses droits et oublie discrètement ses devoirs. Son énergie est consommée en recherches permanentes d'injustices à dénoncer en longues plaidoiries égocentriques.

Le Caliméro ira jusqu'à se lamenter d'une promotion, puisqu'elle comporte en corollaire des respo

nsabilités exorbitantes, des objectifs démesurés que d'autres n'ont pas à assumer, eux !

Selon le principe de Peter, le Caliméro se hisse jusqu'à son niveau d'incompétence, qu'il atteint généralement assez rapidement.

Le Caliméro vieillissant répétera que c'était mieux avant.

Le Caliméro qui me fait mourir de rire est celui à la formule « si on me propose mieux ailleurs... ». S'il était connu, on se garderait bien de lui proposer quoique ce soit et s'il n'est pas connu, qui donc peut lui proposer ?

Ah si, ceux qui le connaissent justement, d'aller voir ailleurs.

Le Caliméro se décline au féminin. Remplacez Caliméro par Calimerette et relisez du début. Rajoutez quelques paragraphes sur l'age, l'apparence et la vestimentation, autant d'injustices auxquels les Caliméros mâles sont heureusement moins sensibles.

Si vous souhaitez comme moi vous défouler sans pouvoir les étrangler, les commentaires sont là pour ça.


 

 

 

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6 avril 2008 7 06 /04 /avril /2008 10:28
La globalisation de nos économies nous impose à tous de se mettre aux langues étrangères. Maîtriser sa propre langue maternelle n'étant déjà pas facile, les interlocuteurs internationaux se montrent généralement tolérants pour l'étranger qui fait l'effort de venir vers eux linguistiquement.

Il y a néanmoins quelques mots et expressions si courants que leur non-maitrise n'est plus admissible.

« Supply Chain » par exemple.
Lu par un français peu familier de la langue anglaise, cette expression désignant la chaîne logistique étendue, devient « supplie chêne ».

Certes, au sein de la Supply Chain les fournisseurs supplient leurs clients de leur fournir des prévisions d'approvisionnement sur un horizon raisonnable et de limiter leurs variations de commande. Ils supplient bien souvent leurs donneurs d'ordres de régler leurs factures dans les délais négociés.
Dans la même Supply Chain, les clients en viennent parfois à supplier leurs fournisseurs de les livrer, de les livrer à temps, de les livrer à temps les quantités commandées, de les livrer à temps des quantités commandées sans défauts et à l'endroit prévu.

Oui, il peut exister de nombreuses supplications au sein d'une Supply Chain mais elle n'a (originellement) rien à voir avec un quelconque supplie chêne.
Le verbe anglais « to Supply » (prononcez « supla-i ») signifie à la fois approvisionner et s'approvisionner. Ce double sens est extrêmement bienvenu dans l'expression « Supply Chain » (prononcez « supla-i tchène »).

Autre anglicisme s'invitant dans notre quotidien : Lean.
Lean (prononcez « Line »), signifie maigre, dégraissé, sans gras. Le Lean Manufacturing a été francisé en « production au plus juste », c'est-à-dire sans excès, sans dépenses ni consommations inutiles, sans gaspillages.

Dans un dîner entre industriels, l'évocation du Léanne Manufacturing va intriguer les hôtes pendant deux secondes, ceux-ci pensant qu'un nouveau concept révolutionnaire est apparu sans qu'ils en aient eu connaissance. Ils ne seront pas longs à comprendre que ce n'est que le reflet du niveau d'anglais (lu, mais guère parlé) de son évocateur.

En la matière, Line est préférée à Léanne, au bénéfice de la compréhension internationale, tout comme le Lean Manufacturing l'est à la production dégraissée. Les syndicats apprécieront.

En attendant les chinoises, les expressions japonaises sont entrées dans le vocabulaire, ajoutant à la confusion.
Ainsi comment dire « Kaizen » (amélioration continue) Ké-zen ? Késsenne ? Réponse : Kaii-zen.

A propos du Japon, les différences linguistiques font que porter un toast en annonçant «tchin-tchin» vous garantit un effet à apprécier selon le contexte, puisque «tchin-tchin» sera compris comme «zizi».


Il me reste à rendre hommage aux assistantes, secrétaires, hôtesses d'accueil et autres vendeuses qui mettent un «e» final et bien marqué dans un mot simple dans lequel cette voyelle est totalement absente : Bonjoureuh !

C'est en cherchant à me moquer de leurs exaspérantes salutations meuglées et de cette mode de ponctuer les phrases de terminaisons fantaisistes en euh que cet article est paru.

Je vous souhaite bien le Bonjoureuh.

 


 

 

 

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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 18:29
Rappel

Pour celles et ceux qui n'auraient pas lus l'article précédent, rappelons que la loi de Pareto, également connue sous le nom de loi des 80/20 est une proportion remarquable mise en évidence par Vilfredo Pareto (1848-1923). Elle s'énonce de la manière suivante : « 80% des effets sont générés par seulement 20% des causes » ou pour ceux qui préfèrent la version complémentaires (loi des 20/80), « 20% des causes génèrent 80% des effets ».

Cette proportion est remarquable par le fait qu'elle permet de concentrer son énergie, ses ressources forcément limitées ou son temps sur les quelques causes essentielles qui ont un impact prépondérant, plutôt que de se perdre dans le traitement de la multitude de causes aux effets marginaux.



La règle avec une approche Pareto est donc de se concentrer sur les actions les plus « rentables » (notez les guillemets) et de remettre à plus tard les actions destinées aux causes moins impactantes.
Cette règle, comme probablement toute bonne règle, admet cependant des exceptions.


En effet, si les actions les plus « rentables » nécessitent plus de temps, d'énergie, voire d'investissements pour récupérer les gains que les actions les plus faciles ou rapides à mettre en œuvre, il peut être judicieux de commencer à l'envers et engranger les premiers petits gains tout en travaillant à récupérer les gros gains plus tard.


C'est ainsi qu'une société engagée dans un plan d'économies drastique admet que les acteurs donnent la priorité aux économies faciles et rapides à mettre en place, afin de se garantir ces gains sur l'année en cours et prennent le temps de structurer et préparer la récupération des gains plus importants.


Dans un autre cas, le management a admis de commencer par les actions faciles et aux résultats rapides afin de conserver la motivation des personnels chargés de la mise en œuvre des plans d'actions.

 

 

 

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16 février 2008 6 16 /02 /février /2008 12:15

 

Un chef de service m’adressa un jour un e-mail angoissé : « mes jeunes collaborateurs soutiennent que la loi de Pareto ne s’applique plus, je pense que si, mais qu’en est-il, pouvez-vous m’éclairer sur ce point ? »
 pareto.jpg
Rappelons que la loi de Pareto, également connue sous le nom de loi des 80/20 est une proportion remarquable mise en évidence par Vilfredo Pareto (1848-1923). Elle s’énonce de la manière suivante : « 80% des effets sont générés par seulement 20% des causes » ou pour ceux qui préfèrent la version complémentaires (loi des 20/80), « 20% des causes génèrent 80% des effets ».
 
Cette proportion est remarquable par le fait qu’elle permet de concentrer son énergie, ses ressources forcément limitées ou son temps sur les quelques causes essentielles qui ont un impact prépondérant, plutôt que de se perdre dans le traitement de la multitude de causes aux effets marginaux. (Les anglo-américains disent « essential few, trivial many »)
 
La loi de Pareto ne s’appliquerait plus ?
 
Cette proportion remarquable se constate fréquemment, mais pas systématiquement. (Je ne lui connais d’ailleurs pas de justification mathématique ou scientifique.) On ne choisit pas la loi de Pareto, elle s’impose d’elle-même.
L’affirmation « la loi de Pareto ne s’applique plus » n’a donc pas de sens.
 
Y a t’il confusion entre l’outil qui est le diagramme de Pareto, qui en matière de prise de décision ou de résolution de problème reste un outil de base, sert à mettre en évidence la loi des 80/20 lorsqu’elle s’applique et la loi elle-même ?
 
Dans ce cas, ce sont sûrement des jeunes collaborateurs qui, forts de leurs études et des modèles mathématiques complexes avec des polynomiales dedans, méprisent un outil simple et puissant pour lequel un bout de papier et un crayon suffisent.
 
Dans ce cas, l’affirmation « la loi de Pareto ne s’applique plus » a autant de sens que d’affirmer « la pluie n’a plus à tomber, puisque nous avons désormais des moyens d’arrosage modernes». La pluie tombe quand elle veut, ou elle peut, mais rarement quand et où cela nous arrange.
 
« La loi de Pareto ne s’applique plus » est peut-être le constat déçu que la loi simple et pratique citée ne se constate pas. La loi de Pareto n’est pas un moyen magique activable à souhait. D’une part la proportion remarquable se constate fréquemment mais pas systématiquement, d’autre part il faut choisir ses paramètres pour obtenir un résultat significatif et non pas pour trouver un rapport 20/80.
 
Le choix des paramètres suppose une capacité d’analyse et l’analyse pertinente suppose que l’on se souvienne qu’un diagramme de Pareto est en fait un « objet fractal », ou si on préfère un jeu de poupées russes que l’on peut démonter indéfiniment pour trouver derrière chaque élément du diagramme… un nouveau diagramme !
 
Ensuite il faut savoir interpréter les résultats d’un diagramme dans son contexte. Je démontre systématiquement à mes stagiaires à l’aide d’un exercice de Pareto qu’une décision fondée sur un seul paramètre, sans autre analyse plus systémique peut conduire à des choix absurdes ou contradictoires.
 
Par exemple l’exploitation des relevés de pannes exprimés en fréquence, coût et durée.
 
Ne pas trouver de proportion remarquable dans un jeu de données ne signifie pas pour autant que la loi de Pareto ne s’applique plus…
 
 
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