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  • : Christian HOHMANN
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  • : Extension interactive de mon site personnel, ce Blog rassemble une sélection d'articles dont des billets d'humeur. Bonne Lecture Christian HOHMANN http://christian.hohmann.free.fr
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Qu’est-ce qu’un billet d’humeur ?
 
En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y compris dans son aspect le plus subjectif.
 
Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.
Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.

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4 mai 2007 5 04 /05 /mai /2007 13:37
Entre les réunions, les rendez-vous, le téléphone, les e-mails…, chacun(e) de nous se retrouve vite débordé et ne sait plus où donner de la tête ni gérer ses priorités.
 
Pour résoudre ses propres problèmes de surcharge de travail, Eisenhower* utilisait la matrice de décision qui porte désormais son nom.
 
Elle est basée sur deux paramètres :
 
    1. Le degré d'urgence
    2. Le degré d'importance
 Chaque tâche est évaluée selon ces deux critères.
 
        Ce qui est à la fois urgent est important est à faire soi-même et de suite,
        Ce qui est important mais peu urgent est à remettre à (un peu) plus tard,
        Ce qui est peu important et non urgent peut être ignoré, éliminé ou éventuellement délégué,
        Ce qui est urgent mais peu important devrait être délégué.
 
 C’est simple et efficient.
 
Pourtant…
 
Il est une phrase que je peux préimprimer sur mes comptes-rendus de diagnostic d’entreprises tant cette situation est courante : « vos managers se laissent tirer vers le bas, ils s’occupent de tâches qui ne sont pas de leur ressort ! »
 
Très concrètement, ces managers n’utilisent pas les deux cases de la ligne « peu important » de la matrice précédente.
Non seulement ils perdent leur temps avec des informations, des messages ou des questions de peu d’importance qu’ils pourraient ignorer, mais ils ne délèguent quasiment rien.
 
La cause déclarée est le plus souvent : « j’ai plus vite fait de le faire moi-même que d’expliquer ».
 
J’imagine Eisenhower ayant eu ce réflexe, débarquant tout seul en Normandie pour libérer l’Europe, estimant que l’explication à son état major puis à la chaîne de commandement lui prendrait bien trop de temps.
 
Les managers oublient également qu’un des attendus de leur fonction est de faire progresser leurs subordonnés, leur donner la latitude, la responsabilité et de l’autonomie, afin que eux-mêmes puissent se concentrer pleinement sur des tâches de leur niveau de responsabilité et de rémunération.
 
 

*Dwight D. Eisenhower
(1890 - 1969 surnommé "Ike"), Commandant en chef des forces alliées en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale puis 34è président des États-Unis d'Amérique.

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15 avril 2007 7 15 /04 /avril /2007 08:56
A force de bannir le chronométrage et les études de postes des ateliers, les industriels ont perdu ces compétences ainsi que l’opportunité d’exploiter les potentiels de progrès qu’ils recèlent.
 
Cela fait des décennies que l’usage du chronomètre en atelier est décrié par les exécutants et les représentants syndicaux. Symbole à la fois du contrôle hiérarchique et de la scission entre penseurs du travail et ceux qui l’exécutent, le chronomètre stigmatise le carcan dans lequel les excès du taylorisme ont enfermé l’exécutant.
 
L’extrême morcellement et la répétitivité des gestes et des tâches rendent le travail au poste certes efficient, hyper spécialisé, mais le vident également de tout intérêt.
 
Depuis des années, cette approche réductrice se heurte aux aspirations et au niveau d’éducation croissant des personnels, qui cherchent à faire valoir d’autres talents que de répéter les tâches monotones. Ce phénomène s’est accentué avec l’arrivée de la génération Y, celle qui se caractérise par sa rupture avec la « valeur travail » et sa recherche d’une vie en-dehors du travail, ce dernier n’étant plus que le moyen d’assumer financièrement les loisirs notamment.
 
Parallèlement à cela, les industriels se sont concentrés depuis les années 80 sur l’étude des flux, recelant de gros potentiels d’amélioration de performances et de réduction des stocks. Au fil du temps, les spécialistes des études de postes des services Méthodes se sont logiquement transformés en spécialistes des flux.
Leurs travaux ont amélioré très sensiblement les performances des processus et réduit les stocks.
 
Une fois ces gains engrangés, il faut trouver d’autres potentiels d’amélioration pour progresser encore. L’observation de l’exécution du travail montre que la gestuelle, l’implantation des postes et les déplacements qui ont été transformés et souvent négligés par les travaux sur les flux méritent une révision.
Ceci non seulement pour améliorer la performance, mais aussi l’ergonomie, réduire la fatigue, les risques de troubles musculo-squelettiques (TMS).
 
Par ailleurs, la tension des flux et la réduction des encours rendent les processus plus sensibles à toute variation et à tout aléa. Pour réduire les causes de variabilités, il faut standardiser l’exécution du travail et se tenir strictement au standard.
 
Or pour réviser les gestes et standardiser le travail, il faut étudier finement les tâches et l’agencement des postes de travail. Cela requiert des compétences qui ont été perdues…
 
Les anciens Méthodistes qui avaient le savoir-faire sont partis à la retraite ou ne vont pas tarder à le faire, sans que leur expérience ait été capturée et transmise.
 
Pour remédier à cela, les spécialistes des études de postes sont à nouveau en forte demande, notamment dans l’industrie automobile.
Si le chronomètre reste un instrument mal perçu dans les ateliers, il existe des méthodes prédictives et l’aide de la vidéo qui permet de travailler de manière participative avec les exécutants pour améliorer gestes et poste.
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8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 11:07
Récemment une jeune doctorante sollicite mon avis pour l’aider dans son travail de modélisation d’un processus de production. Cette jeune personne, à la tête sûrement bien faite et pleine de savoirs, posait des questions touchantes de naïveté, démontrant de toute évidence sa méconnaissance de la réalité d’un processus de production.
 
N’importe quel chef d’équipe ou agent de maîtrise aurait pu l’éclairer sur les aléas et la complexité des situations rencontrées sur le terrain.
 
Sur le terrain.
 
Cela me renvoie à ma propre expérience, lorsque fort de quelques années de pratique professionnelle je rejoignais une société japonaise. Stage de six semaines pour sept d’entre nous, futurs encadrants, au siège, dans les filiales et chez les sous-traitants au Japon.
Bien que tous professionnels confirmés, nous nous sommes retrouvés à faire des exercices basiques de soudure, réviser le code couleur, passer des cartes électroniques aux tests, les réparer, monter des appareils sur la ligne au milieu des ouvrières.
 
Notre ego en prit un coup et nous avons réagis en « bons français », sûrs de la valeur que nous conféraient nos diplômes et des privilèges de nos statuts.
 
Ce n’est que bien plus tard que je compris le but de ce parcours initiatique. La réalité du terrain ne s’appréhende pas derrière un bureau ou sur un écran d’ordinateur, mais sur le terrain !
 
Cela me renvoie aussi à cette mission chez un grand industriel national.
Le contremaître avec lequel je m’entretenais m’explique alors qu’il ne voit jamais aucun ingénieur descendre de leur plateforme surplombant les ateliers, que ses ouvriers doivent se débrouiller pour assembler des éléments dont les perçages ne coïncident pas et décoder les plans avec leurs erreurs.
 
Un jeune ingénieur avait même été embauché pour faire la liaison entre le bureau d’études et l’atelier, remonter les problèmes du terrain à ses messieurs de la plateforme.
 
Ô valeur que confèrent les diplômes et privilèges des statuts ! Quels beaux cadeaux à la concurrence ils ont fait, que d’entreprises ils menèrent à la perte…

La relève est assurée, elle ira sur le terrain… contrainte et forcée.

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11 février 2007 7 11 /02 /février /2007 18:40
La seule réponse que vous n’aurez jamais est celle…
à la question que vous n’avez jamais posé !
 
Ce titre est une sagesse enseignée par un intervenant durant un cours de négociation.
Elle rappelle que dans une négociation, ne pas oser formuler une demande, c’est répondre à la place de l’interlocuteur en présupposant de son refus, ce qui est loin d’être certain.
 
Faisant récemment la file pour passer commande dans un coin restauration, le consommateur deux positions avant moi commande un café. Au moment de recevoir son café, il demande également un verre d’eau. Le jeune serveur est autant surpris par l’audace de la demande que désemparé par cette situation pour lui visiblement inédite. Il finit, après quelques maladresses, par tendre un gobelet plein d’eau (du robinet) au client.
 
La cliente suivante, juste avant moi, commande elle deux cafés et ajoute « je prendrais bien deux gobelets d’eau également ». Cette dame n’aurait visiblement jamais osé demander spontanément l’eau si elle n’avait constaté que :
  • rien de fâcheux n’est arrivé au demandeur
  • il n’a pas essuyé de refus
Et il y avait au moins un témoin de cette « faveur » pour contester un éventuel refus du serveur…
 
Je me suis rappelé cette maxime un samedi durant lequel, exceptionnellement j’ai du me déplacer en avion puis voiture de location. Le samedi est un jour tranquille dans les aéroports, en dehors des périodes de vacances. Pratiquement pas de passagers. Etant amplement en avance, je me présente devant l’hôtesse et lui explique :
·         je lui demande une faveur,
·         j’aimerais accéder à l’espace VIP
·         je n’ai pas les points nécessaires pour y accéder
 
Sans trop d’hésitation (mais sans amabilité non plus) elle me note le code d’accès sur un papier.
 
Elle aurait pu me refuser cette faveur à laquelle je n’avais pas droit.
Si je n’avais pas demandé, je n’aurais jamais su que la réponse pouvait être favorable.
 
Le même soir à l’aéroport d’arrivée, je me présente à l’agence de location de voitures où j’ai fait réserver un véhicule. La charmante hôtesse m’énumère l’inventaire des véhicules disponibles. A ma surprise cette liste ne contient que des véhicules de plus basse catégorie. Malentendu à la réservation ?
Elle me propose même un utilitaire, qui décidément serait incompatible avec mes attentes.
Connaissant l’agence et son parc, je me lance ;
« Le splendide 4x4 Allemand n’est pas disponible ?
-         non, il est réservé…
-         c’est bien dommage !
Coup d’œil de l’hôtesse à l’écran. Probablement sur mon historique des locations.
-         vous rendez bien le véhicule demain ?
-         oui
-         ce serait dommage qu’il passe la nuit sur le parking. Je vous le confie. »
 
Ce jour là, à quelques heures d’intervalle, j’avais mis ce conseil à profit :
« Osez demander, le pire que vous puissiez entendre est un refus. »
A ma plus grande satisfaction.
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27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 18:36
C’est l’histoire ordinaire d’un passager aérien (moi) devant effectuer un Genève – Paris – Strasbourg, le premier segment sur un vol low cost sur lequel il est désigné par le terme respectueux de « client », le second sur notre compagnie nationale où le client est dégradé en « passager », rappelant furieusement ces terminologies administratives un peu condescendantes telles que « administré » ou « usager ».
 
Le premier vol connaît un léger retard partiellement rattrapé en vol. Grâce à quoi je peux espérer attraper le vol Paris – Strasbourg de 17:25 au lieu de celui de 18:30. Dans mon métier, gagner une heure de plus à passer en famille est un objectif alléchant.
 
Je cours donc à travers le terminal d’Orly Sud pour me rendre à celui d’Orly Ouest, 15 minutes avant clôture des enregistrements.
Je ne suis pas étonné de me retrouver à devoir passer d’une extrémité de terminal à celle opposée de l’autre terminal, ni de voir les trottoirs roulants en panne, les allées encombrées de personnes qui le sont tout autant.
La loi de l’emmerdement maximum, ça fait des années que je la vérifie régulièrement, elle fonctionne toujours…
 
J’arrive à me glisser sur le vol convoité, grâce au billet électronique et aux bornes d’enregistrement. Loué soit celui qui les a inventé et tant pis pour les postes supprimés. Dans mon métier, gagner une heure de plus à passer en famille rend cynique.
Le vol est annoncé retardé, sans plus de précisions. Dans mon euphorie je n’y prête pas plus d’attention que cela.
 
Le contrôle de sécurité est un test de dextérité, conçu pour les mutants à six bras. Déballer vos liquides, votre ordinateur, quitter manteau et veste, vider les poches, tout poser dans un plateau à porter en plus de vos bagages en tendant le billet à l’agent, sans rien faire tomber ni retarder la file est un défi. Si.
 
Nous noterons ici le manque évident de bon sens quant à l’organisation, voire une pratique sciemment mesquine destinée à chicaner ceux qui ont les moyens et/ou l’obligation de prendre l’avion. Dans mon métier, il faut envisager toutes les solutions.
 
Quand enfin je suis dans le hall, l’ampleur du retard apparaît : embarquement du vol de 17:25 estimé à 17:40. Les initiés savent que dans ces cas-là les estimations sont systématiquement optimistes.
 
C’est durant cette attente et après quelques coups de fil que je me souviens du passage dans « Lean Thinking » de Womack et Jones à propos du « self-sorting human cargo », où l’un des auteurs faisant la même expérience aéroportuaire, assimilait le flux des passagers à un flux de marchandises dans un processus industriel. (cliquez ici pour en savoir plus sur le lean)
 
J’étais bien l’une de ces marchandises humaines, cherchant par elle-même son chemin en dépensant une énergie considérable en course folle, pour finalement attendre bêtement que le processus suivant soit prêt à la prendre en charge. Pur gaspillage.
 
J’en vins à me demander si les pièces à livrer en juste à temps sur une ligne d’assemblage sont stressées ? Angoissent-elles à l’idée de rater leur rendez-vous ? Dans mon métier, on élabore toutes sortes de théories.
 
Je passe les péripéties d’embarquement, l’impossibilité d’afficher les numéros de sièges sur l’écran, la voix inaudible de l’hôtesse dans un micro en grève et le chaos d’une foule inquiète de ne pouvoir caser ses nombreux bagages uniques.
Je tairai les présentoirs à journaux vides et la passerelle sale, un vol banal et à Strasbourg comme à Orly l’impossibilité de trouver le personnel pour accoster la passerelle à l’avion. Dans mon métier, on est toujours pressé et on attend beaucoup.
 
Lorsqu’enfin dans ma voiture en route pour ma famille, je vois le vol suivant atterrir. Ce jour là j’ai gagné 15 minutes en prenant un vol une heure avant.
Ce jour là, c’était mon anniversaire.
 
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26 décembre 2006 2 26 /12 /décembre /2006 11:05
Les « victimes » de critiques tentent souvent de minimiser leur responsabilité en tentant de culpabiliser leurs accusateurs et vraies victimes par des objections classiques :
  • « on ne voit toujours que le verre à moitié vide »
  • « on ne parle jamais des trains à l’heure ! »
Justement, pourquoi ne parle t-on jamais des trains à l'heure ?
 

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18 novembre 2006 6 18 /11 /novembre /2006 17:26
La satisfaction du client est inscrite dans toutes les professions de foi des entreprises, dans toutes les déclarations des directions.
 
L’industrie, grande pourvoyeuse d’outils et de méthodes, a tôt fait de se mettre à la qualité totale. La qualité des produits est de mieux en mieux maîtrisée et l’industrie automobile, la référence, qui comptait ses défauts en partie par million (ppm) est en train de passer au niveau de la partie par milliard (ppb, pour « parts per billion »). Si le panorama reste contrasté, il faut reconnaître la progression de la qualité pour les biens physiques.
 
Les employés des industries et des entreprises obsédées de qualité baignent à longueur de journée dans le discours, les contraintes et la réalité de la qualité.
Lorsque ces mêmes employés se retrouvent en position de consommateurs avertis, retrouvent-ils durant leurs achats la réalité du discours sur la qualité ?
 
Qu’en est-il pour les services ?
 
C’est dans les services particulièrement que moi-même, professionnel du conseil sur la performance, mesure le retard de la réalité sur le discours.
Que ce soit dans une boutique, un bureau, au restaurant, dans un atelier, le premier paramètre apparaissant naturellement est l’aspect et la tenue du lieu.
 
Les 5S, ces cinq principes conduisant à l’ordre, le rangement, la propreté, la rigueur et le progrès peinent encore à sortir des ateliers industriels. Pour preuve, les armoires ouvertes et les bureaux qui croulent sous des piles de documents en désordre et offrent un premier aperçu de l’aptitude de vos interlocuteurs à gérer votre dossier…
 
Les arrières de photocopieurs servent traditionnellement de réserve à des cartons de tout genre, que l’on souhaite cacher. Or les cloisons vitrées les exposent de l’autre côté à tout visiteur passant dans le couloir. L’essentiel semble être que l’occupant des lieux ne les voit pas.
 
Faites l’expérience devant les immeubles de bureaux ; levez les yeux, et admirez ce que les baies vitrées exposent comme piles de dossiers, rouleaux, calendriers et autre misère… voilà pour l’aspect.
 
L’amabilité
 
Passons charitablement sur les administrations qui doivent avoir vocation à recueillir les acariâtres et atrabilaires, entrons dans un restaurant ou une boutique. Que reste-t-il du sourire commercial lorsque vous demandez une chose non prévue comme changer de table, un emballage particulier ou une combinaison d’articles non prévue ? Osez demander un service rapide est une véritable offense, la localisation d’un article introuvable une question bien en deçà du statut de ce puits de savoirs qu’est votre théorique interlocuteur.
 
Je me souviens avoir demandé à la libraire de cette grande enseigne où était classé un livre de Fayçal Bey. Sa réponse fut « de quelle nationalité est-il ? »
Devant mon ignorance de cette donnée de base, elle dut se résoudre à interroger son ordinateur avec un soupir évocateur, avant de m’envoyer chercher par moi-même dans les linéaires.
 
Compétence
 
Combien de « conseillers » de vente ou chargées de clientèle savent répondre à une question supposant un peu plus de compétence que la seule lecture du tarif ? Mettez votre « banquier » à l’épreuve et demandez-lui la formule des intérêts composés. Son embarras sera directement proportionnel à l’ampleur du crédit que vous sollicitez.
 
La palme revient à ses équipes de bras cassés qui vous livrent du mobilier. Mon épouse a ainsi du indiquer à deux livreurs comment monter une bibliothèque, tout en leur fournissant l’outillage de base, visiblement à fournir par le client...
Je passe sur le respect des horaires, car il faut s’estimer heureux que la date au moins soit respectée.
 
Cessons là l’inventaire, la déprime du consommateur menace.
 
 
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13 octobre 2006 5 13 /10 /octobre /2006 13:10

Le mieux, ennemi du bien.

 
Les achats sur Internet se développent, avec cet avantage que tout devient possible tout le temps, partout, sans bouger de chez soi. Du moins dans la théorie.
 
Madame et moi commandons sur le Net un bien qui n’est plus disponible en boutique, découvrant par la même occasion qu’une boutique virtuelle peut être mieux achalandée qu’une boutique réelle.
Il s’agit d’une grande enseigne, avec un vaste réseau. Le système est naturellement sécurisé et on peut suivre pas à pas l’évolution du traitement de la commande. Très bien.
 
Comme modalité de livraison, nous avons choisi de faire livrer à un point relais à proximité où nous retirerons notre bien. Ce choix est dicté par le bon sens, au vu de nos emplois du temps et de nos parcours quotidiens. Les instructions adéquates sont validées dans le formulaire électronique et confirmées dans l’accusé de réception qu’on nous renvoie.
 
Après quelques jours, le suivi du traitement de la commande nous informe que la commande est prête et confiée à la Poste, via une livraison en Chronopost suivi, qui nous sera livrée… à domicile ?!
 
Devant cette non-conformité flagrante, j’hésite entre exaspération face à un dysfonctionnement et la compréhension que le fournisseur cherche à nous être agréable et souhaite nous éviter un déplacement…
 
Sauf que la suite est tout à fait conforme à ce que nous redoutions et voulions éviter : le postier se présente sans trouver personne à qui laisser la livraison. Qu’à cela ne tienne, le système l’a prévu : un mot nous informe du passage et nous prévient : ne vous déplacez pas, nous reviendrons demain.
 
Soit, mais demain nous ne serons pas plus à la maison et bien sûr pas moyen de récupérer notre paquet, car le système insiste pour nous le remettre selon la procédure. Nous repasserons demain !
 
Deuxième passage du postier, deuxième billet. Cette fois nous sommes autorisés à retirer le paquet dans 24 heures au bureau de poste le plus proche.
 
Voilà déjà 72 heures de retard par rapport à la solution initialement envisagée, ainsi que deux tournées de postier inutiles.
 
C’est avec mauvaise humeur que je me rends au bureau de poste, qui doit être en sous-effectif chronique au vu de la file d’attente quelque soit le moment du jour et le jour de la semaine où l’on s’y rend…
Comme un fait exprès, c’est la première fois qu’il n’y a absolument personne avant moi, pas de file et une guichetière disponible !
C’est une expérience assez déstabilisante lorsqu’on n’y est pas préparé.
 
Je récupère le paquet, avec une faute d’orthographe dans le nom, mais ça, nous y sommes habitués. Tout y est, le client est servi.
 

La morale de cette histoire ?

 
A supposer que le non respect des instructions de livraison du client soit motivé par le désir de bien faire, celui-ci a totalement raté son objectif.
Le prestataire livreur ajoute un motif de mécontentement, bien que pensant rendre service et bien faire, en empêchant la récupération du paquet après une première présentation.
 
La conclusion est double : on illustre la problématique de la logistique du dernier kilomètre, qui n’est pas qu’un problème d’accessibilité dans les centres ville, ainsi qu’un problème de surqualité qui mécontente le client.
 
Le mieux est l’ennemi du bien…


 
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1 octobre 2006 7 01 /10 /octobre /2006 13:28

Cette anecdote s’est déroulée alors que je me rendais dans une concession d’une marque automobile, plutôt haut de gamme, pour prendre rendez-vous pour une révision.

Le SAV jouxte le hall d’expo, je l’ai connu mieux tenu par le passé, mais ce qui n’a pas changé c’est le manque de lisibilité de l’endroit ; on déduit qui est client et qui est employé par leur position relative aux claviers et écrans sur les bureaux, mais allez savoir où se présenter et à qui c’est le tour…

Un employé fini par me demander ce qui m’amène. Une révision. Ayant un agenda compliqué et très mouvant, je demande « êtes-vous ouvert le samedi ? »

La réponse fuse du tac au tac, avec un mélange de mépris et de hauteur : « et pourquoi pas le dimanche aussi ? ».

 

 

 

J’en suis resté bouche bée. Je gagne une bonne partie de ma vie à expliquer l’importance de la qualité de service aux entreprises et n’imaginais pas un instant que dans ce réseau prestigieux ce genre de réaction fut possible.

 

 

 

« Mais comment font vos clients qui ont besoin de leur voiture toute la semaine ? » insistais-je. La réponse est imprimée sur une affichette : un service voiturier peut prendre en charge votre véhicule à domicile ou au bureau et il est possible de louer un véhicule de remplacement. « Il n’y a pas assez de clients les samedis dans ce quartier » se justifie l’homme de « l’accueil ».

 

Ainsi se défausse-t’on d’un problème d’organisation sur les clients, qui à force de se cogner le nez à porte close les samedis ont été « éduqués » à s’organiser en fonction de la disponibilité de leur fournisseur…

Il existe donc encore des niches, dans lesquelles la valeur d’estime reste suffisante pour vendre et conserver des clients malgré de sérieux déficits de qualité produit et de service.

 

Combien de temps encore ?

Aller sur le portail qualité du site de l'auteur 

 

 

 

 

 

 

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24 septembre 2006 7 24 /09 /septembre /2006 16:18

On me pose fréquemment les questions "pourquoi le Kaizen ne fonctionne-t-il pas en France ?" ou "pourquoi les 5S ne sont-ils toujours pas pleinement déployés dans nos entreprises plus de 20 ans après leur introduction dans l'industrie ?".

Je ne partage pas le point de vue que le Kaizen ne fonctionne pas chez nous, je crois plutôt qu'il ne fonctionne pas chez nous comme les auteurs japonais le présentent. Les 5S peinent à se déployer et à se maintenir pour les mêmes raisons que le Kaizen ne s'inscrit pas dans la culture des entreprises ; se sont des activités de "travaux dirigés".

Si la hiérarchie ne donne pas l'impulsion, voire impose ces travaux dirigés, ils ne se maintiennent pas. On peut bien sûr étudier et discuter les causes profondes, le fait est là : peu d'entreprise arrivent à faire émerger des groupes autonomes prenant en charge ces activités, quand bien même le temps et les moyens leur sont consentis.

Lors d'un de mes voyages au Japon, un de mes mentors illustra nos différences d'approches par cette métaphore : "Votre TGV est basé sur une motrice très puissante qui tire toutes les voitures, notre Shinkansen est basé sur de petits moteurs dans toutes les voitures."

Je vous laisse réfléchir à cela.

 

 

 

 

 

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