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Qu’est-ce qu’un billet d’humeur ?
 
En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y compris dans son aspect le plus subjectif.
 
Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.
Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.

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12 décembre 2010 7 12 /12 /décembre /2010 08:42

 

Le snowcasting est un néologisme construit à partir de snow (la neige) et forecasting (les prévisions).

Il peut désigner indifféremment les efforts de prévisions météorologiques pour prévoir les chutes de neige, les erreurs et imprécisions des prévisions météorologiques concernant les chutes de neige ou une malédiction (casting a spell = jeter un sort) liée à la chute de neige.

 


 

Il reste surprenant chaque année en hiver que la neige puisse tomber.

 

Il est surprenant que chaque année en hiver la moindre neige qui tombe déclenche dans l’heure une catastrophe nationale.

 

Alors quand en hiver, il tombe un peu plus tôt qu’il ne devrait plus de neige que les services concernés n’en attendaient…

 

D’autant que les services de météorologie nationale ne sont pas capables de fournir des prévisions fiables (tiens, on se croirait dans l’industrie !) à un mètre près.

Horizontalement, j’entends.

 

Et ainsi les employés municipaux attendent les ordres du chef de service lequel n’a pas reçu d’instructions de son directeur, qui lui attend la directive de la préfecture, elle-même en attente de la circulaire du ministère, dont le représentant tanne le météorologue national pour savoir s’il faut saler en priorité les trottoirs ou la chaussée.

 

Ces services fonctionnent parfaitement, mais avec un « léger décalage », le temps de muter le météorologue incompétent et de commander une étude de benchmark dans les pays nordiques.

 

Si toutefois les ministres ne se réfugient pas dans le déni.

« Il n’y a pas de pagaille, mais des complications sérieuses. »

« Des difficultés, mais pas de pagaille générale. »

 

Ben voyons.

C’est sûr que dans les couloirs moquettés des ministères, hormis les habituelles collisions entre secrétaires promenant un formulaire, rien à signaler.

Un vernis à ongle éraflé tout au plus.

 

Une bonne partie des naufragés de la neige est donc arrivée à destination avec un léger décalage, dans un état de fraicheur relative et une très haute opinion de nos élites, de nos capacités nationales d’organisation et de gestion.

 

Comme il faut des coupables, les citoyens vilipendent les élus qui accusent les météorologues qui en appellent à leurs syndicats à qui l’on promet de prendre des mesures énergiques.

 

C’est comme ça que Bébert, ouvrier municipal affecté au salage des trottoirs, s’est vu refusé sa promotion au prestigieux service salage des chaussées.

 

Bref, tout ça pour dire qu’en France on a eu la neige.

Et les boules.

 

 

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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 14:26

 

Je me souviens d’un temps pas si lointain, que les jeunes peuvent encore connaitre, où la logistique devait se professionnaliser. C’était une époque où l’on peinait à définir le mot logistique et où les acteurs étaient répartis dans de multiples spécialités, dont les spécificités étaient quelque peu difficiles à appréhender pour le néophyte.

 

Heureusement, les anglo-américains volant à notre secours nous ont offert la Supply Chain. En un rien de temps, toutes ces tribus spécialisées sont devenus des acteurs de la Supply Chain, ce qui ne facilite pas forcément la compréhension de leurs métiers, mais présente l’avantage non négligeable de les désigner par une seule expression, utilisable dans le monde entier de surcroit.

 

Voila le ringard camion « Transports Bébert » devenu le vecteur de votre performance, grâce à « Bébert your Supply Chain partner ».

Si.

C’est écrit.

Sur la bâche de la remorque.

 

Tout allant de plus en plus vite, y compris les camions arborant le macaron 80km/h, la Supply Chain est devenue Lean.

 

Fort bien, donc elle accélère et maitrise ses flux, élimine les gaspillages.

Mes visites d’entrepôts ou de plateforme confirmaient les besoins en la matière.

 

Puis, s’avisant des milliers de mouvements et de colis qu’elle doit maitriser, la Lean Supply Chain s’est mise aux statistiques pour devenir Six Sigma.

 

Igor, Pavel et Zbignew les ex-chauffeurs de Bébert transport sont devenus des Black (Safety) Belt Champion Drivers.

 

Celui d’entre eux qui en plus détient le permis cariste est Master Black (Safety) Belt. Ils sont reconnaissables dans un restaurant routier, étant les seuls qui se montrent leurs collections d’écart-types et discutent analyse de variance, en biélorusse, polonais et slovaque.

 

S’il arrive qu’ils se tapent dessus, c’est que le tapé n’a pas correctement prononcé « moyennoschka » et que le tapeur a entendu « moi et Noschka », laissant à penser que la Noschka en question a dérivée hors des tolérances conjugales.

 

Mais avant que la Supply Chain ne finisse de calculer ses capabilités et le peintre de bâche d’achever la retouche pour « Bébert your Lean Six Sigma Supply Chain partner », arrive la vague verte.

 

Pas question de passer pour des pollueurs, alors hop, la Supply Chain devient Green.

Si.

C’est écrit.

Sur la bâche de la remorque.

Heureusement qu’elle est longue.

La remorque.

Pour tout écrire dessus.

 

Désormais Igor, Pavel et Zbignew s’arrêtent régulièrement sur les aires de repos pour leur pause yoga ou leur cigarette bio. Vous les reconnaitrez à leurs tongs de sécurité en bambou estampillées « commerce équitable ».

 

A peine verte, la Supply Chain s’avise qu’elle doit également être Agile, c'est-à-dire apte à se reconfigurer dynamiquement en fonction de paramètres, dont les valeurs sont difficilement prévisibles.

 

« Ah ?  se dit Pavel, justaucorps rose, tongs de sécurité en bambou bleu, juché en équilibre très instable sur une balle de cirque, mon patron ne serait-il pas une fashion victime prenant les nouveaux concepts de manière un peu trop littérale ? ».

 

Pendant que l’ambulance l’emporte aux urgences, que Zbignew écrit au pape pour connaitre la position du Vatican et qu’Igor définitivement entré en résistance au changement dans une plantation de Vodka au fond d’une vallée de l’Absurdistan disparait de l’histoire, la Supply Chain ambitionne de rejoindre les nuages.

 

Cloud Supply Chain se nomme le prochain stade.

Trop étourdis par toutes ces évolutions rapides, nous décidons de laisser passer celle-là.

On prendra la suivante.

 

Je gage que si l’une de vous lectrices ou l’un de vous lecteurs, invente le « zoubi management » ou le « hopla manufacturing », on trouve le lendemain sur Internet l’annuaire des prestataires en Zoubi Supply Chain depuis 20 ans et le programme du congrès des experts en « Hopla Manufacturing ».

 

En attendant de vous y rencontrer, sachez encore que l’on reconnait le Lean Six Sigma Green Agile Cloud Supply Chain manager au top de son métier au fait qu’il ne vous tende pas une carte de visite, mais une banderole.

 

 

 

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 07:54

 

Voilà un PC qui rend l’âme en me lâchant au moment le plus critique, c'est-à-dire entre deux sauvegardes, et dans une période de grosse charge de travail.

 

Plein de ressources, je me rabats sur un vieux PC qui jouissait depuis quelques années d’une retraite paisible et discrète. Mauvaise nouvelle pour lui, l’âge de la retraite vient d’être reculé. Tu es à nouveau bon pour le service coco !

 

Coco reprend du service dignement, lui qui était à la pointe de la technologie de sa génération, se met en route avec une allure de sénateur, à la fois ravi d’apparaitre comme un sauveur et offensé dans sa dignité (M’appeler coco, moi, un D420 à Duo Centrino avec 40Go de disque).

 

Pour bien me faire sentir sa contrariété (et faute de majeur), il m’affiche ostensiblement un sablier vengeur.

Longtemps.

Et souvent.

Il le retourne même de temps à autre. Ainsi j’ai le temps de bien observer, même d’en compter les grains, qui ont ordre de tomber à la vitesse des flocons de neige dans un courant d’air ascendant.

 

Très bien, pendant que coco installe le bureau et procède à une multitude d’opérations, je vais prendre un café.

Non pas pour l’excitation de la caféine, Coco avec la complicité de Windows s’en chargent, mais simplement pour m’occuper.

 

Quand enfin tout est prêt, rien ne correspond à mon espace de travail habituel ; les applications ne sont pas paramétrées, les programmes utiles ne sont pas disponibles, le clavier est suffisamment différent pour devoir y chercher des touches (vive la standardisation !), jusqu’au navigateur internet que les sites visités indiquent dépassé depuis… huit ans (!)

 

Très régulièrement le sablier Windows apparait. Par exemple en pleine frappe d’une phrase durant laquelle l’écran se fige avant que n’apparaisse ce fichu sablier.

Je réalise alors que cette image doit être la plus vue au monde. Cette petite icône est certainement plus vue que la Joconde. Même les tribus récemment informatisées d’Indonésie ou d’Amazonie ont déjà vu ce sablier, alors qu’elles n’ont certainement jamais entendu parler de Mona Lisa !

 

Mais alors quelle injustice pour son créateur resté dans l’anonymat. Ne devrait-il pas se faire connaitre ?

 

Très vite je réalise que non. Il doit au contraire vivre dans la clandestinité, protégé par la police tel un caricaturiste suédois, car son œuvre a tant exaspéré de monde qu’il vaut mieux pour lui de ne jamais se faire connaitre.

 

 

 

 

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 07:08

Peut-être connaissez-vous la chanson « Ironic »d’Alanis Morissette ? Avez-vous prêté quelque attention aux paroles ? Ce petit bijou d’humour noir aurait-il été écrit pour moi ?



 

Figurez-vous que quelques jours à peine après avoir récupéré ma voiture auprès du service après-vente dont je fait l’éloge dans l’océan de médiocrité et en pleines vacances, l’ordinateur de bord indique qu’il est temps… de faire la prochaine révision.

Bouffée de rage.

Ce F# !@ d’ordinateur est de mèche avec les autres, qui évidemment n’ont pas eu la présence d’esprit de vérifier quand la prochaine révision est due.

Ironic.

 

Retour de vacances avec des valises pleines de linge à laver et voilà notre sèche-linge qui décide de démissionner au terme de 14 ans de collaboration sans faille.

Comme il était impossible de le raisonner, nous sommes partis acheter son successeur. Nous choisîmes un modèle compatible avec linge exigeant, du solide à réputation et surtout, un modèle spécial silence.

C’est écrit dessus.

Si.

Il fut livré deux jours plus tard, essayé dix secondes par le livreur, une signature et au revoir m’sieur dame.

Lorsque le modèle spécial silence reçu sa première mission de séchage, il émit un bruit tellement strident que dans l’instant les araignées émigrèrent en masse vers des quartiers plus tranquilles et que les chats des environs continuèrent à ressembler à des hérissons pendant trois jours.

Ironic.

 

Ce client exigeant impose une réunion européenne le 7 septembre, pile le jour où la France sera en grève. Comme il ne va pas synchroniser l’ensemble des participants sur les contraintes de quelques français, un déplacement qui aurait du se faire en un jour en coûtera trois, avec une voiture qui implore une révision et dans une période d’intense charge de travail.

Ironic.

 

Je me demande si lors de la céleste distribution, je ne me suis pas fait refiler un karma frelaté ?

 

 


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25 juillet 2010 7 25 /07 /juillet /2010 16:57

 

Je suis régulièrement frappé par le même phénomène affectant la communication au sein des entreprises : la méconnaissance du problème des deux pyramides et la confusion du fond et de la forme.

 

Le principe des deux pyramides que les lecteurs de mes ouvrages connaissent probablement déjà est rappelé à cette adresse : http://chohmann.free.fr/management/pyramides.htm

 

Je l’ai exposé la première fois dans le « guide pratique des 5S » et répété dans « techniques de productivité ». Il figurera très probablement dans le quatrième ouvrage en cours de rédaction.

 

Ce principe stipule, entre autre, que le sommet de la pyramide hiérarchique manipule de l’abstraction, des grandes masses, des généralités alors que la base de la pyramide est dans le concret, le détail.

 

C’est ainsi que j’ai assisté en observateur à une restitution faite à la direction générale par de jeunes ingénieurs méthodes.

 

N’étant pas encore très au fait de l’actualité dans l’entreprise, des projets en cours et plus généralement étant encore en phase d’immersion, cette présentation m’a perdu rapidement.

 

Il s’agissait d’expliquer les résultats d’un chantier Kaizen ciblé sur une zone de production.

Le présentateur, peu à l’aise et probablement poussé dans la fosse aux lions par ses courageux collègues, n’avait pas l’habitude de présenter ou peu de talent inné pour la synthèse et plus probablement encore un mélange des deux.

 

Non seulement la présentation était confuse, le présentateur bredouillant, mais le support n’était fait que de plans CAO de réimplantation de la future zone, ce qui nécessitait de la part du public un effort de compréhension intense. Les commentaires étaient émaillés de jargon technique, des abréviations obscures, suivis de longues explications sur des points de micro-détails.

 

Cela faisait monter l’exaspération du Directeur Général peu enclin à consentir un tel effort de concentration et autant de temps et qui désintéressait rapidement les autres directeurs.

Sauf le directeur technique.

 

La session fut rapidement ajournée par un DG mécontent qui somma le groupe de revoir rapidement sa copie.

 

Mon analyse était simple. Le groupe devait se livrer à un exercice marketing destiné à vendre leur projet.

Il aurait fallu présenter le projet de manière pédagogique, en entonnoir, du général vers un certain niveau de détail.

 

C’est le principe des deux pyramides ; il faut adapter la forme de la communication aux interlocuteurs.

En l’occurrence, les occupants du haut de la pyramide étaient peu intéressés par des couples de serrage ou des capacités de levage, qui sont des détails techniques qu’ils délèguent aux opérationnels.

 

Ce qu’ils voulaient comprendre c’est de quelle situation le groupe est parti, à quoi il est parvenu, combien coûte la conversion et qu’est-ce qu’elle rapporte.

 

Les orateurs ont confondu forme et fond, ou plutôt n’ont pas su distinguer que la proportion entre forme et fond et inversée entre le haut et le bas de la pyramide hiérarchique.

 

Après avoir expliqué ces quelques basiques et aidé à la mise en forme de la nouvelle présentation, le groupe à vendu le même projet en se limitant à des schémas directeurs, présentant la solution sous l’angle de concepts généraux (flux d’approvisionnements, de production, point d’intervention maintenance, etc.).


Sans rien changer sur le fond, la nouvelle forme leur a valu les félicitations du « jury ».

 

 

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9 juillet 2010 5 09 /07 /juillet /2010 19:20


Mes activités professionnelles m’amènent à séjourner régulièrement dans les hôtels et fréquenter les restaurants, qui sont des lieux d’observations particulièrement riches pour construire de véritables études de cas sur l’efficience des processus.

 

Le contrôle de la prise du petit déjeuner et le traitement subséquent de la facture des clients demeurent obstinément anti-Lean, (presque) quelque soit l’établissement fréquenté.

 

Premier cas : pas de contrôle dans la salle à manger.

 

Pour le client, c’est plutôt agréable, car devoir donner son numéro de chambre à haute voix s’assimile non seulement à réduire les individus à leur numéro de chambre, mais accessoirement indique à toute oreille indiscrète et éventuellement mal intentionnée que l’occupant de ladite chambre vient de la quitter pour un certain temps.

 

Au moment de régler la facture, le ou la réceptionniste demande (s’il y pense) si le petit déjeuner a été pris. A moins que celui-ci soit facturé d’office et c’est alors au client d’être vigilant s’il n’a rien consommé et peu enclin à payer la non consommation.

 

Deuxième cas : il y a des matins avec et des matins sans.


La pratique varie avec les personnels. Il y a ceux qui visiblement accueilleraient la terre entière sans broncher et ceux qui voient en chaque arrivant un vil escroc qu’il faut démasquer séance tenante. En effet, dans ce second cas, on ne saurait tolérer qu’un individu non résident profite indument d’un privilège réservé aux hôtes payants ou qu’un résident passe plus d’une fois au buffet. Pour des contrôleurs scrupuleux, il n’est pas exclu que des jumeaux cherchent à tromper la vigilance des cerbères de service et par leur ressemblance cherchent à ne payer qu’un seul petit déjeuner ! Dans ce métier monsieur, on voit de tout !

 

Une autre variante fait demander la même personne préposée au contrôle, parfois, mais jamais systématiquement votre numéro de chambre.

Est-ce un effet lié à la météo ? à la mémoire capricieuse ? à la présence de la hiérarchie ?

Pour un esprit rationnel, de deux choses l’une : ou cette information est utile et il est compréhensible qu’elle soit demandée, ou elle n’est pas utile, auquel cas on peut s’économiser de la recueillir. L’info est utile ou non, mais j’ai du mal à concevoir qu’elle ne peut être utile que parfois.

 

Troisième cas : 

 

Contrôle dans la salle à manger puis question à la réception au moment de la préparation de la facture : « avez-vous pris le petit déjeuner ? », du moins dans sa version élaborée qui peut se considérer déférente par rapport aux versions plus courantes, comme le très synthétique « un petit déjeuner ? ».

 

La dernière fois qu’une charmante réceptionniste, accessoirement patronne, m’a fait le coup, je lui ai demandé si elle pouvait concevoir que « cela peut être irritant pour le client de devoir donner l’information dans la salle à manger et la répéter à la réception ?

- Euh, non. C’est, me répond-elle, que les deux endroits sont distants.

- ?

- La salle à manger se trouve au sous-sol, précise-t-elle.

(je le sais, j’en viens)

- Pourtant quand on y descend, vous suivez le client (moi) pour lui demander son numéro de chambre (une fois arrivé au bas de l’escalier où se trouve, outre la salle à manger, le formulaire sur lequel il faut cocher une case. La patronne remonte ensuite reprendre immédiatement son poste à la réception sans emporter physiquement ou mentalement l’information recueillie.)

- Nous redemandons systématiquement pour éviter les erreurs sur les factures, se défend-elle avec son plus beau sourire qui devrait, comme à l’accoutumé j’imagine, lui pardonner bien des choses.

Je ne suis pas d’humeur pardonneuse ce matin là :

- Non seulement vous redemandez l’information que vous avez déjà, sous prétexte d’éloignement des lieux entre sa récupération et son usage (c’est pas le problème des clients), mais en plus les factures sont erronées ! »

 

En effet, devant le rapport qualité/prix proprement scandaleux, je fais désormais l’impasse sur son offre petitdéjeunatoire. Mon numéro n’est donc pas coché sur le formulaire, mais ma facture comporte néanmoins d’office le petit déjeuner.

 

Par ailleurs, je ne peux concevoir que l’on reporte sur le client l’inefficacité de l’organisation, en prétendant en plus œuvrer à la prévention des erreurs, qui se formule dans le langage hôtelier « je contrôle la qualité pour vous être agréable cher client».

 

Ma facture a été corrigée, le sourire était un peu crispé.

Depuis mes factures sont justes. Faut-il donc toujours d’abord se fâcher pour obtenir correctement ce que l’on souhaite ?

 

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12 juin 2010 6 12 /06 /juin /2010 11:13


Que les amateurs de lingerie cloutée et amours rugueuses se calment, cet article ne traite pas de pratiques fantaisistes pour adultes mais bien de management des approvisionnements.

 

C’est la question de JF (voir son commentaire à l’article Précisément vrai mais globalement faux) à propos des prévisions et son témoignage « Et un coup, je t'avance tout, le coup d'après, je repousse tout... » (toujours rien à voir avec des jeux d’adultes) qui m’inspire cet article.

 



Se sont les analystes travaillant pour la société Procter & Gamble (P&G) qui s’étonnèrent de la variabilité de la demande en couches culottes, alors que la population des nouveau-nés ne varie pas dans des proportions importantes sur des courtes périodes et qu’il est peu probable qu’une majorité d’entre eux synchronise leurs constipations ou leurs diarrhées.

 

Leurs investigations montrèrent que les variations de demandes auprès des points de ventes étaient relativement faibles, mais que ces variations augmentaient à mesure que l’on s’éloigne du point de consommation pour remonter la chaine d’approvisionnement. Le fournisseur de matière première étant régulièrement victimes de successions de demandes impossibles à fournir puis de coups de freins et annulations de commandes.

 

La courbe d’amplification des variations remontant la chaine avait une forme rappelant le fouet des cowboys et fut baptisée bullwhip (fouet à bœufs), d’où le nom « d’effet bullwhip » également appelé « effet Forrester », en référence à Jay Forrester qui mit le principe en évidence dès la fin des années 1950.

 

L’effet bullwhip a été constaté dans de nombreux autres secteurs et il existe de nombreuses simulations ludiques, dont le « jeu de la bière » dans lequel la production mondiale de houblon et d’orge ne suffirait pas à couvrir certains besoins exprimés.

 

Dans une chaine d’approvisionnement réelle, ces variations erratiques sont à mettre sous contrôle, idéalement à éviter. Pour cela, il faut connaitre les inducteurs de l’effet Bullwhip dont le principal est le cloisonnement des différents maillons de la chaine, chacune ne voyant que les demandes de son client immédiat, mais pas celles du client final. (pour en savoir plus : http://chohmann.free.fr/SCM/)

 

Ce besoin de coordination et de transparence a fait émerger le Supply Chain Management.

 

En prenant un raccourci, on peut prétendre que les cowboys fouettards soucieux de bien vendre des couches culottes ont inventé la Supply Chain.

Ca vaut bien le char romain à l’origine de la navette spatiale

 

 

 


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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 17:54


La « largeur de la croupe du cheval » (billet précédent) est une collection de faits, que l’on admettra vrais pour coller au titre de ce billet, qui mis bout à bout finissent par faire une (belle) histoire vraisemblable, mais fausse.

 

Ceux qui ont lu le texte anglais (lien fourni par Raphael dans son commentaire), qui démonte la théorie du « cul du cheval » noteront que je n’en reprends pas la conclusion.

 

Comme je ne pense pas que le terme « cheval » attise la curiosité des foules se promenant sur le Net, j’aime à croire que le pic de lecture du blog – et de l’article « cul du cheval » en particulier - n’est pas du au terme « cul » pour lui-même, mais qu’il est du aux lectrices et lecteurs habituels, mobilisés et soucieux de vérifier la bonne tenue de ce blog. Je les espère rassurés.

 

Cette histoire globalement fausse, mais basée sur des faits que nous continuerons à admettre précisément vrais rappelle l’adage populaire qui dit :

 

Mieux vaut être globalement juste que précisément faux !

 

C’est la façon polie de remettre en place les pinailleurs, les fendeurs de cheveux en quatre, les vérificateurs compulsifs de la cinquième décimale et autres tourmenteurs de drosophiles qui nous emm… à longueur d’année, ceux qui jubilent à mettre en doute un calcul, une hypothèse pour une erreur minime, quand bien même celle-ci ne change rien au résultat global ou au raisonnement.

 

Mais voilà que récemment ma certitude armée de cette sagesse vacille.

 

En effet, en analysant le tableau de bord d’une entreprise, nous voyons l’indicateur de fiabilité des prévisions (quantité réalisée/quantité prévue) de 98% !

 

Au vu des résultats globaux de la firme, il est improbable que nous soyons face aux champions du monde de la prévision. Nous analysons donc les données sources et constatons que ligne à ligne la fiabilité des prévisions varie dans des proportions incroyables ; +500% par ci, -300% par là, pas une ligne qui fasse moins que 15% d’écart.

 

En fait, la somme des écarts avait le bon goût de faire tomber l’écart global à 2%.

 

Les prévisions étaient donc globalement justes ET précisément fausses.

 

A méditer.

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 18:53

Je ne suis pas sûr que toutes les lectrices et tous les lecteurs parcourent les commentaires des billets et articles, dans lesquels peuvent se nicher des perles.


Merci à toutes celles et ceux qui se donnent la peine de commenter.


Voici, pour récompenser "SerM" de son effort et pour l'édification des masses, son commentaire à l'article "tuyau et rustines" élevé à la dignité d'article ou de billet. Le titre est tiré de sa conclusion et je ne garantis rien de ce qui est affirmé sous cette ligne...




Celà me fait aussi penser à l'histoire (légende?) suivante sur le fait de reporter indéfiniment les contraintes:

 

La distance standard entre les 2 rails d'un chemin de fer aux USA est de 4 pieds et 8,5 pouces. Ce n'est pas précisément un chiffre rond. Pourquoi cet écartement a-t-il été retenu ?

 

Vraisemblablement parce que les chemins de fer aux USA ont été construits de la même façon qu'en Angleterre, par des ingénieurs anglais expatriés, qui ont pensé que c'était une bonne idée car ça permettrait également d'utiliser des locomotives de conception anglaise.

 

Mais pourquoi les anglais ont-ils construit les leurs comme cela ? Parce que les premières lignes de chemin de fer furent construites par les mêmes ingénieurs qui construisirent les tramways, et que cet écartement était alors utilisé.

 

Pourquoi cet écartement ? Parce que les ingénieurs qui construisaient les tramways ont utilisé les mêmes méthodes et les mêmes outils que ceux qui construisaient les chariots. Bien et alors, pourquoi utilisait-on un tel écartement pour les chariots?

 

On sait que les premières grandes routes en Europe ont été construites par l'empire romain pour accélérer le déploiement des légions romaines. Sur ces routes circulaient les fameux chariots dont l'écartement des roues nous préoccupe tant. Les romains ont retenu cette dimension pour la raison suivante : Les premiers chariots étaient des chariots de guerre romains. Ces chariots étaient tirés par deux chevaux. Ces chevaux galopaient côte à côte et devaient être suffisamment espacés pour ne pas se gêner. Afin d'assurer une meilleure stabilité du chariot, les roues ne devaient pas se trouver dans la continuité des empreintes de sabots laissées par les chevaux, et ne pas se trouver trop espacées pour ne pas causer d'accident lors du croisement de deux chariots.

 

L'espacement des rails US (4 pieds et 8 pouces et demi) s'explique donc par le fait que 2000 ans auparavant, sur un autre continent, les chariots romains étaient construits en fonction de la largeur de l'arrière-train des chevaux de guerre.

 

Il y a une extension intéressante de cette histoire concernant l'espacement des rails et l'arrière-train des chevaux.

 

Quand nous regardons la navette spatiale américaine sur sa rampe de lancement, nous pouvons remarquer la présence des deux "boosters" additionnels placés de part et d'autre du réservoir principal. La société THIOKOL fabrique ces propulseurs additionnels dans son usine de l'UTAH. Les ingénieurs qui les ont conçus auraient bien aimé les faire un peu plus larges, mais ces réservoirs devaient être expédiés par train jusqu'au site de lancement. La ligne de chemin de fer entre l'usine et Cap Canaveral emprunte un tunnel sous les montagnes rocheuses. Les "boosters" devaient donc pouvoir passer dans ce tunnel. Le tunnel est légèrement plus large que la voie de chemin de fer, et la voie de chemin de fer est à peu près aussi large que les arrière-trains de deux chevaux.

 

Conclusion : une des contraintes de conception du moyen de transport le plus avancé au monde est donc la largeur d'un cul de cheval !!!

 

 

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 12:51

 

Les réseaux sociaux sont des machines virtuelles à se faire des amis.

 

Leur intérêt dans la solitude des métropoles surpeuplées et la compétition des affaires parait fondé. On peut s’y construire un réseau de connaissances, éventuellement d’entraide, même se recommander chaudement sans s’être jamais croisé et ce genre de choses.

A l’occasion, ces réseaux permettent même de se tenir au courant des modifications géographiques majeures et méconnues sur la planète (voir l’Océan de Cotonou).

 

J’imaginais le réseau social sur le net comme une continuité du réseau social traditionnel : on se rencontre, on fait connaissance, on échange des cartes de visite puis on garde le contact.

 

En fait les demandes de contacts arrivent toutes seules, des quatre coins de la planète et sans peine puisqu’il suffit de cliquer un bouton pour qu’un formulaire pré-rempli, aussi attentionné et chaleureux qu’une déclaration d’impôt, soit envoyé à la cible de son choix.

 

Ainsi m’arrivent régulièrement des demandes de mise en contact de parfaits inconnus, qui ont le clic facile mais ne s’encombrent pas de détails : pas un mot sur leur motivation, leur but, pas une formule de politesse autre que celle pré-remplie…

 

Celles qui m’impressionnent le plus sont celles qui émanent de jeunes gens qui malgré (ou grâce ?) leur jeune âge accumulent déjà 2492 contacts directs.

Je ne saurais jamais pourquoi ils avaient besoin de moi en plus, hormis pour gagner un concours du plus gros possesseur d’amis ?

 


J’imagine la transposition dans le monde réel de la machine à se faire des amis :

 

« Tiens chérie, je me ferai bien un nouvel ami, il te reste de la monnaie ? »

La machine échange la pièce contre un sachet estampillé « Barnabé, l’ami rêvé » ou « Jeannine la bonne copine ».

On verse 25cl d’eau dans le sachet et plouf Barnabé apparait (pour Jeannine comptez 33cl, parce qu’elle intègre la fonction « pleurer »).

« Salut, je suis Barnabé, l’ami rêvé. T’aimes le foot ? T’as de la bière et des cahuètes ? »

Déception.

Vite, appuyons le bouton [supprimer] dans son dos et plaf, Barnabé se répand en paillettes dorées biodégradables sur le sol.

Essayons « André l’ami qui plait » ou « Rodolphe, qui joue au golf » ou « Paul-Edouard, jamais en retard »

 

Ceux qui plaisent se rangent dans un placard grâce à la fonction « archiver » (faire ALT+ clic bouton derrière l’oreille gauche)

 


Autre propriété de ces réseaux ; on peut être tenu au courant et en temps quasi réel des évènements cruciaux qui forgent l’histoire de l’humanité :

 

* Madeleine Laval s’est abonnée au forum point de croix et chefs d’œuvre en dentelle

* Henri-Paul de Lacloche a consulté l’article « les titres de noblesse dans le cybermonde »

* Julie Duval a posté un commentaire sur la chanson Prout tralalère

* Jérôme Dudule s’est mouché il y a 1,45 minutes

 

Tous ceux qui ont manqué ces faits d’actualité resteront en marge de la marche de l’humanité vers son évolution mais auront probablement terminé leur travail dans les délais ou conclu des affaires réelles avec des organisations et individus restés bêtement matérialistes.

 

Rien n’est plus secret entre membres d’un réseau, pas même que votre collaborateur direct vient de rentrer en contact avec votre homologue chez le concurrent le lendemain de son entretien d’évaluation.

 

Une aide précieuse pour le management.

 

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Published by Christian HOHMANN - dans Billet d'humeur
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