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  • : Extension interactive de mon site personnel, ce Blog rassemble une sélection d'articles dont des billets d'humeur. Bonne Lecture Christian HOHMANN http://christian.hohmann.free.fr
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Qu’est-ce qu’un billet d’humeur ?
 
En journalisme, le billet d’humeur est avant tout le regard très personnel, décalé et critique d'un journaliste sur un fait d'actualité. Il se place résolument du côté du commentaire, y compris dans son aspect le plus subjectif.
 
Le billet d'humeur, c'est aussi l'indignation, le coup de gueule et l’expression de la mauvaise humeur.
Le billet d’humeur, par essence, n'engage que son auteur.

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1 mai 2010 6 01 /05 /mai /2010 17:45

 

1er Mai 2010, je fête le travail comme il se doit en chômant assidument ce jour.


En nettoyant mes boites mail des courriers en retard, je tombe sur cette perle reçue via un réseau dit "social".

 


 

Cher monsieur,


Je suis le responsable des échanges et facturations de la banque internationale pour le commerce et l'industrie DU BENIN J'implore votre indulgence pendant que je vous contact d'une façon si étonnante.

 

(Un sourcil se lève et mon index cliqueur retient son geste de suppression à la lecture du mot « étonnante » ; un pitch publicitaire qui mérite d’être vérifié.)


Mais je vous exige avec respect de lire cette lettre soigneusement car je suis optimiste qu'elle ouvrira des portes pour les récompenses financières inimaginable pour tous les deux.

 

(Vous êtes bien le premier à m’exiger.. ! Quant à l’inimaginable, il n’y en a pas assez pour accorder le pluriel ?)

 

Dans mon département nous avons découvert
une somme abandonnée de vingt deux millions de dollars US (USD 19.000.000.00),

 

(A supposer qu’un des points est un séparateur de décimales, il vient quand même de s’en évaporer 3 millions le temps d’écrire la somme en chiffres. C’est dire l’ampleur de la crise en Afrique.)

 

dans un compte qui appartient à un de nos client étranger qui est mort avec sa femme en Décembre 2003 dans un accident d'avion qui s'est écrasé sur l'Océan de Cotonou.

 

(tiens, je ne le connaissais pas celui-là, l’océan de Cotonou.)

 

Depuis que nous avons obtenu des informations sur sa mort, nous nous étions attendus à ce qu'un de ses proches parents vienne et demande son argent parce que nous ne pouvons pas le libérer à moins que quelqu'un sollicite être un de ses parents comme indiqué dans nos directives d'opérations bancaires mais malheureusement nous apprenions que tous sont supposés ne pas être au courant de ses avoirs , la personne au courant ( sa femme est morte avec lui lors de l'accident) Ne laissant personne derrière pour la réclamation.

 

(Votre compréhensible émotion rend l’explication quelque peu confuse, mais tant de malheur vaut toute notre sympathie à la nombreuse parenté mal informée.)

 

C'est suite à cette découverte faite par les services d'une agence de détectives privée que mon collègue et moi avions décidé de vous faire cette proposition d'affaires et de vous libeller l'argent en tant que proche parent du défunt pour la sûreté et le déboursement suivant puisqu' il n'a personne.

 

(Adopter un défunt orphelin, quelle noble idée !)

 

Nous ne voulons pas que cet argent entre dans le trésor de la banque comme fond irreclamé facturé. La loi et les directives d'opérations bancaires ici stipule que si une telle somme d'argent restait irreclamé après quatre
ans, l'argent sera transféré dans le trésor de la banque comme fonds irreclamé.

 

(Décidemment, les accords… en genre et nombre, pour les accords en affaires cela semble être plus dans vos cordes.)


La demande d'un étranger comme proche parent dans cette affaire est occasionnée par le fait que le client était un Étranger et un Béninois ne peut pas se tenir en tant proche parent d'un étranger.

 

(Ma foi, Mamadou Demba frère de Jörk Ligenström, c’est vrai que cela étonne de prime abord, mais le monde est un grand village…)

 

 (il faut éviter toute démarche qui entraînerais des soupçons)

 

(Vous faites bien de le préciser !)

 

Nous convenons que 30 % de cet argent serons pour vous en tant qu'associé étranger, en ce qui concerne la fourniture d'un compte et tout le protocole de transfert d'argent dans votre pays nous prévoyons 10 % et 60 % pour moi , mon collègue et toutes autorités participants à cette affaire.

 

 

Je visiterai donc votre pays pour le déboursement selon les pourcentages indiqués.

 

(Prenez soin de contourner l’Océan de Paris, les accidents d’avions s’y écrasent souvent)

 

Par conséquent permettez le transfert immédiat de ces fonds comme disposé, vous devez d'abord contacter la banque comme proche parent du défunt (son cousin) indiquant votre nom de banque, votre numéro de compte bancaire, votre numéro de fax privé, de téléphone pour la communication

 

(bon, je vais acheter un fax, ne quittez pas)


À la réception de votre réponse, je vous enverrai par fax ou email le texte de l'application. Je ne manquerai pas d'apporter à votre notification que cette transaction est libre et que vous ne devriez amuser d'aucun atome de crainte car tous les arrangements exigés ont été pris par un notaire pour le transfert.

 

(vous avez raison, le nucléaire est trop dangereux pour que l’on s’en amuse, et ma mère m’a toujours strictement défendu de jouer avec les atomes de crainte)


Essayez cher monsieur de me contacter dès que vous recevrez ma lettre.
Confiant d?avoir de vos nouvelles rapidement.

 

(comptez la-dessus et fumez un brin de muguet à la santé de l’Océan de Cotonou)

 

 

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 23:28

 

La scène : immeuble de bureaux cossu, refait à neufs.

L’objectif de la mission : se laver les mains.

La victime : moi.


J’arrive dans les toilettes marbrées, très propres, où la lumière s’allume seule par la grâce du détecteur qui remplace le traditionnel interrupteur.

La première impression est très favorable.

Le distributeur de savon distribue sa noix de savon et je manipule le levier du mitigeur du lavabo pour obtenir de l’eau froide.

 

Je m’ébouillante les mains.

 

Surprise.

 

Dont je vois la mimique douloureuse dans le miroir.

 

Incrédule je regarde les deux points bleu et rouge sur le mitigeur, le levier est bien du côté bleu.

Je le ramène du côté rouge et l’eau glacée apaise la brûlure.

 

Ceci fait, je saisis de mes doigts mouillés l’extrémité d’une serviette en papier dans le distributeur.

J’en retire un confetti détrempé entre pouce et index.

J’en déduis qu’il faut augmenter la surface de contact entre doigts et serviette, ajoute donc des doigts, tire à nouveau et récupère une… bandelette de papier.

 

Je comprends, l’instruction Véyézo serviettes a trouvé un exécutant zélé qui a bourré le distributeur par le haut, compactage maximal. Les usagers ne risquent donc pas de manquer de serviettes, aucun ne peut en utiliser. Cela économise même le vidage de poubelle, puisqu’aucune serviette n’en trouve le chemin.

 

J’exige une serviette, donc je m’y reprends vigoureusement avec tous mes doigts dont les extrémités sont maintenant sèches, le distributeur soubressaute et pour toute concession à notre lutte homérique finit par me lâcher son couvercle sur les mains.

 

Je n’ose en passer une (de main) par le dessus désormais ouvert pour attraper la serviette du haut de la pile, rendu prudent par la densité de pièges dans une surface aussi réduite.

Je réalise avec effroi que j’aurais pu en déclencher davantage encore en utilisant… l’isoloir !

 

Je n’ose pas non plus toucher la poignée de porte avec des mains mouillées et opte donc pour la méthode japonaise ; je me sèche les mains avec un mouchoir.

Propre, évidemment.

En papier.

De ceux qui peluchent un peu. Je ne suis plus à çà près.

 

L’histoire finit bien, les toilettes ne mettent aucun obstacle à ma libération.

 

D’aucun penseront que voilà non seulement un homme maladroit (voir trahisons technologiques) mais qui en plus attire sur lui les petites misères du monde.

 

J’aime à croire moi, que des lecteurs de ce blog conspirent et oeuvrent en secret pour inspirer les futurs billets d’humeur.

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 17:45

Qui roule diesel est ne dispose pas d’un chauffeur sait que faire le plein sans se protéger les mains, c’est embaumer le gazole pour le restant de la journée.

 

Les distributeurs de carburant ayant le souci du client, plus précisément celui de le voir revenir, proposent des gants vinyle jetables. Courtoisie bien calculée, mais néanmoins appréciée.

 

Parfaite illustration de « l’effet Kano », l’apparition du gant vinyle créa un effet d’heureuse surprise, d’autant que le gant est plus pratique et dans une certaine mesure plus élégant que le torchon de papier que les plus débrouillard(e)s et les plus motivé(e)s entortillent autour du pistolet.

 

Hélas, Kano enseigne aussi que l’heureuse surprise d’hier est le standard d’aujourd’hui.

 

Cela signifie que les clients charmés par cette délicate attention hier, payaient en se fendant d’un mot gentil au pompiste attentionné, mais une fois l’habitude du gant prise, les mêmes clients sont capables d’invectiver (voire de fendre) le pompiste en cas de manque de gants.

Si.

 

Ne souhaitant ni perdre les clients, ni les pompistes, les patrons de pompes dirent aux pompistes : « veillez aux gants, sinon gare ! ».

La sélection concurrentielle se chargea d’éliminer ceux qui ne surent interpréter « Véyézogan » au profit de ceux qui z’y veillent.

 My-pompiste.jpg

Sauf que quitter caisse et cahute, tabouret moelleux, musique et douce chaleur/tiédeur/fraicheur (rayer les mentions inutiles) pour regarnir périodiquement le distributeur de gants avec la quantité juste nécessaire (Lean) est une tâche que l’on délègue volontiers au collègue qui prendra la relève.

 

Ces ainsi que certains pompistes veillent si bien aux gants qu’ils bourrent le distributeur tant et plus, espérant bien que le stock suffira jusqu’à la fin de leur poste.

 

Pour le client, récupérer un gant, un seul et d’un seul tenant est un défi.

Après avoir vaincu le replet et radin distributeur, le client peut selon le cas, profiter de mitaines vinyles ou de quelques doigtiers de la même matière effilochée, guère plus élégants et certainement moins pratiques que les torchons à l’ancienne.

 

Quelques pompistes vigilants, voyant les clients s’acharner sur le distributeur n’hésitent pas à sortir sur le seuil de leur cahute et menacer de lâcher les chiens sur ces clients voleurs qui semblent faire provision de gants !

 

Véyézogan !

Yzivéye.

 

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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 18:29

Jamais un 14 février annoncé ne m’avait paru aussi agressif, commercialement parlant.

 

Le 14 février est la saint Valentin ou la fête des amoureux. Si vous ne le saviez pas c’est que vous n’avez pas d’e-mail ou alors un anti-spam diablement efficace !

 

En effet, je ne me souviens pas que les 14 février passés étaient sujets à autant de publicités.

 

Si l’on suivait les prescriptions publicitaires, pour être amoureusement correct, il faudrait :

 

* acheter un billet d’avion pour deux à destination romantique ou Rome Antique. L’amour ne se conçoit pas à domicile.

 

* louer une berline allemande réputée luxueuse pour promener votre amour dans un carrosse aux suspensions certes fermes, mais au rugissement prometteur.

 

* faire livrer des fleurs à l’adresse de la belle, ce qui est particulièrement stupide car vous serez avec elle à Rome

 

* Amour toute la nuit Valentine, ce qui avant traduction par un robot peut concerné par son job était « love your Valentine all night » ou « aime-la jusqu’au bout de la nuit » avec la pilule Youpida , livrée en boite de 250 (pour les longues nuits d’hiver)

 

* offrir une nuit dans un hôtel plutôt vide les week-end, dans la zone industrielle de Fauchy-Landeureck, accès facile par l’autoroute A224 qui passe sous vos fenêtres. Mais bon, avec les pilules précédentes vous ne dormirez pas de toute façon.

 

* envoyer une cybercarte parlante programmée pour apparaitre le bon jour à la bonne heure dans sa boite mail. Si le message est coquin, vérifiez bien que l’adresse d’expédition est le mail privé et non celui du bureau.

 

* commander un avertisseur de radar, qui contrairement aux pilules Youpida permet de venir vite et sans se faire remarquer !

 

* changer son mobile qu’elle a depuis 3 mois, ringard depuis 2.

 

* offrir un baladeur mp3 livré avec l’intégrale des chansons d’amour du monde (34 heures de chansons romantiques en 67 langues et 89 dialectes).

 

Et quelques dizaines d’autres idées brillantes, auxquelles il est vrai nous n’aurions jamais pensé.

 

Merci la Pub.


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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 21:17

Rien n’est plus infâmant pour un japonais que de s’excuser et reconnaitre une faute commise. Il importe d’autant plus de sauver la face que la position du fautif potentiel est élevée et prestigieuse.

 

S’excuser en public, en s’inclinant humblement, ne permet guère de sauver la face. Ce n'est pas ce que l'on envisage et il n'est donc pas étonnant que les capitaines d’industrie nippons ne soient pas très « performants » en la matière.

 

D’après lefigaro.fr, « Après des semaines de mutisme, le directeur général du groupe (TOYOTA) Akio Toyoda a organisé vendredi en catastrophe une «conférence d’excuses», si maladroite et froide qu’elle a eu l’effet exactement inverse de celui recherché. »

 

Si pour les occidentaux ce genre d’humiliation est plus étonnant que grave, il est pris extrêmement au sérieux au Japon.

 

Pire, le fleuron de l’industrie fait porter la honte à tout le pays : « Au Japon, les ennuis de Toyota prennent la tournure d’une affaire d’État, en raison du poids du constructeur dans le pays. Toyota est le dernier symbole de la grandeur industrielle du Japon. (…) C’est un problème pour l’ensemble de l’industrie automobile japonaise, et pour la confiance envers les produits japonais», Katsuya Okada, ministre des Affaires étrangères. (lefigaro.fr)

 

Du temps où les dignitaires portaient encore le sabre, une telle affaire commandait d’écrire un ultime poème avant de s’ouvrir le ventre. On lui en demandera pas tant à M. Toyoda, même si son humeur l’y fait peut-être penser.

 

En France, il faudrait changer de métier, de région, éventuellement d’identité.

Aux USA, il faudrait changer d’entreprise, rejoindre la concurrence.

Au Japon, il faudra probablement quitter son siège et rentrer dans l’ombre honteuse…

 


Mentsu o tamotsu, une des expressions que j’ai retenue de « ma période japonaise ». C’est un de mes mentors de l’archipel qui m’avait expliqué la chose en privé, soucieux de m’éviter la rancune d’un collègue, ou pire d’un supérieur nippon, blessé sans le vouloir par le franc-parler occidental.

 

Le souci du mentsu o tamotsu, je l’ai compris plus tard, m’avait valu une sèche remise en place du patron japonais, alors que je pointais un problème qualité provoqué sans le vouloir par un de nos visiteurs du siège nippon.

 

La même recherche du mentsu o tamotsu a fait littéralement « bugger » un de nos PDG lors d’une réunion. Ne trouvant pas de réponse lui permettant de sauver la face, il est resté « coincé » et muet tel un Windows planté durant une dizaine de minutes. Je ne me souviens plus comment nous l’avons décoincé, mais les sourires gaulois devant ce désarroi nippon n’ont pas du aider beaucoup.

 


 

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 00:00

Si bon gré mal gré les industriels occidentaux s’étaient mis à intégrer quelques mots de japonais dans leur vocabulaire en suivant le modèle Toyota, le chef de file de l’excellence industrielle pourrait bien malgré lui diffuser un mot allemand : Schadenfreude.

 

Schadenfreude est un mot allemand signifiant littéralement « joie provoquée par les dommages (que subit autrui) ». Il est construit en agrégeant Schaden (les dommages) et Freude (la joie, la réjouissance).

Je ne connais pas d’équivalent aussi concis en langue française.


Les déboires qualité de Toyota avec la pédale d’accélérateur et d’autres soucis ne peuvent que réjouir les concurrents qui peinaient jusque là à se hisser au niveau de ce constructeur emblématique.

 

Non seulement les véhicules de la marque étaient réputés fiables et d’un bon rapport qualité prix, mais le modèle industriel qui les produit est devenu LE modèle de référence. Autant de raisons pour les concurrents de s’agacer.

 

Ainsi faut-il que le champion trébuche pour que les prétendants puissent lui donner quelques coups de coude en cherchant à le doubler.

Implacable compétition, stratégie commerciale ou charognardise, les constructeurs américains offrent des primes pour tout client délaissant sa Toyota au profit d’un de leur modèle.

 

Ils sont bien aidés par tous les commentaires sur les craintes ou les déceptions que ces problèmes soulèvent auprès des internautes, de la presse, etc.

Evidemment, tous les rappels et problèmes passés des mêmes concurrents ne sont pas mentionnés.

 

Voilà d’ailleurs que Ford doit également rappeler des véhicules pour problèmes de freinage ! (Source : la tribune)

Et hop, un arroseur arrosé.

 

Ce qui est fascinant, c’est la vigueur de la critique envers la référence et cette propension à brûler aujourd’hui les icônes adorées la veille.

Rien ne semble plus jouissif que la chute du vainqueur.


Schadenfreude…

 


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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 23:59

Chaque année au tout début de janvier c’est la même histoire, il faut se creuser les méninges pour trouver des tournures originales dans la formulation des vœux.

Entre les rimes sur les chiffres de l’an neuf ou la savante adaptation des formules anciennes, à chacun son astuce.

 

Un éditorialiste d’une newsletter introduit la chose avec la formule « Une nouvelle année qui commence, c'est un peu comme une page blanche sur laquelle rien n'est encore écrit. »

 

Certes me dis-je, nous aimerions tous disposer d’un bouton magique qui efface les mauvais souvenirs de l’année écoulée, n’en retient que les bons et permet de redémarrer avec optimisme, enthousiasme et un rien de candeur quant à la formulation de nos souhaits.

 

Pour la nouvelle année qui démarre, la page est peut-être blanche, mais c’est celle d’un vieux cahier.

 



Blanche est la neige qui immobilise une partie de l’Europe. Il n’y a donc pas qu’en France que ce phénomène prévisible surprend en plein réchauffement climatique. Blanche est la neige qui fait râler la population urbaine des plaines avant que la même population n’aille râler aux sports d’hiver.

 

Blanche la carlingue de l’avion qui devait m’emmener d’Orly à Bordeaux ce 6 janvier, lorsqu’à quelques minutes de l’atterrissage prévu, le commandant nous annonce la fermeture de l’aéroport de Mérignac dont les pistes sont subitement blanches de neige. Nous retournons de but en blanc sur Roissy.

 

Roissy où il faut que les passagers expliquent aux personnels au sol la mésaventure pour obtenir une réponse, une solution.

Certains sont blancs de rage.

Les passagers, pas les personnels.

Ces derniers sont bleus.

Leurs uniformes, pas parce qu’on les étrangle.

Même si pour certains l’envie est forte.

Par exemple pour ce passager revenant des iles tropicales en tongs et short et qui ne comprend pas que la blanche neige (la matière, pas le conte de fée) l’empêche de rentrer chez lui.

 

Je reste serein, même si le rendez-vous de ce jour fait chou blanc.

 

A l’agent commercial à qui je demande le remboursement de mon billet, il faut réexpliquer le périple qu’il résume non sans humour : « donc vous avez fait un Orly-Roissy ? ».

 

Oui, en 1h20.

Soit environ le même temps qu’il nous faudra pour attendre puis prendre le bus Airfrance qui nous ramène de Roissy à Orly où attendent les voitures des naufragés de mon genre.

Dans ce délai, l’attente du bus blanc en prend une bonne moitié.

Deux bus arrivent à 15mn d’intervalle, déchargent des passagers mais refusent d’en prendre.

Epargnez-vous la peine de chercher la raison, on ne vous la donne pas.

Quelques passagers sont blancs de froid.

 

Il n’y a que les boutiques qui sont noires de monde pour les soldes, une période que j’ai toujours entendue être celle du blanc. La bien nommée.

 

 

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3 janvier 2010 7 03 /01 /janvier /2010 12:00

Entre l’année qui termine et celle qui commence, petit nettoyage dans les boites aux lettres électroniques.

 

Le nombre de messages concernant le Viagra est proprement stupéfiant. Si ce médicament n’avait qu’un seul effet stimulant, il semble que ce soit de stimuler l’activité commerciale de ses promoteurs et revendeurs.

 

Apparemment l’essayer c’est le faire partager, car il y a autant de témoignages d’utilisateurs ravis qui en vantent les bénéfices.

 

Se pose néanmoins la question : leur diarrhée e-mailique est-elle un effet secondaire de la prise de Viagra ? N’a-t’on rien de mieux à faire que de tapoter sur un clavier ? Ou faut-il ce genre de pause avant de reprendre la, euh, le… labeur ?

 

L’année 2009 a été une année de chance incroyable, le total de mes gains dans des loteries diverses, auxquelles d’ailleurs je n’ai jamais participé, est proprement indécent. Gagnant à l’insu de mon plein gré !

 

Dire que mes modestes essais pour attirer les faveurs de Dame Chance dans les petites tombolas n’ont jamais été couronnés de succès. Pas le moindre cochon à engraisser ou canard à gaver, ni même une manique multicolore crochetée par une vénérable dame de l’ouvroir de la paroisse. Pas de filet garni, ni même de bouteille de piquette. Rien.

 

Alors quelle revanche de gagner coup sur coup des centaines de milliers d’euros, de dollars et de roubles ! Certes les délais de paiement sont un peu longs, mais lorsque les virements seront faits, j’irai moi aussi au bureau en maillot de bain et bouée canard chanter « au revoir président ».

 

Non seulement les loteries les plus confidentielles m’octroient des gains inespérés, mais tout le gotha africain s’adresse à moi personnellement pour partager un peu de son malheur et beaucoup de sa fortune.

 

En effet, si l’on en croit les mails, on meurt beaucoup en Afrique lorsqu’on est riche, gentil et politiquement en vue. Les assassins sont toujours méchants, mécréants et strictement mono tâche, car ils assassinent mais ne spolient pas les biens de leurs victimes.

 

Des tribus entières d’héritiers cherchent alors à récupérer les honnêtes fortunes sagement placées à l’étranger. Pour cela, il faut un gentil possesseur de compte bancaire, dont l’héritier dédommagera la compassion par une substantielle commission. Faut-il avoir un cœur de pierre pour résister à une supplique qui commence comme un cantique et finit comme un contrat.

 

C’est probablement le nombre de ces demandes d’aide qui me vaut également le courrier abondant du fisc américain me demandant des précisions sur mes données personnelles, ainsi que de nombre de banques qui s’inquiètent de l’intégrité de mes comptes (dont j’ignore tout) ou encore des cartes de paiement ou de Facebook (cherchez l’erreur).

 

Finalement, un homme aussi chanceux et fortuné ne pouvait laisser les casinos et salles de jeux en ligne indifférents. Nombre de messages me rappellent que je dispose d’une place réservée assorties d’un crédit de bienvenue, si seulement je daignais me connecter.

 

Moi qui pensais 2009 mauvaise année…

 

Puisse 2010 être encore meilleure et vous profiter !

 


 

 

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27 décembre 2009 7 27 /12 /décembre /2009 10:58

Au seuil d’une nouvelle année il est de coutume de se retourner une dernière fois pour vérifier ce que des douze derniers mois on souhaite laisser derrière soi, si possible ne garder que les bons souvenirs et effacer les mauvais.

On peut également tourner les mauvais souvenirs en dérisions, ce qui fait les bêtisiers.

 

Souvenez-vous,

 

La grippe A H1N1 commença par être porcine. Peu glamour, risquant de détourner encore plus de consommateurs de la bonne viande vendue si peu chère par les éleveurs et si chère par les détaillants, elle a pris (la grippe) le code savant de A H1N1. Comme cela, ça fait immatriculation de robot de la guerre des étoiles, high tech et propre sur soi. Pour un peu ça donnerait envie de l’attraper !

« T’as déjà la nouvelle H1N1 ?

- ouais, trop cool avec mon masque FFP2 »

 

Le peuple français faillit faire la révolution pour le droit de ne pas se faire vacciner puis des émeutes pour le droit à se faire vacciner rapidement et à l’heure de son choix.

Les médecins du peuple français faillirent faire la révolution contre l’obligation de vacciner le peuple dans des gymnases puis des émeutes pour le droit de le vacciner dans leurs cabinets.

 

Les super antiviraux sauveurs de l’humanité, commandés en masse et gardés par l’armée dans des abris antiatomiques ultra secrets ne seraient finalement guère plus efficaces qu’une vulgaire tisane de Mémé Octavie.

 

Cela ne peut être que de la désinformation, des rumeurs répandues par des copieurs de médicaments orientaux.

 

N’empêche, j’imagine nos Rambos nationaux surentrainés affectés à la garde de palettes de tisane.

« Euh j’fais quoi mon colonel ?

- tu sauves l’humanité !

- A vos ordres, colonel, j’ai dégommé le terroriste déguisé en vieille dame qui voulait nous attaquer avec une tasse d’eau chaude. »

 

Hautes Technologies Françaises

 

Le TGV qui passe sous la mer ne supporte pas la neige, ni l’eau. Je ne serai pas surpris d’apprendre que le char Leclerc peut être aveuglé par une fiente de pigeon. Ne riez pas, nous avons bien un porte-avions atomique dont le pont d’envol était trop court et qui devait emprunter ses hélices à des vieux rafiots…

 

Grèves ? L’activité se porte bien merci.

Grèves dans les centrales nucléaires qui ont retardé la maintenance de certains réacteurs, grèves sur le réseau RER, grève dans les musées, presque grève dans les transports routiers.

Cette dernière était peu crédible, car chacun sait qu’il suffit d’attendre les premiers flocons de neige pour voir les camions immobilisés sur les autoroutes. Ce qui ne manqua pas d’arriver.

 

Le jour où l’on arrivera à exporter nos grèves en Chine, la balance commerciale de notre pays basculera instantanément dans les excédents.

 

Plaquages au Vatican

 

Prenez une procession bien ordonnée de dignitaires octogénaires en robes longues et mitres pointues, ajoutez quelques gardes suisses en justaucorps bicolores et des hallebardes longues d’au moins 3 m, puis lâchez une groupie.

L’expérience tend à montrer une corrélation entre un régime alimentaire riche en hosties et vin de messe et l’ostéoporose des cardinaux.

 

Vols nudistes

 

Les usagers des transports aériens s’acheminent doucement mais sûrement vers la nudité obligatoire dans les avions, l’innovation terroriste ayant inventé le slip explosif. Pour ce coup c’était de la vantardise, car si le méchant à bien mis le feu, l’explosion était heureusement un flop.

S’il voulait s’en griller une, il a réussi.

 

Tournons donc la page et voyons ce que l’année nouvelle nous apporte.

Puisse-t-elle vous être favorable.

 

 

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6 décembre 2009 7 06 /12 /décembre /2009 15:07

A un directeur industriel qui présenta son plan d’amélioration des performances, conçu avec ses managers, le PDG lui dit : « je vous ai demandé un plan d’action, pas une liste pour le père Noel ! »

 

En effet, le « plan d’action » était une liste de machines à acquérir, de celles à rénover, des travaux de réfection des locaux et des outillages à acheter, l’ensemble pour un montant astronomique et un retour sur investissement non seulement hypothétique, mais qui dépassait l’espérance de survie de l’entreprise.

 

La liste pour le père Noel est devenue une expression courante pour désigner des espoirs insensés face à des moyens improbables.

 

Mais elle nous rappelle aussi ces moments délicieux, quand gamins nous devions établir la liste des cadeaux souhaités. Pendant que nous rêvassions avec application à ce futur proche merveilleux, les parents récupéraient un long moment de tranquillité et quelques idées de cadeaux.

 

Par ailleurs, il valait mieux être condamné à établir une telle liste que de sortir la poubelle ou essuyer la vaisselle. Ainsi plus d’une liste dut-elle sa longueur à l’intérêt bien compris de prolonger l’exercice au détriment de corvées ménagères et de la loi des grands nombres, qui en l’espèce devait assurer un nombre minimum de cadeaux, proportionnellement au nombre souhaité.

 

La nouvelle génération de gamins est invitée au même exercice, avec l’éventuelle assistance des technologies nouvelles et la prise en compte de la précocité croissante desdits enfants.

 

Ainsi, les enfants d’informaticiens sont priés d’établir leurs listes en programmant un jeu vidéo en ligne.

 

Les enfants des parents employés dans la téléphonie expriment leurs vœux uniquement sous forme d’SMS, avec les inévitables confusions que cette orthographe peut générer.

 

Les enfants de comptables font désormais leur liste sur Excel, avec graphiques et liaisons dynamiques vers la base de données pour simulation de l’évolution du budget.

 

Les enfants de consultants doivent additionner le coût des cadeaux et calculer un retour sur investissement, sur la base de la valeur d’une heure de tranquillité pour les parents et du planning prévisionnel des heures de jeu sur l’année à venir.

 

Les enfants de traders doivent en plus d’établir leur liste, calculer le bonus en points fidélité engrangé par leur père.

 

Les enfants de prof de français-philo sont invités à rédiger une dissertation sur le sujet « Cadeaux, utilité ou futilité ? », qui semble indiquer les préférences du jury.

 

Nous plaindrons les enfants des marbriers, invités à buriner leurs souhaits dans la pierre dure et dénoncerons les parents malhonnêtes qui encouragent leurs enfants à faire tomber leurs cadeaux des camions de livraison.

 

Pour ceux (surtout les adultes) qui seraient finalement déçus par le père Noel à la fiabilité fantaisiste, il reste les vœux pour la nouvelle année pour invoquer du ciel une seconde chance.

 

C’est ainsi que l’on peut patienter sans perdre tout à fait espoir.


 

 

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Published by Christian HOHMANN - dans Billet d'humeur
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